Paul défend son ministère.

VisionStPaul Paul défend son ministère.

10.01 Moi-même, Paul, je vous exhorte par la douceur et la bienveillance du Christ, moi si humble quand je suis devant vous, mais plein d’assurance à votre égard quand je n’y suis pas.
10.02 Je vous en prie, ne m’obligez pas à montrer, quand je viendrai, l’assurance et l’audace dont je prétends bien faire preuve contre ceux qui prétendent que nous avons une conduite purement humaine.
10.03 Notre conduite est bien une conduite d’homme, mais nous ne combattons pas de manière purement humaine.
10.04 En effet, les armes de notre combat ne sont pas purement humaines, elles reçoivent de Dieu la puissance qui démolit les forteresses. Nous démolissons les raisonnements fallacieux,
10.05 tout ce qui, de manière hautaine, s’élève contre la connaissance de Dieu, et nous capturons toute pensée pour l’amener à obéir au Christ.
10.06 Nous sommes prêts à sévir contre toute désobéissance, dès que votre obéissance à vous sera parfaite.
10.07 Regardez les choses en face. Si quelqu’un est convaincu d’appartenir au Christ, qu’il tienne compte encore de ceci : comme lui-même appartient au Christ, nous également.
10.08 Même si je suis un peu trop fier de l’autorité que le Seigneur nous a donnée sur vous pour construire et non pour démolir, je n’aurai pas à en rougir.
10.09 Je ne veux pas avoir l’air de vous effrayer par mes lettres.
10.10 « Les lettres ont du poids, dit-on, et de la force, mais sa présence physique est sans vigueur, et sa parole est nulle. »
10.11 Celui qui parle ainsi, qu’il tienne bien compte de ceci : tels nous sommes en paroles par nos lettres quand nous ne sommes pas là, tels nous serons encore en actes quand nous serons présents.
10.12 Nous n’oserions pas nous égaler ou nous comparer à des gens qui se recommandent eux-mêmes. Lorsqu’ils se prennent eux-mêmes comme unité de mesure et comme norme de comparaison, ils sont sans intelligence.
10.13 Nous n’allons pas nous vanter démesurément, mais nous garderons la mesure du domaine d’activité que Dieu nous a attribué en nous faisant parvenir aussi jusqu’à vous.
10.14 En effet, nous ne dépassons pas nos limites comme ce serait le cas si nous n’étions pas parvenus chez vous ; car, en fait, c’est bien jusqu’à vous que nous sommes arrivés pour annoncer l’Évangile du Christ.
10.15 Nous ne tirons pas du labeur des autres l’occasion de nous vanter démesurément, mais, avec la croissance de votre foi, nous espérons voir honorer de plus en plus notre ministère auprès de vous, sans quitter notre domaine,
10.16 et porter l’Évangile au-delà de chez vous, sans nous vanter de travaux déjà faits sur le domaine des autres.
10.17 Celui qui veut être fier qu’il mette sa fierté dans le Seigneur.
10.18 Celui dont on reconnaît la valeur n’est pas celui qui se recommande lui-même, c’est celui que le Seigneur recommande.
11.01 Pourriez-vous supporter de ma part un peu de folie ? Oui, de ma part, vous allez le supporter,
11.02 à cause de mon amour jaloux qui est l’amour même de Dieu pour vous. Car je vous ai unis au seul Époux : vous êtes la vierge pure que j’ai présentée au Christ.
11.03 Mais j’ai bien peur qu’à l’exemple d’Ève séduite par la ruse du serpent, votre intelligence des choses ne se corrompe en perdant la simplicité et la pureté qu’il faut avoir à l’égard du Christ.
11.04 En effet, si le premier venu vous annonce un autre Jésus, un Jésus que nous n’avons pas annoncé, si vous recevez un esprit différent de celui que vous avez reçu, ou un Évangile différent de celui que vous avez accueilli, vous le supportez fort bien !
11.05 J’estime, moi, que je ne suis inférieur en rien à tous ces super-apôtres.
11.06 Je ne vaux peut-être pas grand-chose pour les discours, mais pour la connaissance de Dieu, c’est différent : nous vous l’avons montré en toute occasion et de toutes les façons.

  • 2Co 10, 1-18; 11, 1-6

PLAIRE AU CHRIST ET ANNONCER UN MONDE NOUVEAU

St-Paul PLAIRE AU CHRIST ET ANNONCER UN MONDE NOUVEAU

01 Nous le savons, en effet, même si notre corps, cette tente qui est notre demeure sur la terre, est détruit, nous avons un édifice construit par Dieu, une demeure éternelle dans les cieux qui n’est pas l’œuvre des hommes.
02 En effet, actuellement nous gémissons dans l’ardent désir de revêtir notre demeure céleste par-dessus l’autre,
03 si toutefois le Seigneur ne doit pas nous trouver dévêtus mais vêtus de notre corps.
04 En effet, nous qui sommes dans cette tente, notre corps, nous sommes accablés et nous gémissons, car nous ne voudrions pas nous dévêtir, mais revêtir un vêtement par-dessus l’autre, pour que notre être mortel soit absorbé par la vie.
05 Celui qui nous a formés pour cela même, c’est Dieu, lui qui nous a donné l’Esprit comme première avance sur ses dons.
06 Ainsi, nous gardons toujours confiance, tout en sachant que nous demeurons loin du Seigneur, tant que nous demeurons dans ce corps ;
07 en effet, nous cheminons dans la foi, non dans la claire vision.
08 Oui, nous avons confiance, et nous voudrions plutôt quitter la demeure de ce corps pour demeurer près du Seigneur.
09 Mais de toute manière, que nous demeurions dans ce corps ou en dehors, notre ambition, c’est de plaire au Seigneur.
10 Car il nous faudra tous apparaître à découvert devant le tribunal du Christ, pour que chacun soit rétribué selon ce qu’il a fait, soit en bien soit en mal, pendant qu’il était dans son corps.
11 Sachant donc ce qu’est la crainte du Seigneur, nous cherchons à convaincre les hommes, et nous sommes à découvert devant Dieu. J’espère bien être aussi à découvert devant vos consciences.
12 Il ne s’agit pas de nous recommander à vous une fois de plus, mais de vous donner l’occasion d’être fiers de nous, pour que vous ayez de quoi répondre à ceux qui mettent leur fierté dans les apparences, et non dans le cœur.
13 Si nous avons perdu la tête, c’est pour Dieu ; si nous sommes raisonnables, c’est pour vous.
14 En effet, l’amour du Christ nous saisit quand nous pensons qu’un seul est mort pour tous, et qu’ainsi tous ont passé par la mort.
15 Car le Christ est mort pour tous, afin que les vivants n’aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes, mais sur lui, qui est mort et ressuscité pour eux.
16 Désormais nous ne regardons plus personne d’une manière simplement humaine : si nous avons connu le Christ de cette manière, maintenant nous ne le connaissons plus ainsi.
17 Si donc quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né.
18 Tout cela vient de Dieu : il nous a réconciliés avec lui par le Christ, et il nous a donné le ministère de la réconciliation.
19 Car c’est bien Dieu qui, dans le Christ, réconciliait le monde avec lui : il n’a pas tenu compte des fautes, et il a déposé en nous la parole de la réconciliation.
20 Nous sommes donc les ambassadeurs du Christ, et par nous c’est Dieu lui-même qui lance un appel : nous le demandons au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu.
21 Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché, afin qu’en lui nous devenions justes de la justice même de Dieu.

  • L’AMBITION DE PAUL ( 2CO 5, 1-21 ) 

LA NATIVITÉ DE LA VIERGE MARIE

nativite-vierge LA NATIVITÉ DE LA VIERGE MARIE

Puisque la Vierge Mère de Dieu devait naître de sainte Anne, la nature n’a pas osé anticiper sur la grâce : la nature demeura stérile jusqu’à ce que la grâce eût porté son fruit. Il fallait qu’elle naisse la première, celle qui devait enfanter le premier-né antérieur à toute créature, en qui tout subsiste.

Joachim et Anne, heureux votre couple ! Toute la création est votre débitrice. C’est par vous, en effet, qu’elle a offert au Créateur le don supérieur à tous les dons, une mère toute sainte, seule digne de celui qui l’a créée.

Réjouis-toi, Anne, la stérile, toi qui n’enfantais pas ; éclate en cris de joie, toi qui n’as pas connu les douleurs. Réjouis-toi, Joachim : par ta fille un enfant nous est né, un fils nous a été donné. On proclame son nom : Messager du grand dessein de Dieu, qui est le salut de tout l’univers, Dieu fort. ~ Oui, cet enfant est Dieu.

Joachim et Anne, heureux votre couple, et parfaitement pur ! On vous a reconnus grâce à votre fruit, selon cette parole du Seigneur : Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Vous avez eu une conduite agréable à Dieu et digne de celle que vous avez engendrée. À cause de votre vie chaste et sainte, vous avez produit le joyau de la virginité, celle qui devait être vierge avant l’enfantement, vierge en mettant au monde, vierge après la naissance ; la seule toujours Vierge d’esprit, d’âme et de corps.

Joachim et Anne, couple très chaste ! ~ En observant la chasteté, cette loi de la nature, vous avez mérité ce qui dépasse la nature : vous avez engendré pour le monde celle qui sera, sans connaître d’époux, la Mère de Dieu. En menant une vie pieuse et sainte dans la nature humaine, vous avez engendré une fille supérieure aux anges, qui est maintenant la Souveraine des anges. Enfant très gracieuse et très douce ! ~ Fille d’Adam et Mère de Dieu ! Heureux ton père et ta mère ! Heureux les bras qui t’ont portée ! Heureuses les lèvres qui, seules, ont reçu tes chastes baisers pour que tu demeures toujours parfaitement vierge. ~ Acclamez Dieu, terre entière, sonnez, dansez, jouez. Élevez la voix, élevez-la, ne craignez pas.

  • HOMÉLIE DE S JEAN DE DAMAS
    POUR LA NATIVITÉ DE LA VIERGE MARIE

Commentaire de Saint Jean Chrysostome sur l’Evangile de Matthieu

saint-jean-chrysostome Commentaire de Saint Jean Chrysostome sur l’Evangile de Matthieu

Les fils de Zébédée pressent vivement le Christ par ces paroles : Ordonne que nous siégions l’un à ta droite et l’autre à ta gauche. Que répond-il ? Pour leur montrer que leur demande n’a rien de spirituel et que, s’ils avaient su ce qu’ils demandaient, ils n’auraient jamais osé le demander, il leur dit : Vous ne savez pas ce que vous demandez, combien c’est grand, combien c’est étonnant, combien cela dépasse même les puissances d’en haut. Puis il ajoute : Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire, recevoir le baptême dans lequel je vais être plongé ? ~ Il veut dire : « Vous discutez avec moi d’honneurs et de couronnes ; moi je vous parle de combats et de sueurs. Ce n’est pas maintenant le moment des récompenses, et ce n’est pas maintenant que ma gloire va se manifester, mais ce qui est imminent, ce sont les meurtres, les combats et les dangers. »
Et voyez de quelle manière il les exhorte et les entraîne à demander ce qu’il faut. Il ne leur dit pas : « Pouvez-vous affronter la mort violente ? Pouvez-vous verser votre sang ? » Mais : Pouvez-vous boire à la coupe, et il ajoute pour les attirer : celle que je vais boire ? afin qu’ils désirent être en communion avec lui. En outre, il appelle cela un baptême pour montrer que ce sera la grande purification du monde entier.

Ils répondent : Nous le pouvons. Immédiatement, ils font cette promesse dans l’enthousiasme, sans savoir ce qu’ils disent, mais dans l’attente d’obtenir ce qu’ils ont demandé.

Jésus réplique : La coupe que je vais boire, vous y boirez ; et le baptême dans lequel je vais être plongé, vous le recevrez. Ce sont de grands biens qu’il leur prédisait là. Autrement dit : « Vous mériterez le martyre, et vous souffrirez comme moi ; vous terminerez votre vie par une mort violente et tout cela vous fera communier avec moi. Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, il ne m’appartient pas de l’accorder ; il y a ceux pour qui ces places sont préparées par mon Père. » Après avoir relevé leurs esprits, les avoir fait passer à un plan supérieur et leur avoir fait surmonter la tristesse, alors seulement il redresse leur demande.

Les dix autres s’indignèrent contre les deux frères. ~ Vois-tu combien ils étaient tous imparfaits : les deux qui voulaient s’élever aux dépens des dix autres, et ceux-ci qui jalousaient les deux frères ? Mais, comme je l’ai dit, montre-moi ce qu’ils sont devenus ensuite et tu verras qu’ils ont été délivrés de tous ces mauvais sentiments. Tu apprendras donc que ce même saint Jean, celui qui s’est avancé pour cette demande, ménage toujours la première place à Pierre, lorsque celui-ci discourt et fait des miracles, selon les Actes des Apôtres. ~ Quant à saint Jacques, il n’a pas survécu longtemps. Dès le début, il brûlait de ferveur, et dans son mépris extraordinaire des intérêts humains, il s’est élevé à un tel sommet qu’il fut aussitôt mis à mort.

  • HOMÉLIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME
    SUR L’ÉVANGILE DE MATTHIEU

Le symbolisme de l’onction et des vêtements blancs

colombe Le symbolisme de l’onction et des vêtements blancs
Après le bain du baptême, tu es monté auprès de l’évêque. Pense à ce qui a suivi. N’est-ce pas ce que dit David : Comme le parfum sur la tête, qui descend sur la barbe, sur la barbe d’Aaron ? C’est le parfum dont parle Salomon : Ton nom est un parfum qui se répand : c’est pourquoi les jeunes filles t’ont aimé et attiré. Combien d’âmes renouvelées aujourd’hui t’ont-elles aimé. Seigneur Jésus, en disant : Attire-nous derrière toi, nous accourrons à l’odeur de tes vêtements, pour aspirer l’odeur de la résurrection ?

Comprends le sens de ce rite : le parfum coule sur la barbe, c’est-à-dire sur la grâce de la jeunesse et sur la barbe d’Aaron, pour que tu deviennes une race élue, sacerdotale, précieuse. Car nous recevons tous l’onction de la grâce spirituelle en vue du royaume de Dieu et du sacerdoce.

Ensuite tu as reçu ces vêtements blancs que tu portes, pour signifier que tu as dépouillé l’enveloppe du péché et revêtu les vêtements purs de l’innocence, dont parle le prophète :Tu m’aspergeras avec l’hysope, et je serai purifié ; tu me laveras, et je deviendrai plus blanc que neige. On le voit en effet, selon la Loi et selon l’Évangile : celui qui est baptisé se montre purifié. Selon la Loi, parce que Moïse employait une touffe d’hysope pour asperger avec le sang de l’agneau. Selon l’Évangile, parce que le Christ avait des vêtements blancs comme neige, quand il fit voir, dans l’évangile de la Transfiguration, la gloire de sa résurrection. Il devient plus blanc que neige, celui dont la faute est pardonnée. C’est pourquoi le Seigneur dit par la bouche d’Isaïe : Si vos péchés sont comme la pourpre, je les rendrai blancs comme neige.

L’Église, qui porte ces vêtements blancs pour les avoir endossés grâce au bain de la nouvelle naissance, dit dans le Cantique des cantiques : Je suis noire et belle, filles de Jérusalem. Noire par la fragilité de la nature humaine, belle par la grâce ; noire parce que composée de pécheurs, belle par le sacrement de la foi. En voyant ces vêtements, les filles de Jérusalem disent, dans leur stupéfaction : Qui est celle-ci qui monte toute blanche ? Elle qui était noire, comment est-elle devenue blanche tout à coup ?

Quant au Christ, voyant son Église en vêtements blancs — c’est pour elle, dit le prophète Zacharie, qu’il avait pris des vêtements sales —, ou bien voyant l’âme purifiée et lavée par le sacrement de la nouvelle naissance, il lui dit : Que tu es belle, mon amie, que tu es belle : tes yeux sont beaux comme ceux de la colombe, cette colombe dont le Saint-Esprit avait pris l’apparence pour descendre du ciel.

Aussi rappelle-toi que tu as reçu l’empreinte de l’Esprit : Esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de piété, esprit de crainte religieuse, et garde bien ce que tu as reçu. Dieu le Père t’a marqué de son empreinte, le Christ Seigneur t’a confirmé, et il a mis l’Esprit dans ton cœur, comme un premier don, ainsi que tu l’as appris par la lecture de l’Apôtre.

  • TRAITÉ DE SAINT AMBROISE SUR LES MYSTÈRES

Préfigurations bibliques du baptême

nuee Préfigurations bibliques du baptême

Saint Paul nous enseigne que nos ancêtres ont tous été sous la protection de la colonne de nuée, qu’ils ont tous passé la mer Rouge et que tous, en Moïse, ont été baptisés dans la nuée et dans la mer. Puis Moïse lui-même dit, dans son cantique : Tu as envoyé ton souffle (ton Esprit) et la mer les a recouverts. Remarque-le : dans ce passage des Hébreux, déjà, se trouve une préfiguration du baptême ; l’Égyptien y a trouvé la mort, et l’Hébreu, la libération. Ce que nous apprenons chaque jour par ce mystère, c’est évidemment que le péché est englouti et l’erreur détruite, alors que la piété et l’innocence font la traversée complète.

Tu entends annoncer que nos ancêtres ont été sous la nuée. Une nuée bienfaisante, qui refroidit le feu des passions charnelles ; une nuée bienfaisante, qui couvre de son ombre ceux que l’Esprit Saint visite. Ainsi est-il venu sur la Vierge Marie et la puissance du Très-Haut l’a-t-elle prise sous son ombre, lorsqu’elle engendra la rédemption pour le genre humain : c’est le miracle qui fut accompli par Moïse de façon figurative. Si l’Esprit était alors préfiguré, n’est-il pas réellement présent puisque l’Écriture te dit : La Loi a été communiquée par Moïse, mais la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ.

La source de Mara était amère ; Moïse y jeta du bois et elle devint douce. En effet, sans l’invocation de la croix du Seigneur, l’eau n’est d’aucune utilité pour le salut futur ; mais lorsqu’elle a été consacrée par le mystère de la croix qui donne le salut, elle est toute prête pour fournir le bain spirituel et la boisson du salut. Donc, de même que Moïse, de façon prophétique, mit le bois dans cette source d’autrefois, ainsi l’évêque prononce sur la source que nous voyons l’invocation de la croix du Seigneur, et l’eau devient douce pour donner la grâce.

N’en crois donc pas seulement les yeux de ton corps : on voit mieux ce qui ne se voit pas, parce que cela est provisoire, et ceci éternel. On distingue mieux ce qui n’est pas visible par les yeux, mais découvert par l’esprit et l’âme.

Puis, laisse-toi instruire par la lecture du livre des Rois. Naaman était Syrien, il avait la lèpre et ne pouvait en être purifié par personne. Alors une jeune prisonnière dit qu’il y avait en Israël un prophète qui pourrait le purifier de son mal. Il prit, dit le texte, de l’or et de l’argent et se rendit auprès du roi d’Israël. Celui-ci, apprenant le motif de cette visite, déchira ses vêtements en disant que c’était de la provocation que de lui demander ce qui n’est pas au pouvoir d’un roi. Mais Élisée fit dire au roi de lui envoyer le Syrien, pour que celui-ci reconnût qu’il y avait un Dieu en Israël. Et quand Naaman fut arrivé, Élisée lui ordonna de se baigner sept fois dans le Jourdain. Alors Naaman se mit à réfléchir : les fleuves de sa patrie avaient une eau meilleure, dans laquelle il s’était souvent baigné sans être jamais purifié de sa lèpre. C’est ce qui le retint d’obéir aux ordres du prophète. Mais il céda aux avis et aux exhortations de ses serviteurs, il se baigna et, purifié aussitôt, comprit que la purification de chacun ne vient pas de l’eau, mais de la grâce. ~

Il a douté avant d’être guéri ; toi, qui es déjà guéri, tu ne dois pas douter.

  • TRAITÉ DE SAINT AMBROISE SUR LES MYSTÈRES

SAMUEL CONFÈRE L’ONCTION ROYALE À DAVID.

Felix-Joseph_Barrias SAMUEL CONFÈRE L’ONCTION ROYALE À DAVID.

01 Le Seigneur dit à Samuel : « Combien de temps encore seras-tu en deuil à cause de Saül ? Je l’ai rejeté pour qu’il ne règne plus sur Israël. Prends une corne que tu rempliras d’huile, et pars ! Je t’envoie auprès de Jessé de Bethléem, car j’ai vu parmi ses fils mon roi. »
02 Samuel répondit : « Comment faire ? Saül va le savoir, et il me tuera. » Le Seigneur reprit : « Emmène avec toi une génisse, et tu diras que tu viens offrir un sacrifice au Seigneur.
03 Tu convoqueras Jessé au sacrifice ; je t’indiquerai moi-même ce que tu dois faire et tu me consacreras par l’onction celui que je te désignerai. »
04 Samuel fit ce qu’avait dit le Seigneur. Quand il parvint à Bethléem, les anciens de la ville allèrent à sa rencontre en tremblant, et demandèrent : « Est-ce pour la paix que tu viens ? »
05 Samuel répondit : « Oui, pour la paix. Je suis venu offrir un sacrifice au Seigneur. Purifiez-vous, et vous viendrez avec moi au sacrifice. » Il purifia Jessé et ses fils, et les convoqua au sacrifice.
06 Lorsqu’ils arrivèrent et que Samuel aperçut Éliab, il se dit : « Sûrement, c’est lui le messie, lui qui recevra l’onction du Seigneur ! »
07 Mais le Seigneur dit à Samuel : « Ne considère pas son apparence ni sa haute taille, car je l’ai écarté. Dieu ne regarde pas comme les hommes : les hommes regardent l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur. »
08 Jessé appela Abinadab et le présenta à Samuel, qui dit : « Ce n’est pas lui non plus que le Seigneur a choisi. »
09 Jessé présenta Shamma, mais Samuel dit : « Ce n’est pas lui non plus que le Seigneur a choisi. »
10 Jessé présenta ainsi à Samuel ses sept fils, et Samuel lui dit : « Le Seigneur n’a choisi aucun de ceux-là. »
11 Alors Samuel dit à Jessé : « N’as-tu pas d’autres garçons ? » Jessé répondit : « Il reste encore le plus jeune, il est en train de garder le troupeau. » Alors Samuel dit à Jessé : « Envoie-le chercher : nous ne nous mettrons pas à table tant qu’il ne sera pas arrivé. »
12 Jessé le fit donc venir : le garçon était roux, il avait de beaux yeux, il était beau. Le Seigneur dit alors : « Lève-toi, donne-lui l’onction : c’est lui ! »
13 Samuel prit la corne pleine d’huile, et lui donna l’onction au milieu de ses frères. L’Esprit du Seigneur s’empara de David à partir de ce jour-là. Quant à Samuel, il se mit en route et s’en revint à Rama.

  • 1S 16, 1-13

En toi est la source de vie.

 arbredevie En toi est la source de vie.

Considère attentivement, toi qui as été racheté, quel est celui qui, pour toi, est suspendu à la Croix, quelle est sa grandeur, quelle est sa sainteté, lui dont la mort rend la vie à ceux qui sont morts, lui dont le trépas met en deuil le ciel et la terre, et fait se briser les pierres les plus dures.

Pour que, du côté du Christ endormi sur la Croix, surgisse l’Église, et pour que soit accomplie la parole de l’Écriture : Ils contempleront celui qu’ils ont transpercé, la sagesse divine a bien voulu que la lance d’un soldat ouvre et transperce ce côté. Il en sortit du sang et de l’eau, et c’était le prix de notre salut qui s’écoulait ainsi. Jailli de sa source, c’est-à-dire du plus profond du cœur du Christ, il donne aux sacrements de l’Église le pouvoir de conférer la vie de la grâce et, à ceux qui ont déjà en eux la vie du Christ, il donne à boire de cette eau vive qui jaillit jusque dans la vie éternelle.

Debout ! toi qui es aimé du Christ, sois donc comme la colombe qui fait son nid sur le bord de l’abîme. Et là, comme l’oiseau qui a trouvé un nid, ne te relâche pas de ta vigilance ; là, comme la tourterelle, viens cacher les enfants de ton amour chaste, et de cette plaie approche tes lèvres pour puiser de l’eau à la source du Sauveur. C’est là qu’on trouve la source qui jaillissait au milieu du Paradis et qui, se partageant en quatre bras puis répandue dans les cœurs aimants, arrose et féconde la terre tout entière.

À cette source de vie et de lumière, accours donc, animé d’un brûlant désir, qui que tu sois, toi qui es donné à Dieu, et de toute ta force, du plus profond de ton cœur, crie vers lui : O beauté ineffable du Dieu très-haut, éclat très pur de l’éternelle lumière, vie qui communique la vie à tous les vivants, lumière qui donne son éclat à toute lumière, toi qui conserves dans leur immuable splendeur et leur diversité les astres qui brillent, depuis la première aurore, devant le trône de ta divinité !

O jaillissement éternel et inaccessible, plein de lumière et de douceur, de cette source cachée à tous les regards humains ! profondeur sans fond, hauteur sans limite, grandeur incommensurable et pureté inviolable !

C’est de toi que coule ce fleuve qui réjouit la cité de Dieu et c’est grâce à toi qu’aux accents des acclamations et des actions de grâce, nous pouvons te chanter le cantique de louange, car nous pouvons témoigner, par expérience, qu’en toi est la source de la vie, et que par ta lumière, nous verrons la lumière.

  • L’ARBRE DE VIE, PAR SAINT BONAVENTURE

La grâce et la consolation constantes du Saint-Esprit.

amour-maternel La grâce et la consolation constantes du Saint-Esprit.

 

J‘implore pour vous, Madame, la grâce et la consolation constantes du Saint-Esprit. Sans doute, lorsqu’on m’a remis votre lettre, j’étais encore dans cette région des morts. Mais maintenant, eh bien, il faut aspirer au ciel, pour que nous puissions louer le Dieu éternel sur la terre des vivants. J’espérais depuis longtemps que j’accomplirais ce voyage plus tôt. Si la charité consiste, comme dit saint Paul, à pleurer avec ceux qui pleurent, à être joyeux avec ceux qui sont dans la joie, il est nécessaire, ma mère, que vous puisiez une immense joie dans le fait que, par bonté et par faveur envers vous, le Seigneur m’annonce la véritable allégresse et la paix, puisque je ne crains plus de jamais le perdre

Je vous l’avouerai, lorsque je médite sur la bonté divine, comparable à la mer qui est sans fond et sans rivage, mon âme tombe dans un abîme ; engloutie dans une telle immensité, elle me paraît s’égarer et ne savoir que répondre : comment ! le Seigneur, après un travail si bref et si mince, m’invite à l’éternel repos ! Du ciel, il m’appelle à la félicite infinie que j’ai recherchée avec tant de négligence, il veut récompenser les larmes que j’ai versées avec tant de parcimonie.

Pensez-y toujours, Madame, et prenez garde d’offenser cette bonté infinie de Dieu : c’est ce qui arriverait si vous pleuriez comme un mort celui qui va vivre en présence de Dieu et qui, par sa prière, vous aidera beaucoup plus dans vos affaires qu’il ne le ferait en cette vie. Notre séparation ne durera pas longtemps ; nous nous reverrons au ciel ; nous serons unis ensemble à l’auteur de notre salut ; de tout l’élan de notre âme, nous le louerons et nous chanterons éternellement ses miséricordes, en jouissant d’un bonheur éternel. Le Seigneur nous reprend ce qu’il nous avait prêté sans autre intention que de nous mettre dans un séjour plus tranquille et plus sûr et de nous combler des biens que nous désirions pour nous-mêmes.

Si je dis tout cela, c’est seulement pour céder à un désir qui me possède : que vous, Madame, et tout le reste de la famille, vous teniez mon départ pour un joyeux bienfait ; et que vous accompagniez de votre bénédiction maternelle celui qui fait cette traversée, jusqu’à ce que vous abordiez vous-même au rivage où résident toutes mes espérances. Je l’ai fait d’autant plus volontiers qu’il ne me restait plus rien à faire que de vous témoigner de la façon la plus évidente l’amour et le respect que je vous dois, comme un fils à sa mère.

  • DERNIÈRE LETTRE DE S. LOUIS DE GONZAGUE À SA MÈRE (10 JUIN 1591)

UN ANGE ANNONCE À GÉDÉON SA MISSION.

gedeon-ange UN ANGE ANNONCE À GÉDÉON SA MISSION.

 

01 Les fils d’Israël firent ce qui est mal aux yeux du Seigneur, et le Seigneur les abandonna à Madiane pendant sept ans.
02 Madiane imposa sa puissance à Israël. À cause de Madiane, les fils d’Israël aménagèrent dans les montagnes des failles, des grottes et des lieux escarpés.
03 Chaque fois qu’Israël avait fait les semailles, Madiane montait avec Amalec et les fils de l’Orient ; ils attaquaient Israël ;
04 ils campaient auprès d’eux et dévastaient les produits du pays jusqu’aux abords de Gaza. Ils ne laissaient à Israël ni vivres, ni moutons, ni bœufs, ni ânes ;
05 ils arrivaient avec leurs troupeaux et leurs tentes, comme une multitude de sauterelles. Eux et leurs chameaux étaient innombrables, et ils envahissaient le pays pour le ravager.
06 À cause de Madiane, Israël fut réduit à une grande misère, et les fils d’Israël crièrent vers le Seigneur.
11 L’ange du Seigneur vint s’asseoir sous le térébinthe d’Ofra, qui appartenait à Joas, de la famille d’Abiézer. Gédéon, son fils, battait le blé dans le pressoir, pour le soustraire au pillage des Madianites.
12 L’ange du Seigneur lui apparut et lui dit : « Le Seigneur est avec toi, vaillant guerrier ! »
13 Gédéon lui répondit : « Pardon, mon Seigneur ! Si le Seigneur est avec nous, pourquoi tout ceci nous est-il arrivé ? Que sont devenus tous ces prodiges que nous ont racontés nos pères ? Ils nous disaient : “Est-ce que le Seigneur ne nous a pas fait monter d’Égypte ?” Mais aujourd’hui le Seigneur nous a abandonnés, en nous livrant au pouvoir de Madiane… »
14 Alors le Seigneur regarda Gédéon et lui dit : « Avec la force qui est en toi, va sauver Israël du pouvoir de Madiane. N’est-ce pas moi qui t’envoie ? »
15 Gédéon reprit : « Pardon, mon Seigneur ! Comment sauverais-je Israël ? Mon clan est le plus faible dans la tribu de Manassé, et moi je suis le plus petit dans la maison de mon père ! »
16 Le Seigneur lui répondit : « Je serai avec toi, et tu battras les Madianites comme s’ils n’étaient qu’un seul homme. »
17 Gédéon lui dit : « Si j’ai trouvé grâce à tes yeux, donne-moi un signe que c’est bien toi qui me parles.
18 Ne t’éloigne pas d’ici avant que je revienne vers toi. Je vais chercher mon offrande et je la placerai devant toi. » Le Seigneur répondit : « Je resterai jusqu’à ton retour. »
19 Gédéon s’en alla, il prépara un chevreau, et avec une mesure de farine il fit des pains sans levain. Il mit la viande dans une corbeille, et le jus dans un pot, puis il apporta tout cela sous le térébinthe et le lui présenta.
20 L’ange de Dieu lui dit : « Prends la viande et les pains sans levain, pose-les sur ce rocher et répands le jus. » Gédéon obéit.
21 Alors l’ange du Seigneur étendit le bâton qu’il tenait à la main, et il toucha la viande et les pains sans levain. Le feu jaillit de la roche, consuma la viande et les pains sans levain, et l’ange du Seigneur disparut.
22 Alors Gédéon comprit que c’était l’ange du Seigneur, et il dit : « Malheur à moi, Seigneur mon Dieu ! Pourquoi donc ai-je vu l’ange du Seigneur face à face ? »
23 Le Seigneur lui répondit : « Que la paix soit avec toi ! Sois sans crainte ; tu ne mourras pas. »
24 À cet endroit, Gédéon bâtit un autel au Seigneur sous le vocable de Seigneur-de-la-paix. Jusqu’à ce jour, cet autel est encore à Ofra d’Abiézer.

  • JG 6, 1-6.11-24