J’ai prié,
et le discernement m’a été donné.
J’ai supplié,
et l’esprit de la Sagesse est venu en moi.
Je l’ai préférée aux trônes et aux sceptres ;
à côté d’elle, j’ai tenu pour rien la richesse ;
je ne l’ai pas comparée à la pierre la plus précieuse ;
tout l’or du monde auprès d’elle n’est qu’un peu de sable,
et, en face d’elle, l’argent sera regardé comme de la boue.
Plus que la santé et la beauté, je l’ai aimée ;
je l’ai choisie de préférence à la lumière,
parce que sa clarté ne s’éteint pas.
Tous les biens me sont venus avec elle
et, par ses mains, une richesse incalculable.
10 Puis il me dit : « Ne mets pas les scellés sur les paroles de ce livre de prophétie. Le temps est proche, en effet.
11 Que celui qui fait le mal fasse encore le mal, et que l’homme sali se salisse encore ; que le juste pratique encore la justice, et que le saint se sanctifie encore.
12 Voici que je viens sans tarder, et j’apporte avec moi le salaire que je vais donner à chacun selon ce qu’il a fait.
13 Moi, je suis l’alpha et l’oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin.
14 Heureux ceux qui lavent leurs vêtements : ils auront droit d’accès à l’arbre de la vie et, par les portes, ils entreront dans la ville.
15 Dehors les chiens, les sorciers, les débauchés, les meurtriers, les idolâtres, et tous ceux qui aiment et pratiquent le mensonge !
16 Moi, Jésus, j’ai envoyé mon ange vous apporter ce témoignage au sujet des Églises. Moi, je suis le rejeton, le descendant de David, l’étoile resplendissante du matin. »
17 L’Esprit et l’Épouse disent : « Viens ! » Celui qui entend, qu’il dise : « Viens ! » Celui qui a soif, qu’il vienne. Celui qui le désire, qu’il reçoive l’eau de la vie, gratuitement.
18 Et moi, devant tout homme qui écoute les paroles de ce livre de prophétie, je l’atteste : si quelqu’un y fait des surcharges, Dieu le chargera des fléaux qui sont décrits dans ce livre ;
19 et si quelqu’un enlève des paroles à ce livre de prophétie, Dieu lui enlèvera sa part : il n’aura plus accès à l’arbre de la vie ni à la Ville sainte, qui sont décrits dans ce livre.
20 Et celui qui donne ce témoignage déclare : « Oui, je viens sans tarder. » – Amen ! Viens, Seigneur Jésus !
21 Que la grâce du Seigneur Jésus soit avec tous !
Celui qui vénère vraiment la passion du Seigneur doit si bien regarder Jésus crucifié par les yeux du cœur qu’il reconnaisse sa propre chair dans la sienne.
Que la nature terrestre se mette à trembler au supplice de son Rédempteur, que les pierres, c’est-à-dire les esprits des incroyants, se fendent; que les hommes, écrasés par le tombeau de la condition mortelle, surgissent en fracassant la masse qui les tenait captifs. Qu’ils se montrent, eux aussi, dans la Cité sainte, c’est-à-dire dans l’Église de Dieu, comme des présages de la résurrection future. Et ce qui doit un jour se produire dans les corps, que cela se réalise dans les cœurs.
Aucun malade ne se voit refuser la victoire de la Croix, et il n’y a personne qui ne trouve un secours dans la prière du Christ ; si elle a profité à beaucoup de ses bourreaux, combien davantage aidera-t-elle ceux qui se tournent vers lui !
L’ignorance est enlevée, l’obstacle est diminué et le sang sacré du Christ a éteint ce glaive de feu qui interdisait d’entrer dans le domaine de la vie. Devant la vraie lumière, l’obscurité de la nuit ancienne a disparu.
Le peuple chrétien est invité à posséder les richesses du paradis, et l’accès à la patrie perdue s’offre à tous ceux qui ont reçu le sacrement de la nouvelle naissance, pourvu que personne ne se fasse fermer ce chemin qui a pu s’ouvrir devant la foi d’un malfaiteur. ~
Que les activités de la vie présente ne nous condamnent ni à l’angoisse ni à l’orgueil, en nous empêchant de rechercher de tout l’élan de notre cœur la ressemblance avec notre Rédempteur, par l’imitation de ses exemples. Il n’a rien fait ni rien supporté que pour notre salut, afin que la vertu qui se trouve dans la tête se trouve aussi dans son corps.
Tout d’abord, cette adoption de notre nature par la divinité, grâce à laquelle le Verbe s’est fait chair et a demeuré parmi nous, a-t-elle exclu aucun homme de sa miséricorde, sauf s’il refuse la foi ? L’homme n’a-t-il pas une nature commune avec le Christ, s’il a accueilli celui qui a pris cette nature, et s’il a été régénéré par l’Esprit qui a engendré le Christ ? Celui-ci a pris de la nourriture, a connu le repos du sommeil, le trouble de la tristesse, les larmes de l’amitié : cela ne prouve-t-il pas qu’il avait pris la condition d’esclave ?
Il fallait guérir celle-ci des antiques blessures, et la purifier de la boue du péché. Le Fils unique de Dieu s’est fait fils d’homme afin de ne manquer ni du réalisme de l’humanité ni de la plénitude de la divinité. ~
Il est nôtre, ce corps sans vie qui gisait dans le sépulcre, mais qui a ressuscité le troisième jour et qui, au-dessus de toutes les hauteurs célestes, est monté jusqu’à la droite du Père tout-puissant. Si nous suivons la route de ses commandements, et si nous n’avons pas honte de confesser tout ce qu’il a payé pour notre salut dans l’abaissement de sa chair, nous aussi serons élevés jusqu’à la participation de sa gloire. Car ce qu’il a annoncé s’accomplira de façon éclatante : Celui qui se prononcera pour moi devant les hommes, moi aussi je me prononcerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux.
02 Dieu parla à Moïse. Il lui dit : « Je suis le Seigneur.
03 Je suis apparu à Abraham, à Isaac et à Jacob comme le Dieu-Puissant ; mais mon nom “Le Seigneur”, je ne l’ai pas fait connaître.
04 Ensuite, j’ai établi mon alliance avec eux, m’engageant à leur donner la terre de Canaan, la terre étrangère où ils étaient venus en immigrés.
05 Puis enfin, j’ai entendu la plainte des fils d’Israël réduits en esclavage par les Égyptiens, et je me suis souvenu de mon alliance.
06 C’est pourquoi, parle ainsi aux fils d’Israël : “Je suis le Seigneur. Je vous ferai sortir loin des corvées qui vous accablent en Égypte. Je vous délivrerai de la servitude. Je vous rachèterai d’un bras vigoureux et par de grands châtiments.
07 Je vous prendrai pour peuple, et moi, je serai votre Dieu. Alors, vous saurez que je suis le Seigneur, votre Dieu, celui qui vous fait sortir loin des corvées qui vous accablent en Égypte.
08 Puis, je vous ferai entrer dans la terre que, la main levée, je me suis engagé à donner à Abraham, à Isaac et à Jacob. Je vous la donnerai pour que vous la possédiez. Je suis le Seigneur”. »
09 Moïse rapporta ces paroles aux fils d’Israël, mais ils n’écoutèrent pas Moïse, car ils étaient à bout de souffle, tant leur esclavage était dur.
10 Le Seigneur dit à Moïse :
11 « Va dire à Pharaon, le roi d’Égypte, qu’il laisse partir de son pays les fils d’Israël. »
12 Mais Moïse prit la parole en présence du Seigneur et dit : « Les fils d’Israël ne m’ont pas écouté. Comment Pharaon m’écouterait-il, moi qui n’ai pas la parole facile ? »
13 Le Seigneur parla à Moïse et Aaron, et leur communiqua ses ordres pour les fils d’Israël et pour Pharaon, roi d’Égypte, en vue de faire sortir les fils d’Israël du pays d’Égypte.
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup,
qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes,
qu’il soit tué,
et que, le troisième jour, il ressuscite. »
Il leur disait à tous :
« Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive.
Car celui qui veut sauver sa vie
la perdra ;
mais celui qui perdra sa vie à cause de moi
la sauvera.
Quel avantage un homme aura-t-il
à gagner le monde entier,
s’il se perd ou se ruine lui-même ? »
Nazareth est l’école où l’on commence à comprendre la vie de Jésus : l’école de l’Évangile. Ici, on apprend à regarder, à écouter, à méditer et à pénétrer la signification, si profonde et si mystérieuse, de cette très simple, très humble et très belle manifestation du Fils de Dieu. Peut-être apprend-on même insensiblement à imiter. Ici, on apprend la méthode qui nous permettra de comprendre qui est le Christ. Ici, on découvre le besoin d’observer le cadre de son séjour parmi nous : les lieux, les temps, les coutumes, le langage, les pratiques religieuses, tout ce dont s’est servi Jésus pour se révéler au monde. Ici, tout parle, tout a un sens. Ici, à cette école, on comprend la nécessité d’avoir une discipline spirituelle, si l’on veut suivre l’enseignement de l’Évangile et devenir disciple du Christ. Oh, comme nous voudrions redevenir enfant et nous remettre à cette humble et sublime école de Nazareth, comme nous voudrions près de Marie recommencer à acquérir la vraie science de la vie et la sagesse supérieure des vérités divines !
Mais nous ne faisons que passer. Il nous faut laisser ce désir de poursuivre ici l’éducation, jamais achevée, à l’intelligence de l’Évangile. Nous ne partirons pas cependant sans avoir recueilli à la hâte, et comme à la dérobée, quelques brèves leçons de Nazareth.
Une leçon de silence d’abord. Que renaisse en nous l’estime du silence, cette admirable et indispensable condition de l’esprit, en nous qui sommes assaillis par tant de clameurs, de fracas et de cris dans notre vie moderne, bruyante et hyper sensibilisée. Ô silence de Nazareth, enseigne-nous le recueillement, l’intériorité, la disposition à écouter les bonnes inspirations et les paroles des vrais maîtres ; enseigne-nous le besoin et la valeur des préparations, de l’étude, de la méditation, de la vie personnelle et intérieure, de la prière que Dieu seul voit dans le secret.
Une leçon de vie familiale. Que Nazareth nous enseigne ce qu’est la famille, sa communion d’amour, son austère et simple beauté, son caractère sacré et inviolable ; apprenons de Nazareth comment la formation qu’on y reçoit est douce et irremplaçable ; apprenons quel est son rôle primordial sur le plan social.
Une leçon de travail. Nazareth, maison du fils du charpentier, c’est ici que nous voudrions comprendre et célébrer la loi sévère et rédemptrice du labeur humain ; ici, rétablir la conscience de la noblesse du travail ; ici, rappeler que le travail ne peut pas avoir une fin en lui-même, mais que sa liberté et sa noblesse lui viennent, en plus de sa valeur économique, des valeurs qui le finalisent ; comme nous voudrions enfin saluer ici tous les travailleurs du monde entier et leur montrer leur grand modèle, leur frère divin, le prophète de toutes leurs justes causes, le Christ notre Seigneur.
Moi, Paul, lié de chaînes pour le Christ, je veux vous raconter les tribulations dans lesquelles je suis chaque jour enseveli, afin qu’embrasés de l’amour divin, vous bénissiez avec moi le Seigneur, parce que dans tous les siècles est sa miséricorde.
Cette prison est vraiment une vive figure de l’enfer éternel. Aux liens, aux cangues et aux entraves viennent s’ajouter des colères, des vengeances, des malédictions, des conversations impures, des rixes, des actes mauvais, des serments injustes, des médisances, auxquels se joignent aussi l’ennui et la tristesse. Mais celui qui a déjà délivré les trois enfants des flammes ardentes est aussi demeuré avec moi ; il m’a délivré de ces maux et il me les convertit en douceur, parce que dans tous les siècles est sa miséricorde.
Par la grâce de Dieu, au milieu de ces supplices qui ont coutume d’attrister les autres, je suis rempli de gaieté et de joie, parce que je ne suis pas seul, mais le Christ est avec moi. C’est lui, notre Maître, qui supporte tout le poids de cette croix ; pour moi, mes amis, je n’en ai à soutenir que la plus légère extrémité. Car non seulement il est spectateur du combat, mais encore il est combattant et vainqueur, et c’est lui qui consomme la lutte. C’est pourquoi la couronne de gloire est posée sur son chef, mais le membre peut aussi se réjouir de la gloire de la tête.
Comment puis-je vivre, voyant chaque jour les tyrans et leurs satellites infidèles blasphémer ton saint nom, toi, Seigneur, qui es assis au milieu des Chérubins et des Séraphins ? Vois ta croix foulée aux pieds des mécréants. Où est ta gloire ? À cette vue, enflammé de ton amour, j’aime mieux mourir et que mes membres soient coupés en morceaux en témoignage de mon amour pour toi, Seigneur.
Montre ta puissance, délivre-moi et aide-moi, afin que dans ma faiblesse, ta force se fasse sentir et soit glorifiée devant le monde, pour que tes ennemis ne lèvent pas la tête, si je suis ébranlé.
En entendant ces choses, vous rendrez, remplis de joie, d’immortelles actions de grâces à Dieu, auteur de tous les dons, et vous le bénirez avec moi, parce que dans tous les siècles est sa miséricorde. Mon âme glorifie le Seigneur et mon esprit a tressailli d’allégresse, parce que Dieu a regardé l’humilité de son serviteur, désormais toutes les générations futures me diront bienheureux parce que dans tous les siècles est sa miséricorde.
Louez le Seigneur, toutes les nations : louez-le, tous les peuples, parce qu’il a choisi ce qui est faible pour confondre ce qui est fort, il a choisis ce qui est vil pour détruire ce qui est noble, et par ma bouche, son esprit a confondu les philosophes, parce que dans tous les siècles est sa miséricorde.
Je vous écris ces choses pour que nous unissions votre foi et la mienne : au milieu de ces tempêtes, je jette une ancre qui va jusqu’au trône de Dieu ; c’est l’espérance qui vit toujours en mon cœur. Pour vous, mes bien-aimés, courez de telle sorte que vous remportiez la couronne, prenez l’armure de Dieu à droite et à gauche ; revêtez-vous de la cuirasse de la foi, comme l’ordonne mon patron, saint Paul ; il vaut mieux, pour vous, entrer borgnes et infirmes dans le royaume des cieux que d’être jetés dehors, ayant vos membres entiers.
Aidez-moi de vos prières pour que je combatte légitimement, que je combatte le bon combat et que je combatte jusqu’à la fin, pour achever heureusement ma course, afin que, si dans cette vie nous ne pouvons plus nous voir mutuellement, dans le siècle futur nous ayons ce bonheur à jamais, tout près du trône de l’Agneau immaculé, et qu’ainsi nous le louions dans la joie et l’exaltation dans les siècles. Ainsi soit-il.
LETTRE DE S. PAUL LE-BAO-TINH AUX SEMINARISTES DE KE-VINH (1843)
Vivante est la parole de Dieu, efficace, et plus acérée qu’une épée à deux tranchants. La puissance et la sagesse que renferme la parole de Dieu se manifestent dans ce passage à ceux qui cherchent le Christ, lui-même : Verbe, puissance et sagesse de Dieu. Le Verbe, de même éternité que le Père, et avec lui dès le principe, s’est révélé aux Apôtres à l’époque fixée par lui. Ensuite les Apôtres l’ont annoncé au monde, et la foi des peuples croyants l’a reçu en toute humilité. Il est donc le Verbe auprès du Père, le Verbe en la bouche des Apôtres, le Verbe en nos cœurs.
Et cette parole de Dieu est vivante, puisque le Père lui a donné d’avoir en elle la vie, comme le Père a la vie en lui-même. Aussi n’est-elle pas seulement une parole vivante, mais elle est la vie. C’est ainsi que le Christ se présente lui-même : Je suis le chemin, la vérité et la vie. Puisqu’il est vivant, puisqu’il est la vie elle-même, il est également force de vie : Comme le Père ressuscite les morts et donne la vie, de même le Fils donne la vie à qui il veut. Donateur de vie, il l’est assurément quand il appelle un mort et le fait sortir du tombeau en lui disant : Lazare, viens dehors !
Quand on prêche cette Parole, elle donne par cette prédication, à la parole extérieurement audible, la puissance même de sa parole intérieurement perçue. Dès lors, les morts ressuscitent et ce témoignage fait surgir de nouveaux fils d’Abraham. Elle est donc vivante, cette Parole, vivante dans le cœur du Père, vivante sur les lèvres du prédicateur, et vivante dans les cœurs, remplis de foi et d’amour. Et puisque c’est une Parole vivante, nul doute qu’elle ne soit aussi efficace.
Elle agit dans la création du monde, dans son gouvernement et dans sa rédemption. Où trouver plus grande efficacité ? puissance plus éclatante ? Qui dira les merveilles du Seigneur ? Qui fera entendre toute sa gloire ? L’efficacité de la Parole se manifeste dans ses œuvres, elle se manifeste aussi dans la prédication. Car elle ne revient jamais sans effet, mais elle est source de progrès en toute créature à laquelle elle est envoyée.
La Parole est donc efficace, et plus pénétrante qu’une épée à deux tranchants, quand elle est reçue avec foi et amour. En effet, qu’y a-t-il d’impossible pour celui qui croit ? Et qu’y a-t-il de rigoureux pour celui qui aime ? Quand s’élève la voix du Verbe, elle s’enfonce dans le cœur comme des flèches de combat qui déchirent, comme des clous fichés profondément, et elle pénètre si loin qu’elle atteint le fond le plus secret. Oui, cette Parole pénètre plus loin qu’une épée à deux tranchants, car il n’est pas de puissance ni de force qui puisse porter de coups aussi sensibles, et l’esprit humain ne peut concevoir de pointe aussi subtile et pénétrante. Toute la sagesse humaine, toute la délicatesse du savoir naturel sont loin d’atteindre son acuité.
HOMÉLIE DE BAUDOUIN DE FORD SUR LA LETTRE AUX HÉBREUX
Celui qui dit, par exemple : Sois glorifié dans toutes les nations comme tu as été glorifié en nous, et : Que tes prophètes soient trouvés fidèles, ne dit-il pas ainsi : Que ton nom soit sanctifié ?
Celui qui dit : Seigneur de l’univers, fais-nous revenir, fais briller ta face et nous serons sauvés, ne dit-il pas : Que ton règne vienne ?
Celui qui dit : Dirige mes pas selon ta promesse, et que le mal ne l’emporte pas sur moi, ne dit-il pas : Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ?
Celui qui dit : Ne me donne ni la pauvreté ni la richesse, ne dit-il pas : Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ?
Celui qui dit : Souviens-toi, Seigneur, de David et de toute sa douceur, ou bien : Seigneur, si j’ai fait cela, si le mal est sur mes mains, si j’ai rendu le mal à mes bienfaiteurs, ne dit-il pas : Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ?
Celui qui dit : Délivre-moi de mes ennemis, mon Dieu, de agresseurs délivre-moi, dit-il autre chose que : Délivre-nous du Mal ?
Et si tu parcours toutes les formules des prières sacrées, tu ne trouveras rien, je crois, qui ne soit contenu dans cette prière du Seigneur et n’y trouve sa conclusion. On est donc libre, lorsque l’on prie, de dire les mêmes choses avec des paroles diverses, mais on n’est pas libre de dire autre chose.
Voilà ce qu’il faut demander dans la prière, pour nous, pour les nôtres, pour les étrangers et même pour nos ennemis, sans la moindre hésitation. Cependant, une intention différente peut s’élever et même prédominer dans le cœur de celui qui prie, pour celui-ci, ou pour celui-là, lorsque nous sommes avec lui dans une relation plus proche ou plus lointaine.
Tu sais, à mon avis, non seulement ce que tu dois être pour prier, mais encore quel doit être l’objet de la prière. Ce n’est pas moi qui l’enseigne, mais Celui qui a bien voulu nous instruire tous.
Il faut rechercher la vie bienheureuse, c’est elle qu’il faut demander au Seigneur Dieu. En quoi consiste la béatitude, beaucoup ont écrit et ont discuté, dans des sens différents. Mais nous, pourquoi irions-nous vers tous ces gens et dans tous ces sens ? La parole de Dieu nous l’a dit brièvement et avec sérénité : Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu ! Pour faire partie de ce peuple, et pour que nous puissions parvenir à contempler Dieu et à vivre avec lui pour toujours, le but du précepte, c’est l’amour qui vient d’un cœur pur, d’une bonne conscience et d’une foi sincère.
Dans cette triple énumération, c’est l’espérance qui correspond à la bonne conscience. Donc la foi, l’espérance et l’amour conduisent à Dieu l’homme qui prie, c’est-à-dire qui croit, qui espère, qui désire et qui découvre dans la prière du Seigneur ce qu’il doit demander au Seigneur.
Ignace, appelé aussi Théophore (Porte-Dieu), à l’Église de Dieu le Père et du Seigneur Jésus Christ, à Philadelphie, en Asie mineure. Cette Église a obtenu de Dieu miséricorde et a été affermie par lui dans la concorde ; elle exulte dans la passion de notre Seigneur sans pouvoir en être séparée et, par grande miséricorde, elle est pleinement convaincue de sa résurrection. Cette Église, je la salue dans le sang de Jésus Christ. Elle est ma joie éternelle et constante, surtout si ses fidèles restent unis à l’évêque, à ses prêtres et aux diacres qui l’accompagnent, qui ont été désignés selon la pensée de Jésus Christ, affermis et fortifiés selon sa propre volonté par son Esprit Saint.
Cet évêque de Philadelphie, je le sais, n’a pas obtenu de lui-même son ministère au service de la communauté, ni des hommes, ni par vaine gloire, mais par la charité de Dieu le Père et du Seigneur Jésus Christ. Je suis frappé de sa sérénité : par son silence, il a plus de force que les diseurs de rien. Il est harmonisé aux commandements comme la cithare est harmonisée à ses cordes. C’est pourquoi mon âme le félicite de ses sentiments envers Dieu, dont je sais qu’ils sont vertueux et parfaits, de sa fermeté et de sa douceur, qui sont parfaitement conformes à la sérénité du Dieu vivant.
Aussi, vous qui êtes enfants de la lumière de vérité, fuyez les divisions et les doctrines mauvaises : là où est votre berger, suivez-le, puisque vous êtes ses brebis.
Tous ceux qui appartiennent à Dieu et à Jésus Christ, ceux-là sont avec l’évêque ; tous ceux qui se repentiront et reviendront à l’unité, ceux-là aussi appartiendront à Dieu pour vivre selon Jésus Christ. Ne vous y trompez pas, mes frères : si quelqu’un suit un auteur de division, il n’héritera pas le royaume de Dieu ; si quelqu’un se conduit selon une doctrine étrangère celui-là ne s’accorde pas avec la passion du Christ.
Ayez donc soin de ne participer qu’à une seule Eucharistie ; car il n’y a qu’une seule chair de notre Seigneur Jésus Christ, et une seule coupe pour nous unir à son sang, un seul autel comme un seul évêque, avec le presbytérium et les diacres, mes compagnons de service ; ainsi, tout ce que vous faites, faites-le selon Dieu.
Mes frères, je déborde d’amour pour vous, et c’est dans la joie la plus grande que je cherche à vous affermir, non pas moi, mais Jésus Christ. Enchaîné pour lui, je crains davantage, en pensant que je suis encore imparfait. Mais votre prière me rendra parfait pour Dieu, afin que j’obtienne l’héritage qui m’est attribué par miséricorde, en me réfugiant dans le salut annoncé par l’Évangile comme dans la chair de Jésus Christ, et auprès des Apôtres comme dans le presbytérium de l’Église.
– LETTRE DE SAINT IGNACE D’ANTIOCHE AUX PHILADELPHIENS