Le baptême, entrée dans l’humanité nouvelle

chris-bapteme Le baptême, entrée dans l’humanité nouvelle

Le péché d’Adam s’était communiqué à tout le genre humain. Comme dit l’Apôtre : Par un seul homme, le péché est entré dans le monde, et par le péché est venue la mort ; ainsi la mort est passée en tous les hommes. Donc, il est nécessaire que la justice du Christ soit communiquée au genre humain ; et de même qu’Adam, par le péché, a perdu sa descendance, de même le Christ, par sa justice, donnera la vie à ses enfants. L’Apôtre y insiste : De même que tous sont devenus pécheurs parce qu’un seul homme a désobéi, de même tous deviendront justes parce qu’un seul homme a obéi. Comme le péché avait régné pour la mort, ainsi, par la justice, la grâce régnera pour la vie éternelle.

Quelqu’un me dira : « Mais le péché d’Adam s’est communiqué à ses descendants parce qu’ils étaient engendrés par lui ; est-ce que nous descendons du Christ, pour que nous puissions être sauvés par lui ? » Que tes pensées ne se placent pas au niveau de la chair. Tu vas voir comment nous sommes engendrés par le Christ. À la fin des temps, certes, le Christ a reçu de Marie une âme avec la chair : cette chair, il est venu la sauver, il ne l’a pas abandonnée au séjour des morts, il l’a unie à son esprit et il l’a faite sienne. Ce sont là les noces du Seigneur, qui l’ont uni à une seule chair, afin que, selon ce grand mystère, ils soient deux en une seule chair : le Christ et l’Église.

Le peuple chrétien est né de ces noces, sur lesquelles est descendu l’Esprit du Seigneur. Par l’infusion et le mélange d’une semence venue du ciel, aussitôt, avec les substances de nos âmes nous nous développons dans les entrailles de notre mère et, en grandissant dans son sein, nous vivons dans le Christ. C’est ce qui a fait dire à l’Apôtre : Le premier Adam avait reçu la vie ; le dernier Adam est un être spirituel qui donne la vie. C’est ainsi que le Christ engendre des enfants dans l’Église par ses prêtres, selon l’Apôtre : Dans le Christ, je vous ai engendrés. Et c’est ainsi que la semence du Christ, c’est-à-dire l’Esprit de Dieu, fait naître l’homme nouveau qui remue dans le sein de sa mère, qui est mis au monde dans la fontaine baptismale, par les mains du prêtre, avec la foi pour témoin.

On doit donc admettre que le Christ engendre, puisque l’Apôtre Jean le dit : Tous ceux qui l’ont reçu, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. Cela ne peut s’accomplir que par le sacrement du baptême, par la chrismation, et par l’évêque. Le baptême en effet lave les péchés ; la chrismation répand en outre le Saint-Esprit, et nous obtenons l’un et l’autre par la main et la bouche de l’évêque. C’est ainsi que l’homme tout entier naît de nouveau, et est renouvelé dans le Christ : De même que le Christ est ressuscité des morts, ainsi mènerons-nous une vie nouvelle, nous aussi, c’est-à-dire : pour qu’après avoir abandonné les erreurs de la vie ancienne , par l’Esprit, nous ayons une conduite nouvelle dans le Christ.

  • HOMÉLIE DE SAINT PACIEN DE BARCELONE
    SUR LE BAPTÊME

L’Église tirée des nations

bethleem-eglise L’Église tirée des nations
Tout ce que nous avions entendu dire, nous l’avons vu. Bienheureuse Église ! À une époque tu as entendu, à une époque tu as vu. Elle a entendu les promesses, elle voit les réalisations ; elle a entendu avec la prophétie, elle voit avec l’Évangile. Car tout ce qui s’accomplit maintenant a été prophétisé auparavant. Lève les yeux et regarde à travers le monde ; constate que ton héritage va jusqu’aux extrémités de la terre ; constate qu’elle est déjà réalisée, cette parole : Tous les rois de la terre se prosterneront devant lui, toutes les nations le serviront. Constate la réalisation de cette parole : Dieu, élève-toi sur les cieux, que ta gloire domine la terre ! Regarde celui dont les pieds et les mains ont été cloués, dont on a pu compter les os tandis qu’il était suspendu à la croix, dont les vêtements ont été tirés au sort ; constate qu’il règne, celui qu’on a vu crucifié ; constate qu’il trône dans le ciel, celui qu’on a méprisé tandis qu’il marchait sur la terre. Constate donc que ceci est réalisé : Tous les confins de la terre se souviendront, et reviendront vers le Seigneur; toutes les familles des nations se prosterneront devant lui. En voyant cela, exclame-toi joyeusement: Tout ce que nous avions entendu dire, nous l’avons vu.

C’est donc à juste titre qu’on l’appelle « Église tirée des nations ». Écoute, ma fille, et vois ; oublie ton peuple et la maison de ton père.  Écoute, et vois : d’abord écoute ce que tu ne vois pas ; ensuite tu verras ce que tu as écouté. Le Seigneur a dit : Un peuple que je ne connaissais pas s’est mis a mon service ; dès qu’il m’a entendu, il a obéi. S’il a obéi dès qu’il a entendu, c’est donc qu’il n’a pas vu. Et où s’est-elle réalisée, cette parole : Ils verront, ceux à qui on ne l’avait pas annoncé; et ils comprendront, ceux qui n’avaient pas entendu parler ? Ceux à qui les prophètes n’avaient pas été envoyés, c’est eux qui ont été les premiers à entendre et à comprendre les prophètes. Et ceux qui n’avaient pas été les premiers à entendre, dans la suite ont admiré ceux qui avaient entendu. Ceux à qui les prophètes ont été envoyés sont restés là, porteurs des livres et ne comprenant pas la vérité ; détenteurs des tables de l’alliance et ne jouissant pas de l’héritage. Mais nous, tout ce que nous avions entendu dire, nous l’avons vu. 

Dans la cité du Seigneur de l’univers, dans la cité de notre Dieu. C’est là que nous avons entendu, c’est là aussi que nous voyons. Dieu l’a fondée pour toujours.  Qu’ils ne se vantent pas, ceux qui disent : Voici que le Christ est ici, voici qu’il est là. Celui qui parle ainsi favorise la division. Or, Dieu a promis l’unité : les rois ont été rassemblés dans l’unité, ils n’ont pas été dispersés par leur désunion. Mais peut-être que cette cité qui a dominé le monde sera un jour renversée, contrairement à la parole : Dieu l’a fondée pour toujours. Si Dieu l’a fondée pour toujours, comment peux-tu craindre la chute de celui qui la soutient ?

  • SERMON DE SAINT AUGUSTIN SUR LE PSAUME 47

DIEU TE FIANCERA À LUI POUR TOUJOURS.

amos DIEU TE FIANCERA À LUI POUR TOUJOURS.

Ainsi parle le Seigneur :
2.4a-b Accusez votre mère, accusez-la, car elle n’est plus ma femme, et moi, je ne suis plus son mari ! Qu’elle écarte de son visage ses prostitutions, et d’entre ses seins, ses adultères ;
08 C’est pourquoi je vais obstruer son chemin avec des ronces, le barrer d’une barrière : elle ne trouvera plus ses sentiers.
09 Elle poursuivra ses amants sans les atteindre, elle les cherchera sans les trouver. Alors elle dira : « Je vais revenir à mon premier mari, car j’étais autrefois plus heureuse que maintenant. »
10 Elle ne savait donc pas que c’est moi qui lui avais donné le froment, le vin nouveau et l’huile fraîche, moi qui lui avais prodigué de l’argent, et l’or utilisé pour Baal !
11 C’est pourquoi je reviendrai, je reprendrai mon froment en sa saison et mon vin nouveau en son temps ; j’arracherai ma laine et mon lin dont elle couvrait sa nudité.
12 Alors je dévoilerai sa honte aux yeux de ses amants, et nul ne la délivrera de ma main.
13 Je mettrai fin à toute sa gaieté, à ses fêtes, ses nouvelles lunes, ses sabbats, et à toutes ses solennités.
14 Je dévasterai sa vigne et son figuier dont elle disait : « Ils sont à moi, c’est le salaire que m’ont donné mes amants. » Je les changerai en friche et les bêtes sauvages les dévoreront.
15 Je sévirai contre elle à cause des jours des Baals, quand elle brûlait pour eux de l’encens, se parait de ses anneaux et de son collier, et courait après ses amants. Et moi, elle m’oubliait ! – oracle du Seigneur.
16 C’est pourquoi, mon épouse infidèle, je vais la séduire, je vais l’entraîner jusqu’au désert, et je lui parlerai cœur à cœur.
17 Et là, je lui rendrai ses vignobles, et je ferai du Val d’Akor (c’est-à-dire « de la Déroute ») la porte de l’Espérance. Là, elle me répondra comme au temps de sa jeunesse, au jour où elle est sortie du pays d’Égypte.
18 En ce jour-là – oracle du Seigneur –, voici ce qui arrivera : Tu m’appelleras : « Mon époux » et non plus : « Mon Baal » (c’est-à-dire « mon maître »).
19 J’éloignerai de ses lèvres les noms des Baals, on ne prononcera plus leurs noms.
20 En ce jour-là je conclurai à leur profit une alliance avec les bêtes sauvages, avec les oiseaux du ciel et les bestioles de la terre ; l’arc, l’épée et la guerre, je les briserai pour en délivrer le pays ; et ses habitants, je les ferai reposer en sécurité.
21 Je ferai de toi mon épouse pour toujours, je ferai de toi mon épouse dans la justice et le droit, dans la fidélité et la tendresse ;
22 je ferai de toi mon épouse dans la loyauté, et tu connaîtras le Seigneur.
23 En ce jour-là je répondrai – oracle du Seigneur ; oui, je répondrai aux cieux, eux, ils répondront à l’appel de la terre ;
24 la terre répondra au froment, au vin nouveau et à l’huile fraîche, eux, ils répondront à la « Vallée-de-la-fertilité ».
25 Je m’en ferai une terre ensemencée, J’aimerai celle qu’on appelait « Pas-Aimée » et à celui qu’on appelait « Pas-mon-Peuple », je dirai : « Tu es mon peuple », et il dira : « Tu es mon Dieu !

  • OS 2, 4A-B.8-25

Ministre du sang du Christ

Fra-Angelico-Ordination-de-Saint-Laurent Ministre du sang du Christ

Aujourd’hui, l’Église de Rome nous invite à fêter le jour où le bienheureux Laurent a triomphé, jour où il a terrassé le monde furieux, où il a dédaigné le monde flatteur et ainsi a doublement vaincu le démon persécuteur. Dans l’Église de Rome, vous le savez bien, il exerçait les fonctions de diacre. C’est là qu’il présentait le sang sacré du Christ, et c’est là qu’il répandit son propre sang pour le nom du Christ. L’Apôtre saint Jean a mis en pleine clarté le mystère de la Cène du Seigneur lorsqu’il a dit : Jésus a donné sa vie pour nous ; nous aussi, nous devons donner notre vie pour nos frères. Saint Laurent a compris cela, mes frères, il l’a compris et il l’a fait ; et ce qu’il avait consommé à cette table, c’est cela qu’il a voulu apprêter. Il a aimé le Christ par sa vie, il l’a aimé par sa mort.

Et nous, mes frères, si nous aimons vraiment, nous devons imiter. Car nous ne pourrons pas produire un meilleur fruit de notre amour qu’en nous montrant nous aussi des imitateurs. Le Christ a souffert pour nous et nous a laissé son exemple pour que nous suivions ses traces. Par cette phrase, il semble que, pour l’Apôtre Pierre, le Christ a souffert seulement pour ceux qui suivent ses traces, que la passion du Christ ne sert à rien, sinon à ceux qui suivent ses traces. En effet, les saints martyrs l’ont suivi jusqu’à répandre leur sang, jusqu’à imiter sa passion ; les martyrs l’ont suivi, mais ils ne sont pas les seuls. Après leur passage, le pont n’a pas été coupé ; après qu’ils ont bu, la source n’a pas tari.

Le jardin du Seigneur, mes frères, ce jardin a toutes sortes de fleurs : non seulement les roses des martyrs, mais aussi les lis des vierges, le lierre des gens mariés, les violettes des veuves. Absolument aucune catégorie de gens, mes bien-aimés, ne doit désespérer de sa vocation : c’est pour nous que le Seigneur a souffert. C’est très véritablement qu’il est écrit de lui : Il veut que tous les hommes soient sauvés et arrivent à connaître pleinement la vérité.

Il faut donc comprendre comment, en dehors de l’effusion du sang et du risque de subir la passion, le chrétien doit suivre le Christ. L’Apôtre dit, au sujet du Christ Seigneur : Lui qui était dans la condition de Dieu, il n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être traité à l’égal de Dieu. Quelle majesté ! Mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur, devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement. Quel abaissement !

Le Christ s’est abaissé : voilà, chrétien, ce qui est à ta disposition. Le Christ s’est fait obéissant. Alors pourquoi es-tu orgueilleux ? Ensuite, après être allé jusqu’au bout de cet abaissement et avoir terrassé la mort, le Christ est monté au ciel : suivons-le. Écoutons l’Apôtre qui nous dit : Si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu.

  • HOMÉLIE DE S. AUGUSTIN

Le chemin de la lumière

91492090 Le chemin de la lumière
Voici quel est le chemin de la lumière. Si quelqu’un veut le suivre jusqu’au but qu’il s’est fixé, il doit s’appliquer avec zèle à ses œuvres. Voici donc la connaissance qui nous a été donnée pour marcher sur cette route :

Tu aimeras celui qui t’a créé, tu craindras celui qui t’a formé ; tu glorifieras celui qui t’a racheté de la mort ; tu seras simple de cœur et riche du Saint-Esprit ; tu ne t’attacheras pas à ceux qui suivent le chemin de la mort ; tu haïras tout ce qui n’est pas agréable à Dieu ; tu haïras toute hypocrisie ; tu ne t’élèveras pas toi-même, mais tu seras humble en toute chose ; tu ne t’attribueras pas la gloire ; tu n’auras pas de mauvais vouloir contre ton prochain ; tu ne t’abandonneras pas à l’arrogance.

Tu aimeras ton prochain plus que toi-même ; tu ne supprimeras pas l’enfant par avortement et tu ne le feras pas périr après sa naissance. Tu n’abandonneras pas ton autorité sur ton fils ou ta fille, mais, dès leur enfance, tu leur enseigneras la crainte du Seigneur. Tu ne convoiteras pas le bien de ton prochain ; tu ne seras pas cupide ; tu n’attacheras pas ton cœur aux orgueilleux, mais tu fréquenteras les justes et les humbles.

Tu accueilleras tout ce qui t’arrive comme un bienfait, sachant que rien ne se produit sans la volonté de Dieu. Tu ne seras pas double, ni en pensée ni en parole, car la duplicité dans le langage est un piège mortel.

Tu partageras tous tes biens avec ton prochain et tu ne diras pas que quelque chose t’appartient en propre, car, si vous possédez en commun les biens impérissables, combien plus les biens périssables ! Tu ne seras pas bavard, car la langue est un piège mortel. Autant qu’il sera possible, pour le bien de ton âme, tu seras chaste. N’aie pas la main tendue pour prendre et fermée pour donner. Tu aimeras comme la prunelle de ton œil tous ceux qui t’annonceront la parole du Seigneur.

Nuit et jour, tu te rappelleras le jour du jugement ; tu rechercheras la compagnie des saints ; chaque jour, tu chercheras à travailler par la parole, à aller porter l’exhortation en te préoccupant de sauver ton âme par le ministère de la parole, ou bien à travailler de tes mains pour racheter tes péchés.

Tu n’hésiteras pas à donner, tu donneras sans murmurer et tu connaîtras quel est celui qui récompense largement. Tu garderas ce qu’on t’a confié, sans ajouter ni retrancher. Jusqu’au bout tu haïras le mal. Tu jugeras avec justice. Tu ne provoqueras pas de divisions, mais tu rétabliras la paix en rapprochant les adversaires. Tu confesseras tes péchés. Tu ne viendras pas à la prière avec une conscience mauvaise. Tel est le chemin de la lumière.

  • DE LA LETTRE ATTRIBUÉE À BARNABÉ

PAUL MET SON ORGUEIL DANS SA FAIBLESSE.

faiblesse PAUL MET SON ORGUEIL DANS SA FAIBLESSE.

11.30 S’il faut se vanter, je me vanterai de ce qui fait ma faiblesse.
11.31 Le Dieu et Père du Seigneur Jésus sait que je ne mens pas, lui qui est béni pour les siècles.
11.32 À Damas, le représentant du roi Arétas faisait garder la ville pour s’emparer de moi ;
11.33 on m’a fait descendre par une fenêtre, dans un panier, de l’autre côté du rempart, et j’ai échappé à ses mains.
12.01 Faut-il se vanter ? Ce n’est pas utile. J’en viendrai pourtant aux visions et aux révélations reçues du Seigneur.
12.02 Je sais qu’un fidèle du Christ, voici quatorze ans, a été emporté jusqu’au troisième ciel – est-ce dans son corps ? je ne sais pas ; est-ce hors de son corps ? je ne sais pas ; Dieu le sait – ;
12.03 mais je sais que cet homme dans cet état-là – est-ce dans son corps, est-ce sans son corps ? je ne sais pas, Dieu le sait –
12.04 cet homme-là a été emporté au paradis et il a entendu des paroles ineffables, qu’un homme ne doit pas redire.
12.05 D’un tel homme, je peux me vanter, mais pour moi-même, je ne me vanterai que de mes faiblesses.
12.06 En fait, si je voulais me vanter, ce ne serait pas folie, car je ne dirais que la vérité. Mais j’évite de le faire, pour qu’on n’ait pas de moi une idée plus favorable qu’en me voyant ou en m’écoutant.
12.07 Et ces révélations dont il s’agit sont tellement extraordinaires que, pour m’empêcher de me surestimer, j’ai reçu dans ma chair une écharde, un envoyé de Satan qui est là pour me gifler, pour empêcher que je me surestime.
12.08 Par trois fois, j’ai prié le Seigneur de l’écarter de moi.
12.09 Mais il m’a déclaré : « Ma grâce te suffit, car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. » C’est donc très volontiers que je mettrai plutôt ma fierté dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ fasse en moi sa demeure.
12.10 C’est pourquoi j’accepte de grand cœur pour le Christ les faiblesses, les insultes, les contraintes, les persécutions et les situations angoissantes. Car, lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort.
12.11 Me voilà devenu insensé : c’est vous qui m’y avez forcé ! J’aurais dû plutôt être recommandé par vous ; en effet, je n’ai été en rien inférieur à ces super-apôtres, quoique je ne sois rien.
12.12 Les signes auxquels on reconnaît l’apôtre ont été mis en œuvre chez vous : toute cette persévérance, tant de signes, de prodiges, de miracles !
12.13 Que vous a-t-il manqué par rapport aux autres Églises, sinon que moi, je ne vous ai pas été à charge ? Pardonnez-moi cette injustice !

  • 2CO 11, 30-33; 12, 1-13

Paul défend son ministère.

VisionStPaul Paul défend son ministère.

10.01 Moi-même, Paul, je vous exhorte par la douceur et la bienveillance du Christ, moi si humble quand je suis devant vous, mais plein d’assurance à votre égard quand je n’y suis pas.
10.02 Je vous en prie, ne m’obligez pas à montrer, quand je viendrai, l’assurance et l’audace dont je prétends bien faire preuve contre ceux qui prétendent que nous avons une conduite purement humaine.
10.03 Notre conduite est bien une conduite d’homme, mais nous ne combattons pas de manière purement humaine.
10.04 En effet, les armes de notre combat ne sont pas purement humaines, elles reçoivent de Dieu la puissance qui démolit les forteresses. Nous démolissons les raisonnements fallacieux,
10.05 tout ce qui, de manière hautaine, s’élève contre la connaissance de Dieu, et nous capturons toute pensée pour l’amener à obéir au Christ.
10.06 Nous sommes prêts à sévir contre toute désobéissance, dès que votre obéissance à vous sera parfaite.
10.07 Regardez les choses en face. Si quelqu’un est convaincu d’appartenir au Christ, qu’il tienne compte encore de ceci : comme lui-même appartient au Christ, nous également.
10.08 Même si je suis un peu trop fier de l’autorité que le Seigneur nous a donnée sur vous pour construire et non pour démolir, je n’aurai pas à en rougir.
10.09 Je ne veux pas avoir l’air de vous effrayer par mes lettres.
10.10 « Les lettres ont du poids, dit-on, et de la force, mais sa présence physique est sans vigueur, et sa parole est nulle. »
10.11 Celui qui parle ainsi, qu’il tienne bien compte de ceci : tels nous sommes en paroles par nos lettres quand nous ne sommes pas là, tels nous serons encore en actes quand nous serons présents.
10.12 Nous n’oserions pas nous égaler ou nous comparer à des gens qui se recommandent eux-mêmes. Lorsqu’ils se prennent eux-mêmes comme unité de mesure et comme norme de comparaison, ils sont sans intelligence.
10.13 Nous n’allons pas nous vanter démesurément, mais nous garderons la mesure du domaine d’activité que Dieu nous a attribué en nous faisant parvenir aussi jusqu’à vous.
10.14 En effet, nous ne dépassons pas nos limites comme ce serait le cas si nous n’étions pas parvenus chez vous ; car, en fait, c’est bien jusqu’à vous que nous sommes arrivés pour annoncer l’Évangile du Christ.
10.15 Nous ne tirons pas du labeur des autres l’occasion de nous vanter démesurément, mais, avec la croissance de votre foi, nous espérons voir honorer de plus en plus notre ministère auprès de vous, sans quitter notre domaine,
10.16 et porter l’Évangile au-delà de chez vous, sans nous vanter de travaux déjà faits sur le domaine des autres.
10.17 Celui qui veut être fier qu’il mette sa fierté dans le Seigneur.
10.18 Celui dont on reconnaît la valeur n’est pas celui qui se recommande lui-même, c’est celui que le Seigneur recommande.
11.01 Pourriez-vous supporter de ma part un peu de folie ? Oui, de ma part, vous allez le supporter,
11.02 à cause de mon amour jaloux qui est l’amour même de Dieu pour vous. Car je vous ai unis au seul Époux : vous êtes la vierge pure que j’ai présentée au Christ.
11.03 Mais j’ai bien peur qu’à l’exemple d’Ève séduite par la ruse du serpent, votre intelligence des choses ne se corrompe en perdant la simplicité et la pureté qu’il faut avoir à l’égard du Christ.
11.04 En effet, si le premier venu vous annonce un autre Jésus, un Jésus que nous n’avons pas annoncé, si vous recevez un esprit différent de celui que vous avez reçu, ou un Évangile différent de celui que vous avez accueilli, vous le supportez fort bien !
11.05 J’estime, moi, que je ne suis inférieur en rien à tous ces super-apôtres.
11.06 Je ne vaux peut-être pas grand-chose pour les discours, mais pour la connaissance de Dieu, c’est différent : nous vous l’avons montré en toute occasion et de toutes les façons.

  • 2Co 10, 1-18; 11, 1-6

PLAIRE AU CHRIST ET ANNONCER UN MONDE NOUVEAU

St-Paul PLAIRE AU CHRIST ET ANNONCER UN MONDE NOUVEAU

01 Nous le savons, en effet, même si notre corps, cette tente qui est notre demeure sur la terre, est détruit, nous avons un édifice construit par Dieu, une demeure éternelle dans les cieux qui n’est pas l’œuvre des hommes.
02 En effet, actuellement nous gémissons dans l’ardent désir de revêtir notre demeure céleste par-dessus l’autre,
03 si toutefois le Seigneur ne doit pas nous trouver dévêtus mais vêtus de notre corps.
04 En effet, nous qui sommes dans cette tente, notre corps, nous sommes accablés et nous gémissons, car nous ne voudrions pas nous dévêtir, mais revêtir un vêtement par-dessus l’autre, pour que notre être mortel soit absorbé par la vie.
05 Celui qui nous a formés pour cela même, c’est Dieu, lui qui nous a donné l’Esprit comme première avance sur ses dons.
06 Ainsi, nous gardons toujours confiance, tout en sachant que nous demeurons loin du Seigneur, tant que nous demeurons dans ce corps ;
07 en effet, nous cheminons dans la foi, non dans la claire vision.
08 Oui, nous avons confiance, et nous voudrions plutôt quitter la demeure de ce corps pour demeurer près du Seigneur.
09 Mais de toute manière, que nous demeurions dans ce corps ou en dehors, notre ambition, c’est de plaire au Seigneur.
10 Car il nous faudra tous apparaître à découvert devant le tribunal du Christ, pour que chacun soit rétribué selon ce qu’il a fait, soit en bien soit en mal, pendant qu’il était dans son corps.
11 Sachant donc ce qu’est la crainte du Seigneur, nous cherchons à convaincre les hommes, et nous sommes à découvert devant Dieu. J’espère bien être aussi à découvert devant vos consciences.
12 Il ne s’agit pas de nous recommander à vous une fois de plus, mais de vous donner l’occasion d’être fiers de nous, pour que vous ayez de quoi répondre à ceux qui mettent leur fierté dans les apparences, et non dans le cœur.
13 Si nous avons perdu la tête, c’est pour Dieu ; si nous sommes raisonnables, c’est pour vous.
14 En effet, l’amour du Christ nous saisit quand nous pensons qu’un seul est mort pour tous, et qu’ainsi tous ont passé par la mort.
15 Car le Christ est mort pour tous, afin que les vivants n’aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes, mais sur lui, qui est mort et ressuscité pour eux.
16 Désormais nous ne regardons plus personne d’une manière simplement humaine : si nous avons connu le Christ de cette manière, maintenant nous ne le connaissons plus ainsi.
17 Si donc quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né.
18 Tout cela vient de Dieu : il nous a réconciliés avec lui par le Christ, et il nous a donné le ministère de la réconciliation.
19 Car c’est bien Dieu qui, dans le Christ, réconciliait le monde avec lui : il n’a pas tenu compte des fautes, et il a déposé en nous la parole de la réconciliation.
20 Nous sommes donc les ambassadeurs du Christ, et par nous c’est Dieu lui-même qui lance un appel : nous le demandons au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu.
21 Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché, afin qu’en lui nous devenions justes de la justice même de Dieu.

  • L’AMBITION DE PAUL ( 2CO 5, 1-21 ) 

LA NATIVITÉ DE LA VIERGE MARIE

nativite-vierge LA NATIVITÉ DE LA VIERGE MARIE

Puisque la Vierge Mère de Dieu devait naître de sainte Anne, la nature n’a pas osé anticiper sur la grâce : la nature demeura stérile jusqu’à ce que la grâce eût porté son fruit. Il fallait qu’elle naisse la première, celle qui devait enfanter le premier-né antérieur à toute créature, en qui tout subsiste.

Joachim et Anne, heureux votre couple ! Toute la création est votre débitrice. C’est par vous, en effet, qu’elle a offert au Créateur le don supérieur à tous les dons, une mère toute sainte, seule digne de celui qui l’a créée.

Réjouis-toi, Anne, la stérile, toi qui n’enfantais pas ; éclate en cris de joie, toi qui n’as pas connu les douleurs. Réjouis-toi, Joachim : par ta fille un enfant nous est né, un fils nous a été donné. On proclame son nom : Messager du grand dessein de Dieu, qui est le salut de tout l’univers, Dieu fort. ~ Oui, cet enfant est Dieu.

Joachim et Anne, heureux votre couple, et parfaitement pur ! On vous a reconnus grâce à votre fruit, selon cette parole du Seigneur : Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Vous avez eu une conduite agréable à Dieu et digne de celle que vous avez engendrée. À cause de votre vie chaste et sainte, vous avez produit le joyau de la virginité, celle qui devait être vierge avant l’enfantement, vierge en mettant au monde, vierge après la naissance ; la seule toujours Vierge d’esprit, d’âme et de corps.

Joachim et Anne, couple très chaste ! ~ En observant la chasteté, cette loi de la nature, vous avez mérité ce qui dépasse la nature : vous avez engendré pour le monde celle qui sera, sans connaître d’époux, la Mère de Dieu. En menant une vie pieuse et sainte dans la nature humaine, vous avez engendré une fille supérieure aux anges, qui est maintenant la Souveraine des anges. Enfant très gracieuse et très douce ! ~ Fille d’Adam et Mère de Dieu ! Heureux ton père et ta mère ! Heureux les bras qui t’ont portée ! Heureuses les lèvres qui, seules, ont reçu tes chastes baisers pour que tu demeures toujours parfaitement vierge. ~ Acclamez Dieu, terre entière, sonnez, dansez, jouez. Élevez la voix, élevez-la, ne craignez pas.

  • HOMÉLIE DE S JEAN DE DAMAS
    POUR LA NATIVITÉ DE LA VIERGE MARIE

Commentaire de Saint Jean Chrysostome sur l’Evangile de Matthieu

saint-jean-chrysostome Commentaire de Saint Jean Chrysostome sur l’Evangile de Matthieu

Les fils de Zébédée pressent vivement le Christ par ces paroles : Ordonne que nous siégions l’un à ta droite et l’autre à ta gauche. Que répond-il ? Pour leur montrer que leur demande n’a rien de spirituel et que, s’ils avaient su ce qu’ils demandaient, ils n’auraient jamais osé le demander, il leur dit : Vous ne savez pas ce que vous demandez, combien c’est grand, combien c’est étonnant, combien cela dépasse même les puissances d’en haut. Puis il ajoute : Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire, recevoir le baptême dans lequel je vais être plongé ? ~ Il veut dire : « Vous discutez avec moi d’honneurs et de couronnes ; moi je vous parle de combats et de sueurs. Ce n’est pas maintenant le moment des récompenses, et ce n’est pas maintenant que ma gloire va se manifester, mais ce qui est imminent, ce sont les meurtres, les combats et les dangers. »
Et voyez de quelle manière il les exhorte et les entraîne à demander ce qu’il faut. Il ne leur dit pas : « Pouvez-vous affronter la mort violente ? Pouvez-vous verser votre sang ? » Mais : Pouvez-vous boire à la coupe, et il ajoute pour les attirer : celle que je vais boire ? afin qu’ils désirent être en communion avec lui. En outre, il appelle cela un baptême pour montrer que ce sera la grande purification du monde entier.

Ils répondent : Nous le pouvons. Immédiatement, ils font cette promesse dans l’enthousiasme, sans savoir ce qu’ils disent, mais dans l’attente d’obtenir ce qu’ils ont demandé.

Jésus réplique : La coupe que je vais boire, vous y boirez ; et le baptême dans lequel je vais être plongé, vous le recevrez. Ce sont de grands biens qu’il leur prédisait là. Autrement dit : « Vous mériterez le martyre, et vous souffrirez comme moi ; vous terminerez votre vie par une mort violente et tout cela vous fera communier avec moi. Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, il ne m’appartient pas de l’accorder ; il y a ceux pour qui ces places sont préparées par mon Père. » Après avoir relevé leurs esprits, les avoir fait passer à un plan supérieur et leur avoir fait surmonter la tristesse, alors seulement il redresse leur demande.

Les dix autres s’indignèrent contre les deux frères. ~ Vois-tu combien ils étaient tous imparfaits : les deux qui voulaient s’élever aux dépens des dix autres, et ceux-ci qui jalousaient les deux frères ? Mais, comme je l’ai dit, montre-moi ce qu’ils sont devenus ensuite et tu verras qu’ils ont été délivrés de tous ces mauvais sentiments. Tu apprendras donc que ce même saint Jean, celui qui s’est avancé pour cette demande, ménage toujours la première place à Pierre, lorsque celui-ci discourt et fait des miracles, selon les Actes des Apôtres. ~ Quant à saint Jacques, il n’a pas survécu longtemps. Dès le début, il brûlait de ferveur, et dans son mépris extraordinaire des intérêts humains, il s’est élevé à un tel sommet qu’il fut aussitôt mis à mort.

  • HOMÉLIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME
    SUR L’ÉVANGILE DE MATTHIEU