Notre prière est publique et communautaire.

star Notre prière est publique et communautaire.

Avant tout, le Christ, Docteur de la paix et Maître de l’unité, n’a pas voulu que la prière soit individuelle et privée, comme si l’on ne priait que pour soi. Nous ne disons pas : « Mon Père, qui es aux cieux », ni : « Donne-moi aujourd’hui mon pain de ce jour». Chacun ne demande pas pour lui seul, que sa dette lui soit remise, qu’il ne soit pas soumis à la tentation et qu’il soit délivré du Mal. Notre prière est publique et communautaire, et quand nous prions, ce n’est pas pour un seul, mais pour tout le peuple, car nous, le peuple entier, nous ne faisons qu’un.

Le Dieu de la paix et le Maître de la concorde, qui nous a enseigné l’unité, a voulu qu’un seul prie pour tous comme lui-même a porté tous les hommes en lui seul. Les trois jeunes Hébreux, jetés à la fournaise, ont observé cette loi de la prière. Lorsqu’ils priaient, leurs voix n’en faisaient qu’une, leurs esprits étaient accordés, ils n’avaient qu’un seul cœur. Nous pouvons croire ce que déclare l’Écriture en nous enseignant, comment ils priaient, elle donne un exemple que nous pouvons imiter dans nos prières, pour que nous puissions être exaucés comme eux : Alors, dit-elle, tous trois, d’une seule voix, chantaient un hymne et bénissaient Dieu. Ils priaient d’une seule voix, et pourtant le Christ ne leur avait pas encore enseigné à prier. Leur prière méritait d’être exaucée, elle fut efficace parce que la faveur du Seigneur était acquise à une prière pacifique, humble et spirituelle.

Nous voyons les Apôtres prier ainsi avec les disciples, après l’ascension du Seigneur : D’un seul cœur, ils participaient fidèlement à la prière, avec quelques femmes et Marie, la mère de Jésus, et avec ses frères. D’un seul cœur, ils participaient fidèlement à la prière : l’assiduité en même temps que la concorde de leur prière montrait que Dieu, qui fait habiter dans sa maison ceux qui ont un seul cœur, n’admet dans sa demeure éternelle que ceux qui prient d’un seul cœur.

Comme les mystères de la prière du Seigneur, frères bien-aimés, sont nombreux et profonds ! Ils sont contenus dans de brèves paroles, mais avec quelle richesse de vertu spirituelle. Absolument rien n’est omis, parmi tout ce que nous pouvons demander dans la prière ; dans ce condensé de l’enseignement divin : Priez ainsi, dit le Seigneur : Notre Père qui es aux cieux.

L’homme nouveau, régénéré et rendu à son Dieu par la grâce divine, commence par dire Père, parce que désormais il est devenu fils. Le Verbe, dit saint Jean, est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçu. Mais à tous ceux qui l’ont reçu, et qui croient en son nom, il leur a donné le pouvoir de devenir fils de Dieu. Celui qui a cru en son nom et qui est devenu fils de Dieu doit donc commencer à rendre grâce et à professer qu’il est fils de Dieu, en appelant son Père le Dieu qui est aux cieux.

  • COMMENTAIRE DE SAINT CYPRIEN SUR LA PRIÈRE DU SEIGNEUR 

Puissance poétique et prophétique des psaumes.

psaume Puissance poétique et prophétique des psaumes.

Bien que toute la sainte Écriture exhale la grâce, c’est surtout vrai du savoureux livre des psaumes. En effet, Moïse lui-même, qui nous a raconté en prose l’histoire des anciens, lorsqu’il a fait passer la mer Rouge à leur peuple par une merveille mémorable, voyant le roi Pharaon s’engloutir avec ses troupes, dépassa encore son génie (parce qu’il avait réalisé ce qui dépassait les forces humaines) et chanta au Seigneur un cantique triomphal. Sa sœur Marie, prenant à son tour le tambourin, excitait ses compagnes en disant : Chantons le Seigneur, il s’est couvert de gloire ; le cheval et le guerrier, il les a jetés à la mer.

L’histoire éduque, la loi enseigne, la prophétie annonce, la réprimande châtie, la morale persuade : dans le livre des psaumes, on trouve l’avancement de tous et comme un remède pour la santé du genre humain. Il suffit de les lire pour avoir de quoi guérir les blessures de sa souffrance par un remède approprié. Il suffit de vouloir les considérer pour découvrir, comme dans un gymnase ouvert à toutes les âmes et comme dans un stade consacré à l’exercice des vertus, les différents genres de combats qui nous attendent ; et l’on peut y choisir celui auquel on se juge le plus apte et par lequel on remportera plus facilement la couronne.

Si quelqu’un cherche à récapituler l’histoire des anciens et veut en suivre les exemples, il possède, résumé dans un seul psaume, tout l’enchaînement de cette histoire, afin de garder ce trésor dans sa mémoire grâce au résumé fourni par cette lecture. Si quelqu’un veut découvrir la force de la loi, qui réside tout entière dans ce lien qu’est la charité (car celui qui aime son prochain a parfaitement accompli la loi), qu’il lise dans les psaumes avec quel amour du prochain, pour repousser l’injure faite à tout le peuple, un seul homme s’expose à de grands dangers ; il y découvrira que la gloire de l’amour n’est pas inférieure au triomphe de la bravoure.

Quant à la vigueur de la prophétie, que puis-je en dire ? Ce que d’autres ont annoncé de façon énigmatique, ne semble avoir été promis de façon publique et évidente qu’au seul David, à savoir que le Seigneur Jésus naîtrait de sa descendance, car le Seigneur lui a dit : C’est le fruit de tes entrailles que je mettrai sur ton trône. Aussi dans les psaumes ne voyons-nous pas seulement Jésus qui naît pour nous ; en outre, il y endure dans son corps cette passion qui nous sauve, il s’y endort dans la mort, il ressuscite, il monte au ciel, il s’assied à la droite du Père. Ce que personne parmi les hommes n’avait eu l’audace de dire, ce prophète est le seul à l’avoir annoncé ici ; et plus tard, c’est le Seigneur lui-même qui l’a proclamé dans l’Évangile.

  • COMMENTAIRE DE SAINT AMBROISE SUR LE PSAUME

TOUTES LES MERVEILLES DE L’EXODE SE RENOUVELLENT

BIB_MosesSpeech9 TOUTES LES MERVEILLES DE L’EXODE SE RENOUVELLENT

3.01 Josué se leva de bon matin et partit de Shittim avec tous les fils d’Israël. Ils allèrent jusqu’au bord du Jourdain. Ils y passèrent la nuit avant de traverser.
3.02 Au bout de trois jours, les scribes du peuple parcoururent le camp
3.03 pour lui donner cet ordre : « Quand vous verrez l’arche de l’Alliance du Seigneur votre Dieu et les prêtres lévites qui la portent, vous quitterez le lieu où vous êtes et vous la suivrez.
3.04 Mais gardez avec elle une distance d’environ deux mille coudées, ne l’approchez pas. Vous la suivrez pour connaître le chemin à prendre, car vous n’êtes jamais passés par ce chemin ni hier, ni avant-hier. »
3.05 Puis Josué dit au peuple : « Sanctifiez-vous, car demain le Seigneur fera des merveilles au milieu de vous. »
3.06 Et il dit aux prêtres : « Prenez l’arche d’Alliance et passez en tête du peuple. » Ils portèrent l’arche d’Alliance et avancèrent à la tête du peuple.
3.07 Le Seigneur dit à Josué : « Aujourd’hui, je vais commencer à te grandir devant tout Israël, pour qu’il sache que je suis avec toi comme j’ai été avec Moïse.
3.08 Toi, tu donneras cet ordre aux prêtres qui portent l’arche d’Alliance : “Lorsque vous serez arrivés au bord du Jourdain, vous vous arrêterez dans le lit du fleuve.” »
3.09 Josué dit ensuite aux fils d’Israël : « Approchez, écoutez les paroles du Seigneur votre Dieu.
3.10 À ceci, vous reconnaîtrez que le Dieu vivant est au milieu de vous, et qu’il vous mettra en possession du pays des Cananéens, des Hittites, des Hivvites, des Perizzites, des Guirgashites, des Amorites et des Jébuséens :
3.11 voici que l’arche de l’Alliance du Seigneur de toute la terre va passer le Jourdain devant vous.
3.12 Et maintenant, prenez douze hommes parmi les tribus d’Israël, un homme par tribu.
3.13 Aussitôt que les prêtres qui portent l’arche du Seigneur de toute la terre auront posé la plante de leurs pieds dans les eaux du Jourdain, les eaux qui sont en amont seront coupées, et elles s’arrêteront en formant une seule masse. »
3.14 Quand le peuple leva le camp pour passer le Jourdain, les prêtres portaient l’arche d’Alliance en tête du peuple.
3.15 Or, le Jourdain coule à pleins bords pendant toute la saison des moissons. Dès que les prêtres qui portaient l’arche furent arrivés au Jourdain, et que leurs pieds touchèrent l’eau,
3.16 les eaux s’arrêtèrent en amont et se dressèrent comme une seule masse sur une grande distance, à partir d’Adame, ville voisine de Sartane ; et en aval, les eaux achevèrent de s’écouler vers la mer de la Araba, la mer Morte. Le peuple traversa à la hauteur de Jéricho.
3.17 Les prêtres qui portaient l’arche de l’Alliance du Seigneur restèrent immobiles, sur la terre sèche, au milieu du Jourdain. Alors tout Israël traversa à pied sec, jusqu’à ce que toute la nation eût fini de passer le Jourdain.
4.14 En ce jour-là, le Seigneur grandit Josué aux yeux de tout Israël, et on le craignit comme on avait craint Moïse, tous les jours de sa vie.
4.15 Le Seigneur dit à Josué :
4.16 « Ordonne aux prêtres qui portent l’arche du Témoignage de remonter du Jourdain. »
4.17 Et Josué ordonna aux prêtres : « Remontez du Jourdain. »
4.18 Or, dès que les prêtres qui portaient l’arche de l’Alliance du Seigneur remontèrent du milieu du Jourdain – dès qu’ils en détachèrent la plante de leurs pieds pour gagner la terre sèche –, les eaux du Jourdain reprirent leur place et coulèrent, comme auparavant, tout au long de ses rives.
4.19 Le peuple remonta du Jourdain le dix du premier mois. Ils campèrent à Guilgal, à l’extrémité orientale de Jéricho.
5.10 Les fils d’Israël campèrent à Guilgal et célébrèrent la Pâque le quatorzième jour du mois, vers le soir, dans la plaine de Jéricho.
5.11 Le lendemain de la Pâque, en ce jour même, ils mangèrent les produits de cette terre : des pains sans levain et des épis grillés.
5.12 À partir de ce jour, la manne cessa de tomber, puisqu’ils mangeaient des produits de la terre. Il n’y avait plus de manne pour les fils d’Israël, qui mangèrent cette année-là ce qu’ils récoltèrent sur la terre de Canaan.

  • JOS 3, 1-17 ; 4, 14-19 ; 5, 10-12

Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi.

christ Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi.

Vous n’avez jamais jalousé personne et vous avez enseigné les autres. Moi, je veux que les prescriptions de votre enseignement gardent leur vigueur. Demandez seulement pour moi la force intérieure et extérieure, afin que je n’aie pas seulement la parole, mais la volonté ; afin que je n’aie pas seulement la réputation d’être chrétien, mais la réalité. Si j’en ai la réalité, alors je pourrai en avoir la réputation et être un vrai croyant, quand je ne serai plus visible pour le monde. Rien de ce qui se fait voir n’est bon. Ainsi notre Dieu Jésus Christ se manifeste davantage maintenant qu’il est retourné au Père. Et quand le christianisme est haï par le monde, on voit bien qu’il n’est pas une œuvre de persuation humaine, mais de puissance divine.

Quand à moi, j’écris à toutes les Églises et je dis à tout le monde que je mourrai volontiers pour Dieu, si du moins vous-mêmes ne m’en empêchez pas. Je vous en supplie, n’ayez pas envers moi une bienveillance malencontreuse. Laissez-moi devenir la pâture des bêtes, grâce auxquelles on peut rejoindre Dieu. Je suis le froment de Dieu et je serai moulu par la dent des bêtes pour qu’on reconnaisse en moi le pain très pur du Christ.

Flattez plutôt les bêtes pour qu’elles deviennent mon tombeau, qu’elles ne laissent rien de mon corps et qu’après ma mort je ne sois une charge pour personne. C’est alors que je serai vraiment disciple de Jésus Christ, lorsque le monde ne verra même plus mon corps.

Implorez le Christ pour moi, afin que par l’action des bêtes je sois une victime offerte à Dieu. Je ne vous donne pas des ordres, comme Pierre et Paul. Ils étaient des Apôtres, et je suis un condamné ; ils étaient libres, et je suis un esclave jusqu’à présent. Mais si je souffre, je deviendrai un affranchi de Jésus Christ et je ressusciterai libre en lui. Enchaîné pour le moment, j’apprends à ne rien désirer.

Depuis la Syrie jusqu’à Rome, je combats contre les bêtes, sur terre et sur mer, nuit et jour, enchaîné à dix léopards, c’est-à-dire à un détachement de soldats. Quand on leur fait du bien, ils deviennent pires. Par leurs mauvais traitements je deviens davantage un disciple, mais ce n’est pas pour cela que je suis juste. Je voudrais profiter des bêtes qui sont préparées pour moi et je souhaite qu’elles m’expédient rapidement. Et je les flatterai pour qu’elles me dévorent sans tarder, contrairement à certains qu’elles n’ont pas osé toucher. Et si elles montrent de la mauvaise volonté, moi je les forcerai. Pardonnez-moi : je sais ce qu’il me faut. C’est maintenant que je commence à être un disciple. Que rien, parmi les êtres visibles ou invisibles, ne m’empêche par jalousie de rejoindre le Christ. Supplice du feu, croix, combats de bêtes, lacérations, écartèlement, dislocation des os, mutilation des membres, broiement de tout le corps, que tous les supplices du diable viennent sur moi, pourvu seulement que j’atteigne Jésus Christ.

  • LETTRE DE SAINT IGNACE D’ANTIOCHE AUX ROMAINS 

JOB SE SOUMET À DIEU

nuit-ciel-bleu JOB SE SOUMET À DIEU

40.01 Le Seigneur s’adressa à Job et dit :
40.02 « Celui qui dispute avec le Puissant va-t-il le censurer ? Celui qui critique Dieu répondra-t-il à cela ? »
40.03 Job s’adressa au Seigneur et dit :
40.04 « Moi qui suis si peu de chose, que pourrais-je te répliquer ? Je mets la main sur ma bouche.
40.05 J’ai parlé une fois, je ne répondrai plus ; deux fois, je n’ajouterai plus rien. »
40.06 Le Seigneur s’adressa à Job du milieu de la tempête et dit :
40.07 « Ceins donc tes reins comme un homme. Je vais t’interroger, et tu m’instruiras.
40.08 Veux-tu me débouter de mon droit, me condamner pour avoir raison ?
40.09 As-tu un bras comme celui de Dieu, et ta voix peut-elle tonner comme la sienne ?
40.10 Pare-toi donc de fierté, de grandeur, revêts-toi de splendeur et de majesté,
40.11 répands les débordements de ta colère ; regarde tous les arrogants, abaisse-les ;
40.12 oui, regarde tous les arrogants, terrasse-les, écrase sur place les méchants !
40.13 Cache-les ensemble dans la poussière, emprisonne-les tous dans le cachot,
40.14 et moi-même, je te louerai, car alors ta droite t’aura sauvé !
42.01 Job s’adressa au Seigneur et dit :
42.02 « Je sais que tu peux tout et que nul projet pour toi n’est impossible.
42.03 “Quel est celui qui déforme tes plans sans rien y connaître ?” De fait, j’ai parlé, sans les comprendre, de merveilles hors de ma portée, dont je ne savais rien.
42.04 Daigne écouter, et moi, je parlerai ; je vais t’interroger, et tu m’instruiras.
42.05 C’est par ouï-dire que je te connaissais, mais maintenant mes yeux t’ont vu.
42.06 C’est pourquoi je me rétracte et me repens sur la poussière et sur la cendre. »

  • JB 40, 1-14 ; 42, 1-6

ENFIN DIEU RÉPOND ; IL MET JOB AU DÉFI

rosee-du-matin ENFIN DIEU RÉPOND ; IL MET JOB AU DÉFI

01 Le Seigneur s’adressa à Job du milieu de la tempête et dit :
02 « Quel est celui-là qui obscurcit mes plans par des propos dénués de sens ?
03 Ceins donc tes reins comme un homme. Je vais t’interroger, et tu m’instruiras.
04 Où étais-tu quand j’ai fondé la terre ? Indique-le, si tu possèdes la science !
05 Qui en a fixé les mesures ? Le sais-tu ? Qui sur elle a tendu le cordeau ?
06 Sur quoi ses bases furent-elles appuyées, et qui posa sa pierre angulaire
07 tandis que chantaient ensemble les étoiles du matin et que tous les fils de Dieu criaient d’allégresse ?
08 Qui donc a retenu la mer avec des portes, quand elle jaillit du sein primordial ;
09 quand je lui mis pour vêtement la nuée, en guise de langes le nuage sombre ;
10 quand je lui imposai ma limite, et que je disposai verrou et portes ?
11 Et je dis : “Tu viendras jusqu’ici ! tu n’iras pas plus loin, ici s’arrêtera l’orgueil de tes flots !”
12 As-tu, une seule fois dans ta vie, donné des ordres au matin, assigné son poste à l’aurore,
13 pour qu’elle saisisse la terre aux quatre coins et en secoue les méchants ?
14 La terre alors prend forme comme argile sous le sceau et se déploie tel un vêtement ;
15 aux méchants est enlevée la lumière, et le bras qui se levait est brisé.
16 Es-tu parvenu jusqu’aux sources de la mer, as-tu circulé au fond de l’abîme ?
17 Les portes de la mort se sont-elles montrées à toi, les as-tu vues, les portes de l’ombre de mort ?
18 As-tu réfléchi à l’immensité de la terre ? Raconte, si tu sais tout cela !
19 Quel chemin mène à la demeure de la lumière, et l’obscurité, quel est son lieu,
20 pour que tu conduises chacune à son domaine et discernes les sentiers de sa maison ?
21 Si tu le sais, alors tu étais né, et le nombre de tes jours est bien grand !
22 Es-tu parvenu aux réserves de neige, as-tu vu les réserves de grêle
23 que j’ai ménagées pour le temps de détresse, pour le jour de combat et de guerre ?
24 Par quel chemin se diffuse la lumière ? par où le vent d’est se répand-il sur terre ?
25 Qui donc a creusé à l’ondée une rigole, une route à la nuée qui gronde,
26 pour faire pleuvoir sur une terre sans homme, sur un désert sans nul être humain,
27 pour abreuver les solitudes désolées et faire germer l’herbe de la steppe ?
28 La pluie a-t-elle un père ? Qui donc a engendré les gouttelettes de rosée ?
29 De quel ventre est sortie la glace, et le givre des cieux, qui l’enfanta ?
30 Les eaux se condensent comme la pierre et la surface de l’abîme se fige.

  • JB 38, 1-30

Nous nous sommes faits tout petits au milieu de vous.

st-gregoire-le-grand Nous nous sommes faits tout petits au milieu de vous.

Entends mes paroles, Job, écoute tous mes discours.

Ainsi parle un de ses amis. L’enseignement des hommes arrogants a ceci de caractéristique, qu’ils ne savent pas présenter avec humilité, ce qu’ils enseignent, et qu’ils sont incapables de transmettre de façon véridique les vérités, qu’ils possèdent. Ils montrent par leurs paroles, lorsqu’ils enseignent, qu’ils se considèrent comme installés sur un sommet, qu’ils regardent leurs auditeurs comme situés très en dessous d’eux. S’ils daignent leur adresser la parole, ce n’est pas pour les aider, mais seulement pour les dominer.

C’est donc à juste titre que le Seigneur leur dit, par la bouche du prophète : Vous les gouverniez avec violence et dureté. En effet, ils gouvernent avec violence et dureté, ceux qui s’empressent non pas de redresser leurs inférieurs par de paisibles raisonnements, mais de les courber en les dominant avec âpreté.

Au contraire, le véritable enseignement fuit d’autant plus vivement ce vice de l’orgueil, même en pensée, qu’il attaque plus ardemment par les flèches de ses paroles celui qui est en personne le maître de l’orgueil. Il veille à ne pas mettre en valeur par ses manières hautaines celui qu’il combat avec de saintes paroles dans le coeur de ses auditeurs. Il s’efforce de recommander par ses paroles et de manifester par sa vie l’humilité qui est la maîtresse et la mère de toutes les vertus, afin de l’inculquer aux disciples de la vérité par la conduite plus encore que par la parole.

C’est pourquoi Paul a dit aux Thessaloniciens, comme s’il oubliait la grandeur de sa propre fonction d’Apôtre : Nous nous sommes faits tout petits au milieu de vous. L’Apôtre Pierre disait d’abord : Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l’espérance qui est en vous. Et il ajoutait, pour montrer la manière dont on doit enseigner, tout en faisant connaître la doctrine : Mais faites-le avec douceur et respect, en gardant une conscience droite.

Lorsque saint Paul dit à son disciple Timothée : Voilà ce que tu dois prescrire et enseigner avec autorité, il ne lui recommande pas une domination tyrannique, mais cette autorité qui vient de la façon de vivre. En effet, on enseigne avec autorité ce que l’on pratique avant de le professer. Car on manque de confiance pour enseigner, lorsque la mauvaise conscience fait obstacle à la parole. Aussi est-il écrit, au sujet du Seigneur : Il parlait comme un homme qui a autorité, et non pas comme les scribes et les pharisiens. Car il fut le seul, d’une façon unique et primordiale, à parler en vertu d’une parfaite autorité, parce qu’il n’a jamais commis aucun mal par faiblesse. La puissance de sa divinité lui permettait de nous servir ainsi par l’innocence de son humanité.

  • COMMENTAIRE DE SAINT GRÉGOIRE LE GRAND SUR LE LIVRE DE JOB

La fausse paix de l’esprit

fatima-la-paix La fausse paix de l’esprit

Celui qui s’accuse soi-même, quelle joie, quel repos il possède, partout où il va ! Qu’une peine, qu’un outrage, qu’une épreuve quelconque lui survienne, il juge d’avance qu’il en est digne et il n’est jamais troublé. Y a-t-il un état qui soit davantage exempt de soucis ?
Mais, dira-t-on, si un frère me tourmente, et qu’en m’examinant je constate que je ne lui en ai fourni aucun prétexte, comment pourrai-je m’accuser moi-même ?

En fait, si quelqu’un s’examine avec crainte de Dieu, il découvrira qu’il a certainement donné un motif de reproche par une action, une parole, ou une attitude. Et s’il voit qu’en rien de tout cela il n’a, soi-disant, donné aucun motif d’hostilité pour le présent, c’est vraisemblablement qu’il a tourmenté ce frère une autre fois, pour le même sujet ou pour un autre, ou bien encore parce qu’il a tourmenté une autre fois un autre frère. Et c’est pour cela, parfois même pour une autre faute, qu’il devait souffrir ainsi.

Il arrive aussi qu’un frère, se croyant installé dans la paix et la tranquillité, lorsqu’on lui dit une parole pénible, soit plongé dans le trouble. Et il juge qu’il a raison de s’affliger, se disant en lui-même : « S’il n’était pas venu me parler et me troubler, je n’aurais pas péché. »

C’est une illusion, c’est un faux raisonnement. Celui qui lui a dit cette parole, y a-t-il introduit la passion ? Il lui a révélé la passion qui était en lui, afin qu’il s’en repente, s’il le veut. Ainsi, ce frère était pareil à un pain de pur froment, d’apparence brillante, mais qui, une fois rompu, ferait voir sa corruption.

Il était installé dans la paix, croyait-il, mais il avait au-dedans de lui une passion qu’il ignorait. Qu’un frère lui dise une seule parole, et aussitôt a jailli la corruption qui était cachée en lui. S’il veut obtenir miséricorde, qu’il se repente, qu’il se purifie, qu’il progresse, et il verra qu’il devra plutôt remercier son frère d’avoir été pour lui la cause d’un tel profit. En effet, les épreuves ne l’accableront plus autant. Plus il progressera, plus elles lui paraîtront légères. À mesure en effet que l’âme progresse, elle se fortifie et devient capable de supporter tout ce qui lui arrive.

  • INSTRUCTION SPIRITUELLE DE SAINT DOROTHÉE DE GAZA

DIEU OUBLIERAIT-IL D’AVOIR PITIÉ ?

biblejob DIEU OUBLIERAIT-IL D’AVOIR PITIÉ ?

29.01 Job reprit le fil de son propos et dit :
29.02 « Ah, qui me rendra tel que j’étais au temps jadis, aux jours où Dieu me tenait en sa garde,
29.03 lorsqu’il faisait briller sa lampe sur ma tête et que dans la ténèbre je marchais à sa lumière,
29.04 tel que j’étais à l’automne de mes jours, quand Dieu était le familier de ma demeure,
29.05 quand le Puissant était encore avec moi, et que mes garçons m’entouraient,
29.06 quand je lavais mes pieds dans le lait et que le rocher près de moi ruisselait d’huile à flots !
29.07 Lorsque je sortais aux portes de la cité et que sur la place j’installais mon siège,
29.08 à ma vue les jeunes gens s’esquivaient, les vieillards se levaient et restaient debout.
29.09 Les notables retenaient leurs paroles et mettaient la main sur leur bouche.
29.10 La voix des chefs s’atténuait, la langue leur collait au palais.
30.09 Je suis maintenant leur chanson, et ils parlent sur moi.
30.10 Ils m’ont en horreur et prennent leur distance, à mon visage ils n’épargnent pas le crachat.
30.11 Parce que Dieu a relâché la corde de mon arc et m’a humilié, eux, devant moi, perdent toute retenue.
30.12 À ma droite surgit la canaille ; ils me font lâcher pied ; ils élèvent contre moi leurs rampes de malheur.
30.13 Ils détruisent mon sentier et s’affairent à ma ruine, sans avoir besoin d’aide.
30.14 Ils arrivent comme par une large brèche, sous les décombres ils se bousculent.
30.15 Les terreurs se tournent contre moi. Ma dignité est emportée par le vent, mon salut est passé comme nuage !
30.16 Et maintenant mon âme en moi s’épanche ; des jours d’affliction m’ont saisi.
30.17 La nuit transperce mes os, et ce qui me ronge n’a pas de répit.
30.18 Avec une grande violence Dieu saisit mon vêtement, il me serre au col de ma tunique.
30.19 Il m’a jeté dans la fange : me voici pareil à la poussière et à la cendre.
30.20 Vers toi je crie, et tu ne réponds pas ; je me tiens devant toi, et tu me fixes du regard !
30.21 Tu es devenu cruel pour moi, de ta poigne vigoureuse tu t’acharnes sur moi.
30.22 Tu m’emportes sur le vent, tu m’y fais chevaucher, tu me dissous dans l’orage.
30.23 Oui, je le sais, tu me ramènes à la mort, au rendez-vous de tout vivant.

  • JB 29, 1-10; 30, 1.9-23

MARCHER DANS LA LUMIÈRE DE LA VÉRITÉ

marcher-lumiere MARCHER DANS LA LUMIÈRE DE LA VÉRITÉ

01 MOI, L’ANCIEN, à Gaïos, le bien-aimé, que j’aime en vérité.
02 Bien-aimé, je prie pour qu’en toutes choses tu ailles bien et que tu sois en bonne santé, comme c’est déjà le cas pour ton âme.
03 J’ai eu beaucoup de joie quand des frères sont venus et qu’ils ont rendu témoignage à la vérité qui est en toi : ils ont dit comment tu marches dans la vérité.
04 Rien ne me donne plus de joie que d’apprendre que mes enfants marchent dans la vérité.
05 Bien-aimé, tu agis fidèlement dans ce que tu fais pour les frères, et particulièrement pour des étrangers.
06 En présence de l’Église, ils ont rendu témoignage à ta charité ; tu feras bien de faciliter leur voyage d’une manière digne de Dieu.
07 Car c’est pour son nom qu’ils se sont mis en route sans rien recevoir des païens.
08 Nous devons donc apporter notre soutien à de tels hommes pour être des collaborateurs de la vérité.
09 J’ai écrit une lettre à l’Église ; mais Diotréphès, qui aime tant être le premier d’entre eux, ne nous accueille pas.
10 Alors si je viens, je dénoncerai les œuvres qu’il accomplit : il se répand en paroles méchantes contre nous ; non content de cela, il n’accueille pas les frères ; et ceux qui voudraient le faire, il les en empêche et les chasse de l’Église.
11 Bien-aimé, n’imite pas le mal, mais le bien. Celui qui fait le bien vient de Dieu ; celui qui fait le mal n’a pas vu Dieu.
12 Quant à Démétrios, il fait l’objet d’un bon témoignage de la part de tous et de la vérité elle-même ; nous aussi, nous lui rendons témoignage, et tu sais que notre témoignage est vrai.
13 J’aurais bien des choses à t’écrire, mais je ne veux pas le faire avec l’encre et la plume.
14 J’espère te voir bientôt, et nous nous parlerons de vive voix.

  • 3JN 1, 1-14