Il y eut un combat dans le ciel :
Michel, avec ses anges, dut combattre le Dragon.
Le Dragon, lui aussi, combattait avec ses anges,
mais il ne fut pas le plus fort ;
pour eux désormais, nulle place dans le ciel.
Oui, il fut rejeté, le grand Dragon,
le Serpent des origines,
celui qu’on nomme Diable et Satan,
le séducteur du monde entier.
Il fut jeté sur la terre,
et ses anges furent jetés avec lui.
Alors j’entendis dans le ciel une voix forte,
qui proclamait :
« Maintenant voici le salut,
la puissance et le règne de notre Dieu,
voici le pouvoir de son Christ !
Car il est rejeté, l’accusateur de nos frères,
lui qui les accusait, jour et nuit,
devant notre Dieu.
Eux-mêmes l’ont vaincu par le sang de l’Agneau,
par la parole dont ils furent les témoins ;
détachés de leur propre vie,
ils sont allés jusqu’à mourir.
Cieux, soyez donc dans la joie,
et vous qui avez aux cieux votre demeure ! »
Frères, suivons notre vocation : à la source de la vie nous sommes appelés par la vie cette source est non seulement source de l’eau vive, mais de la vie éternelle, source de lumière et de clarté. D’elle en effet viennent toutes choses : sagesse, vie et lumière éternelle. L’auteur de la vie est la source de la vie, le créateur de la lumière est la source de la clarté. Aussi, sans regard pour les réalités visibles, cherchons par-delà le monde présent, au plus haut des cieux, la source de l’eau vive, comme des poissons intelligents et bien perspicaces. Là nous pourrons boire l’eau vive qui jaillit pour la vie éternelle.
Veuille me faire parvenir jusqu’à cette source, Dieu de miséricorde, Seigneur de bonté, et que là je puisse boire, moi aussi, avec ceux qui ont soif de toi, au courant vivant de la source vive de l’eau vive. Qu’alors, comblé de bonheur par cette grande fraîcheur, je me surpasse et demeure toujours près d’elle, en disant : « Qu’elle est bonne, la source de l’eau vive ; elle ne manque jamais de l’eau qui jaillit pour la vie éternelle !
O Seigneur, tu es, toi, cette source qui est toujours et toujours à désirer, et à laquelle il nous est toujours permis et toujours nécessaire de puiser. Donne-nous toujours, Seigneur Jésus, cette eau, pour qu’en nous aussi elle devienne source d’eau qui jaillit pour la vie éternelle. C’est vrai : je te demande beaucoup, qui le nierait ? Mais toi, Roi de gloire, tu sais donner de grandes choses, et tu les as promises. Rien de plus grand que toi, et c’est toi-même que tu nous donnes ; c’est toi qui t’es donné pour nous.
Aussi est-ce toi que nous demandons, afin de connaître ce que nous aimons, car nous ne désirons rien recevoir d’autre que toi. Tu es notre tout : notre vie, notre lumière et notre salut, notre nourriture et notre boisson, notre Dieu. Inspire nos cœurs, je t’en prie, ô notre Jésus, par le souffle de ton Esprit, blesse nos âmes de ton amour, afin que chacun de nous puisse dire en vérité : Montre-moi celui que mon cœur aime, car j’ai été blessé de ton amour.
Je souhaite que ces blessures soient en moi, Seigneur. Heureuse l’âme que l’amour blesse de la sorte : celle qui recherche la source, celle qui boit et qui pourtant ne cesse d’avoir toujours soif tout en buvant, ni de toujours puiser par son désir, ni de toujours boire dans sa soif. C’est ainsi que toujours elle cherche en aimant, car elle trouve la guérison dans sa blessure. De cette blessure salutaire, que Jésus Christ, notre Dieu et notre Seigneur, bon médecin de notre salut, veuille nous blesser jusqu’au fond de l’âme. À lui, comme au Père et à l’Esprit Saint, appartient l’unité pour les siècles des siècles. Amen.
L’eau vive qui jaillit pour la vie éternelle par SAINT COLOMBAN
Le saint précurseur de la naissance, de la prédication et de la mort du Seigneur a montré (au moment de sa mort) un courage digne d’attirer les regards de Dieu. Comme le dit l’Écriture : Aux yeux des hommes, il subissait un châtiment, mais par son espérance il avait déjà l’immortalité. Nous avons raison de célébrer avec joie la naissance au ciel de celui qui a rendu lui-même ce jour solennel par sa propre passion en l’illustrant par la pourpre de son sang ; et nous vénérons dans la joie spirituelle la mémoire de cet homme qui a scellé par le sceau de son martyre le témoignage qu’il rendait au Seigneur.
Il n’y a en effet aucun doute que saint Jean Baptiste a subi la prison pour notre Rédempteur qu’il précédait par son témoignage, et que c’est pour lui qu’il a donné sa vie. Car si son persécuteur ne lui a pas demandé de nier le Christ, mais de taire la vérité, c’est cependant pour le Christ qu’il est mort. Le Christ lui-même a dit, en effet : Je suis la vérité. Puisque c’est pour la vérité qu’il a répandu son sang, c’est donc bien pour le Christ. Jean avait témoigné en naissant que le Christ allait naître ; en prêchant, il avait témoigné que le Christ allait prêcher : en baptisant, qu’il allait baptiser. En souffrant le premier sa passion, il signifiait que le Christ devait lui aussi souffrir.
Cet homme si grand parvint donc au terme de sa vie par l’effusion de son sang, après une longue et pénible captivité. Lui qui avait annoncé la bonne nouvelle de la liberté d’une paix supérieure est jeté en prison par des impies. Il est enfermé dans l’obscurité d’un cachot, lui qui était venu rendre témoignage à la lumière et qui avait mérité d’être appelé flambeau ardent de lumière par la lumière elle-même qui est le Christ. ~ Par son propre sang est baptisé celui à qui il fut donné de baptiser le Rédempteur du monde, d’entendre la voix du Père s’adresser au Christ, et de voir descendre sur lui la grâce du Saint-Esprit. Mais il n’était pas pénible à des hommes tels que lui, bien plus, il leur semblait léger et désirable d’endurer pour la vérité des tourments temporels qui laissaient entrevoir la récompense de joies éternelles. Préférant la mort qui de toute façon était naturellement inévitable, ils choisissaient de l’accepter en confessant le nom du Christ ; ils recevaient ainsi la palme de la vie éternelle. L’Apôtre l’a bien dit : Il vous a été accordé par le Christ, non seulement de croire en lui, mais encore de souffrir pour lui. Et s’il dit que souffrir pour le Christ est un don de celui-ci à ses élus, c’est parce que, comme il le dit ailleurs : Il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire que Dieu va bientôt révéler en nous.
Puisque le Christ a réconcilié le monde avec Dieu, lui-même, évidemment, n’a pas eu besoin de réconciliation. Pour quel péché aurait-il expié, en effet, lui qui n’a commis aucun péché ? Lorsque les Juifs réclamaient le didrachme qu’on versait à cause du péché, selon la loi, il avait dit à Pierre : Simon, les rois de la terre, de qui reçoivent-ils taxe et impôt : de leurs enfants ou des étrangers ? Pierre répondit : Des étrangers. Le Seigneur lui dit alors : Donc, les enfants n’y sont pas soumis. Mais pour ne pas les heurter, jette l’hameçon, saisis le premier poisson ; et, en lui ouvrant la bouche, tu trouveras un statère : prends-le et donne-le pour moi et pour toi.
Il montre ainsi qu’il ne doit pas expier les péchés pour lui-même, parce qu’il n’était pas esclave du péché ; comme Fils de Dieu, il était libre de toute erreur. En effet, le fils libère, tandis que l’esclave est assujetti au péché. Donc celui qui est entièrement libre n’a pas à payer rançon pour sa vie, et son sang pouvait être une rançon surabondante pour racheter tous les péchés de l’univers. Il est normal qu’il libère les autres, celui qui ne doit rien pour lui-même.
J’irai plus loin. Non seulement le Christ ne doit pas verser la rançon de sa propre rédemption ni expier pour son propre péché, mais encore, si tu considères n’importe quel homme, il est compréhensible que chacun d’eux ne doit pas expier pour lui-même. Car le Christ est l’expiation de tous, la rédemption de tous.
Quel homme pourra se racheter par son propre sang, alors que le Christ a versé son sang pour le rachat de tous ? Y a-t-il un seul homme dont le sang puisse être comparé à celui du Christ ? Ou y a-t-il un homme assez puissant pour fournir son expiation en surplus de celle qui a été offerte en sa propre personne par le Christ qui, à lui seul, a réconcilié le monde avec Dieu par son sang ? Y a-t-il une victime plus noble, un sacrifice plus éminent, un avocat meilleur que celui qui s’est fait supplication pour les péchés de tous et qui a donné sa vie en rédemption pour nous ?
Il n’y a donc pas à chercher une expiation ou une rédemption individuelle, parce que le sang versé en rançon pour tous est celui du Christ. C’est par ce sang que le Seigneur Jésus nous a rachetés, lui qui, seul, nous a réconciliés avec le Père. Et il a accompli son labeur jusqu’au bout, car il a pris sur lui notre labeur, lui qui dit : Venez à moi, vous tous qui êtes accablés par le labeur, et je vous relèverai.
Le péché d’Adam s’était communiqué à tout le genre humain. Comme dit l’Apôtre : Par un seul homme, le péché est entré dans le monde, et par le péché est venue la mort ; ainsi la mort est passée en tous les hommes. Donc, il est nécessaire que la justice du Christ soit communiquée au genre humain ; et de même qu’Adam, par le péché, a perdu sa descendance, de même le Christ, par sa justice, donnera la vie à ses enfants. L’Apôtre y insiste : De même que tous sont devenus pécheurs parce qu’un seul homme a désobéi, de même tous deviendront justes parce qu’un seul homme a obéi. Comme le péché avait régné pour la mort, ainsi, par la justice, la grâce régnera pour la vie éternelle.
Quelqu’un me dira : « Mais le péché d’Adam s’est communiqué à ses descendants parce qu’ils étaient engendrés par lui ; est-ce que nous descendons du Christ, pour que nous puissions être sauvés par lui ? » Que tes pensées ne se placent pas au niveau de la chair. Tu vas voir comment nous sommes engendrés par le Christ. À la fin des temps, certes, le Christ a reçu de Marie une âme avec la chair : cette chair, il est venu la sauver, il ne l’a pas abandonnée au séjour des morts, il l’a unie à son esprit et il l’a faite sienne. Ce sont là les noces du Seigneur, qui l’ont uni à une seule chair, afin que, selon ce grand mystère, ils soient deux en une seule chair : le Christ et l’Église.
Le peuple chrétien est né de ces noces, sur lesquelles est descendu l’Esprit du Seigneur. Par l’infusion et le mélange d’une semence venue du ciel, aussitôt, avec les substances de nos âmes nous nous développons dans les entrailles de notre mère et, en grandissant dans son sein, nous vivons dans le Christ. C’est ce qui a fait dire à l’Apôtre : Le premier Adam avait reçu la vie ; le dernier Adam est un être spirituel qui donne la vie. C’est ainsi que le Christ engendre des enfants dans l’Église par ses prêtres, selon l’Apôtre : Dans le Christ, je vous ai engendrés. Et c’est ainsi que la semence du Christ, c’est-à-dire l’Esprit de Dieu, fait naître l’homme nouveau qui remue dans le sein de sa mère, qui est mis au monde dans la fontaine baptismale, par les mains du prêtre, avec la foi pour témoin.
On doit donc admettre que le Christ engendre, puisque l’Apôtre Jean le dit : Tous ceux qui l’ont reçu, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. Cela ne peut s’accomplir que par le sacrement du baptême, par la chrismation, et par l’évêque. Le baptême en effet lave les péchés ; la chrismation répand en outre le Saint-Esprit, et nous obtenons l’un et l’autre par la main et la bouche de l’évêque. C’est ainsi que l’homme tout entier naît de nouveau, et est renouvelé dans le Christ : De même que le Christ est ressuscité des morts, ainsi mènerons-nous une vie nouvelle, nous aussi, c’est-à-dire : pour qu’après avoir abandonné les erreurs de la vie ancienne , par l’Esprit, nous ayons une conduite nouvelle dans le Christ.
HOMÉLIE DE SAINT PACIEN DE BARCELONE
SUR LE BAPTÊME
Tout ce que nous avions entendu dire, nous l’avons vu. Bienheureuse Église ! À une époque tu as entendu, à une époque tu as vu. Elle a entendu les promesses, elle voit les réalisations ; elle a entendu avec la prophétie, elle voit avec l’Évangile. Car tout ce qui s’accomplit maintenant a été prophétisé auparavant. Lève les yeux et regarde à travers le monde ; constate que ton héritage va jusqu’aux extrémités de la terre ; constate qu’elle est déjà réalisée, cette parole : Tous les rois de la terre se prosterneront devant lui, toutes les nations le serviront. Constate la réalisation de cette parole : Dieu, élève-toi sur les cieux, que ta gloire domine la terre ! Regarde celui dont les pieds et les mains ont été cloués, dont on a pu compter les os tandis qu’il était suspendu à la croix, dont les vêtements ont été tirés au sort ; constate qu’il règne, celui qu’on a vu crucifié ; constate qu’il trône dans le ciel, celui qu’on a méprisé tandis qu’il marchait sur la terre. Constate donc que ceci est réalisé : Tous les confins de la terre se souviendront, et reviendront vers le Seigneur; toutes les familles des nations se prosterneront devant lui. En voyant cela, exclame-toi joyeusement: Tout ce que nous avions entendu dire, nous l’avons vu.
C’est donc à juste titre qu’on l’appelle « Église tirée des nations ». Écoute, ma fille, et vois ; oublie ton peuple et la maison de ton père. Écoute, et vois : d’abord écoute ce que tu ne vois pas ; ensuite tu verras ce que tu as écouté. Le Seigneur a dit : Un peuple que je ne connaissais pas s’est mis a mon service ; dès qu’il m’a entendu, il a obéi. S’il a obéi dès qu’il a entendu, c’est donc qu’il n’a pas vu. Et où s’est-elle réalisée, cette parole : Ils verront, ceux à qui on ne l’avait pas annoncé; et ils comprendront, ceux qui n’avaient pas entendu parler ? Ceux à qui les prophètes n’avaient pas été envoyés, c’est eux qui ont été les premiers à entendre et à comprendre les prophètes. Et ceux qui n’avaient pas été les premiers à entendre, dans la suite ont admiré ceux qui avaient entendu. Ceux à qui les prophètes ont été envoyés sont restés là, porteurs des livres et ne comprenant pas la vérité ; détenteurs des tables de l’alliance et ne jouissant pas de l’héritage. Mais nous, tout ce que nous avions entendu dire, nous l’avons vu.
Dans la cité du Seigneur de l’univers, dans la cité de notre Dieu. C’est là que nous avons entendu, c’est là aussi que nous voyons. Dieu l’a fondée pour toujours. Qu’ils ne se vantent pas, ceux qui disent : Voici que le Christ est ici, voici qu’il est là. Celui qui parle ainsi favorise la division. Or, Dieu a promis l’unité : les rois ont été rassemblés dans l’unité, ils n’ont pas été dispersés par leur désunion. Mais peut-être que cette cité qui a dominé le monde sera un jour renversée, contrairement à la parole : Dieu l’a fondée pour toujours. Si Dieu l’a fondée pour toujours, comment peux-tu craindre la chute de celui qui la soutient ?
Ainsi parle le Seigneur :
2.4a-b Accusez votre mère, accusez-la, car elle n’est plus ma femme, et moi, je ne suis plus son mari ! Qu’elle écarte de son visage ses prostitutions, et d’entre ses seins, ses adultères ;
08 C’est pourquoi je vais obstruer son chemin avec des ronces, le barrer d’une barrière : elle ne trouvera plus ses sentiers.
09 Elle poursuivra ses amants sans les atteindre, elle les cherchera sans les trouver. Alors elle dira : « Je vais revenir à mon premier mari, car j’étais autrefois plus heureuse que maintenant. »
10 Elle ne savait donc pas que c’est moi qui lui avais donné le froment, le vin nouveau et l’huile fraîche, moi qui lui avais prodigué de l’argent, et l’or utilisé pour Baal !
11 C’est pourquoi je reviendrai, je reprendrai mon froment en sa saison et mon vin nouveau en son temps ; j’arracherai ma laine et mon lin dont elle couvrait sa nudité.
12 Alors je dévoilerai sa honte aux yeux de ses amants, et nul ne la délivrera de ma main.
13 Je mettrai fin à toute sa gaieté, à ses fêtes, ses nouvelles lunes, ses sabbats, et à toutes ses solennités.
14 Je dévasterai sa vigne et son figuier dont elle disait : « Ils sont à moi, c’est le salaire que m’ont donné mes amants. » Je les changerai en friche et les bêtes sauvages les dévoreront.
15 Je sévirai contre elle à cause des jours des Baals, quand elle brûlait pour eux de l’encens, se parait de ses anneaux et de son collier, et courait après ses amants. Et moi, elle m’oubliait ! – oracle du Seigneur.
16 C’est pourquoi, mon épouse infidèle, je vais la séduire, je vais l’entraîner jusqu’au désert, et je lui parlerai cœur à cœur.
17 Et là, je lui rendrai ses vignobles, et je ferai du Val d’Akor (c’est-à-dire « de la Déroute ») la porte de l’Espérance. Là, elle me répondra comme au temps de sa jeunesse, au jour où elle est sortie du pays d’Égypte.
18 En ce jour-là – oracle du Seigneur –, voici ce qui arrivera : Tu m’appelleras : « Mon époux » et non plus : « Mon Baal » (c’est-à-dire « mon maître »).
19 J’éloignerai de ses lèvres les noms des Baals, on ne prononcera plus leurs noms.
20 En ce jour-là je conclurai à leur profit une alliance avec les bêtes sauvages, avec les oiseaux du ciel et les bestioles de la terre ; l’arc, l’épée et la guerre, je les briserai pour en délivrer le pays ; et ses habitants, je les ferai reposer en sécurité.
21 Je ferai de toi mon épouse pour toujours, je ferai de toi mon épouse dans la justice et le droit, dans la fidélité et la tendresse ;
22 je ferai de toi mon épouse dans la loyauté, et tu connaîtras le Seigneur.
23 En ce jour-là je répondrai – oracle du Seigneur ; oui, je répondrai aux cieux, eux, ils répondront à l’appel de la terre ;
24 la terre répondra au froment, au vin nouveau et à l’huile fraîche, eux, ils répondront à la « Vallée-de-la-fertilité ».
25 Je m’en ferai une terre ensemencée, J’aimerai celle qu’on appelait « Pas-Aimée » et à celui qu’on appelait « Pas-mon-Peuple », je dirai : « Tu es mon peuple », et il dira : « Tu es mon Dieu !
Aujourd’hui, l’Église de Rome nous invite à fêter le jour où le bienheureux Laurent a triomphé, jour où il a terrassé le monde furieux, où il a dédaigné le monde flatteur et ainsi a doublement vaincu le démon persécuteur. Dans l’Église de Rome, vous le savez bien, il exerçait les fonctions de diacre. C’est là qu’il présentait le sang sacré du Christ, et c’est là qu’il répandit son propre sang pour le nom du Christ. L’Apôtre saint Jean a mis en pleine clarté le mystère de la Cène du Seigneur lorsqu’il a dit : Jésus a donné sa vie pour nous ; nous aussi, nous devons donner notre vie pour nos frères. Saint Laurent a compris cela, mes frères, il l’a compris et il l’a fait ; et ce qu’il avait consommé à cette table, c’est cela qu’il a voulu apprêter. Il a aimé le Christ par sa vie, il l’a aimé par sa mort.
Et nous, mes frères, si nous aimons vraiment, nous devons imiter. Car nous ne pourrons pas produire un meilleur fruit de notre amour qu’en nous montrant nous aussi des imitateurs. Le Christ a souffert pour nous et nous a laissé son exemple pour que nous suivions ses traces. Par cette phrase, il semble que, pour l’Apôtre Pierre, le Christ a souffert seulement pour ceux qui suivent ses traces, que la passion du Christ ne sert à rien, sinon à ceux qui suivent ses traces. En effet, les saints martyrs l’ont suivi jusqu’à répandre leur sang, jusqu’à imiter sa passion ; les martyrs l’ont suivi, mais ils ne sont pas les seuls. Après leur passage, le pont n’a pas été coupé ; après qu’ils ont bu, la source n’a pas tari.
Le jardin du Seigneur, mes frères, ce jardin a toutes sortes de fleurs : non seulement les roses des martyrs, mais aussi les lis des vierges, le lierre des gens mariés, les violettes des veuves. Absolument aucune catégorie de gens, mes bien-aimés, ne doit désespérer de sa vocation : c’est pour nous que le Seigneur a souffert. C’est très véritablement qu’il est écrit de lui : Il veut que tous les hommes soient sauvés et arrivent à connaître pleinement la vérité.
Il faut donc comprendre comment, en dehors de l’effusion du sang et du risque de subir la passion, le chrétien doit suivre le Christ. L’Apôtre dit, au sujet du Christ Seigneur : Lui qui était dans la condition de Dieu, il n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être traité à l’égal de Dieu. Quelle majesté ! Mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur, devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement. Quel abaissement !
Le Christ s’est abaissé : voilà, chrétien, ce qui est à ta disposition. Le Christ s’est fait obéissant. Alors pourquoi es-tu orgueilleux ? Ensuite, après être allé jusqu’au bout de cet abaissement et avoir terrassé la mort, le Christ est monté au ciel : suivons-le. Écoutons l’Apôtre qui nous dit : Si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu.
Voici quel est le chemin de la lumière. Si quelqu’un veut le suivre jusqu’au but qu’il s’est fixé, il doit s’appliquer avec zèle à ses œuvres. Voici donc la connaissance qui nous a été donnée pour marcher sur cette route :
Tu aimeras celui qui t’a créé, tu craindras celui qui t’a formé ; tu glorifieras celui qui t’a racheté de la mort ; tu seras simple de cœur et riche du Saint-Esprit ; tu ne t’attacheras pas à ceux qui suivent le chemin de la mort ; tu haïras tout ce qui n’est pas agréable à Dieu ; tu haïras toute hypocrisie ; tu ne t’élèveras pas toi-même, mais tu seras humble en toute chose ; tu ne t’attribueras pas la gloire ; tu n’auras pas de mauvais vouloir contre ton prochain ; tu ne t’abandonneras pas à l’arrogance.
Tu aimeras ton prochain plus que toi-même ; tu ne supprimeras pas l’enfant par avortement et tu ne le feras pas périr après sa naissance. Tu n’abandonneras pas ton autorité sur ton fils ou ta fille, mais, dès leur enfance, tu leur enseigneras la crainte du Seigneur. Tu ne convoiteras pas le bien de ton prochain ; tu ne seras pas cupide ; tu n’attacheras pas ton cœur aux orgueilleux, mais tu fréquenteras les justes et les humbles.
Tu accueilleras tout ce qui t’arrive comme un bienfait, sachant que rien ne se produit sans la volonté de Dieu. Tu ne seras pas double, ni en pensée ni en parole, car la duplicité dans le langage est un piège mortel.
Tu partageras tous tes biens avec ton prochain et tu ne diras pas que quelque chose t’appartient en propre, car, si vous possédez en commun les biens impérissables, combien plus les biens périssables ! Tu ne seras pas bavard, car la langue est un piège mortel. Autant qu’il sera possible, pour le bien de ton âme, tu seras chaste. N’aie pas la main tendue pour prendre et fermée pour donner. Tu aimeras comme la prunelle de ton œil tous ceux qui t’annonceront la parole du Seigneur.
Nuit et jour, tu te rappelleras le jour du jugement ; tu rechercheras la compagnie des saints ; chaque jour, tu chercheras à travailler par la parole, à aller porter l’exhortation en te préoccupant de sauver ton âme par le ministère de la parole, ou bien à travailler de tes mains pour racheter tes péchés.
Tu n’hésiteras pas à donner, tu donneras sans murmurer et tu connaîtras quel est celui qui récompense largement. Tu garderas ce qu’on t’a confié, sans ajouter ni retrancher. Jusqu’au bout tu haïras le mal. Tu jugeras avec justice. Tu ne provoqueras pas de divisions, mais tu rétabliras la paix en rapprochant les adversaires. Tu confesseras tes péchés. Tu ne viendras pas à la prière avec une conscience mauvaise. Tel est le chemin de la lumière.
11.30 S’il faut se vanter, je me vanterai de ce qui fait ma faiblesse.
11.31 Le Dieu et Père du Seigneur Jésus sait que je ne mens pas, lui qui est béni pour les siècles.
11.32 À Damas, le représentant du roi Arétas faisait garder la ville pour s’emparer de moi ;
11.33 on m’a fait descendre par une fenêtre, dans un panier, de l’autre côté du rempart, et j’ai échappé à ses mains.
12.01 Faut-il se vanter ? Ce n’est pas utile. J’en viendrai pourtant aux visions et aux révélations reçues du Seigneur.
12.02 Je sais qu’un fidèle du Christ, voici quatorze ans, a été emporté jusqu’au troisième ciel – est-ce dans son corps ? je ne sais pas ; est-ce hors de son corps ? je ne sais pas ; Dieu le sait – ;
12.03 mais je sais que cet homme dans cet état-là – est-ce dans son corps, est-ce sans son corps ? je ne sais pas, Dieu le sait –
12.04 cet homme-là a été emporté au paradis et il a entendu des paroles ineffables, qu’un homme ne doit pas redire.
12.05 D’un tel homme, je peux me vanter, mais pour moi-même, je ne me vanterai que de mes faiblesses.
12.06 En fait, si je voulais me vanter, ce ne serait pas folie, car je ne dirais que la vérité. Mais j’évite de le faire, pour qu’on n’ait pas de moi une idée plus favorable qu’en me voyant ou en m’écoutant.
12.07 Et ces révélations dont il s’agit sont tellement extraordinaires que, pour m’empêcher de me surestimer, j’ai reçu dans ma chair une écharde, un envoyé de Satan qui est là pour me gifler, pour empêcher que je me surestime.
12.08 Par trois fois, j’ai prié le Seigneur de l’écarter de moi.
12.09 Mais il m’a déclaré : « Ma grâce te suffit, car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. » C’est donc très volontiers que je mettrai plutôt ma fierté dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ fasse en moi sa demeure.
12.10 C’est pourquoi j’accepte de grand cœur pour le Christ les faiblesses, les insultes, les contraintes, les persécutions et les situations angoissantes. Car, lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort.
12.11 Me voilà devenu insensé : c’est vous qui m’y avez forcé ! J’aurais dû plutôt être recommandé par vous ; en effet, je n’ai été en rien inférieur à ces super-apôtres, quoique je ne sois rien.
12.12 Les signes auxquels on reconnaît l’apôtre ont été mis en œuvre chez vous : toute cette persévérance, tant de signes, de prodiges, de miracles !
12.13 Que vous a-t-il manqué par rapport aux autres Églises, sinon que moi, je ne vous ai pas été à charge ? Pardonnez-moi cette injustice !