Le symbolisme de l’onction et des vêtements blancs

colombe Le symbolisme de l’onction et des vêtements blancs
Après le bain du baptême, tu es monté auprès de l’évêque. Pense à ce qui a suivi. N’est-ce pas ce que dit David : Comme le parfum sur la tête, qui descend sur la barbe, sur la barbe d’Aaron ? C’est le parfum dont parle Salomon : Ton nom est un parfum qui se répand : c’est pourquoi les jeunes filles t’ont aimé et attiré. Combien d’âmes renouvelées aujourd’hui t’ont-elles aimé. Seigneur Jésus, en disant : Attire-nous derrière toi, nous accourrons à l’odeur de tes vêtements, pour aspirer l’odeur de la résurrection ?

Comprends le sens de ce rite : le parfum coule sur la barbe, c’est-à-dire sur la grâce de la jeunesse et sur la barbe d’Aaron, pour que tu deviennes une race élue, sacerdotale, précieuse. Car nous recevons tous l’onction de la grâce spirituelle en vue du royaume de Dieu et du sacerdoce.

Ensuite tu as reçu ces vêtements blancs que tu portes, pour signifier que tu as dépouillé l’enveloppe du péché et revêtu les vêtements purs de l’innocence, dont parle le prophète :Tu m’aspergeras avec l’hysope, et je serai purifié ; tu me laveras, et je deviendrai plus blanc que neige. On le voit en effet, selon la Loi et selon l’Évangile : celui qui est baptisé se montre purifié. Selon la Loi, parce que Moïse employait une touffe d’hysope pour asperger avec le sang de l’agneau. Selon l’Évangile, parce que le Christ avait des vêtements blancs comme neige, quand il fit voir, dans l’évangile de la Transfiguration, la gloire de sa résurrection. Il devient plus blanc que neige, celui dont la faute est pardonnée. C’est pourquoi le Seigneur dit par la bouche d’Isaïe : Si vos péchés sont comme la pourpre, je les rendrai blancs comme neige.

L’Église, qui porte ces vêtements blancs pour les avoir endossés grâce au bain de la nouvelle naissance, dit dans le Cantique des cantiques : Je suis noire et belle, filles de Jérusalem. Noire par la fragilité de la nature humaine, belle par la grâce ; noire parce que composée de pécheurs, belle par le sacrement de la foi. En voyant ces vêtements, les filles de Jérusalem disent, dans leur stupéfaction : Qui est celle-ci qui monte toute blanche ? Elle qui était noire, comment est-elle devenue blanche tout à coup ?

Quant au Christ, voyant son Église en vêtements blancs — c’est pour elle, dit le prophète Zacharie, qu’il avait pris des vêtements sales —, ou bien voyant l’âme purifiée et lavée par le sacrement de la nouvelle naissance, il lui dit : Que tu es belle, mon amie, que tu es belle : tes yeux sont beaux comme ceux de la colombe, cette colombe dont le Saint-Esprit avait pris l’apparence pour descendre du ciel.

Aussi rappelle-toi que tu as reçu l’empreinte de l’Esprit : Esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de piété, esprit de crainte religieuse, et garde bien ce que tu as reçu. Dieu le Père t’a marqué de son empreinte, le Christ Seigneur t’a confirmé, et il a mis l’Esprit dans ton cœur, comme un premier don, ainsi que tu l’as appris par la lecture de l’Apôtre.

  • TRAITÉ DE SAINT AMBROISE SUR LES MYSTÈRES

Préfigurations bibliques du baptême

nuee Préfigurations bibliques du baptême

Saint Paul nous enseigne que nos ancêtres ont tous été sous la protection de la colonne de nuée, qu’ils ont tous passé la mer Rouge et que tous, en Moïse, ont été baptisés dans la nuée et dans la mer. Puis Moïse lui-même dit, dans son cantique : Tu as envoyé ton souffle (ton Esprit) et la mer les a recouverts. Remarque-le : dans ce passage des Hébreux, déjà, se trouve une préfiguration du baptême ; l’Égyptien y a trouvé la mort, et l’Hébreu, la libération. Ce que nous apprenons chaque jour par ce mystère, c’est évidemment que le péché est englouti et l’erreur détruite, alors que la piété et l’innocence font la traversée complète.

Tu entends annoncer que nos ancêtres ont été sous la nuée. Une nuée bienfaisante, qui refroidit le feu des passions charnelles ; une nuée bienfaisante, qui couvre de son ombre ceux que l’Esprit Saint visite. Ainsi est-il venu sur la Vierge Marie et la puissance du Très-Haut l’a-t-elle prise sous son ombre, lorsqu’elle engendra la rédemption pour le genre humain : c’est le miracle qui fut accompli par Moïse de façon figurative. Si l’Esprit était alors préfiguré, n’est-il pas réellement présent puisque l’Écriture te dit : La Loi a été communiquée par Moïse, mais la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ.

La source de Mara était amère ; Moïse y jeta du bois et elle devint douce. En effet, sans l’invocation de la croix du Seigneur, l’eau n’est d’aucune utilité pour le salut futur ; mais lorsqu’elle a été consacrée par le mystère de la croix qui donne le salut, elle est toute prête pour fournir le bain spirituel et la boisson du salut. Donc, de même que Moïse, de façon prophétique, mit le bois dans cette source d’autrefois, ainsi l’évêque prononce sur la source que nous voyons l’invocation de la croix du Seigneur, et l’eau devient douce pour donner la grâce.

N’en crois donc pas seulement les yeux de ton corps : on voit mieux ce qui ne se voit pas, parce que cela est provisoire, et ceci éternel. On distingue mieux ce qui n’est pas visible par les yeux, mais découvert par l’esprit et l’âme.

Puis, laisse-toi instruire par la lecture du livre des Rois. Naaman était Syrien, il avait la lèpre et ne pouvait en être purifié par personne. Alors une jeune prisonnière dit qu’il y avait en Israël un prophète qui pourrait le purifier de son mal. Il prit, dit le texte, de l’or et de l’argent et se rendit auprès du roi d’Israël. Celui-ci, apprenant le motif de cette visite, déchira ses vêtements en disant que c’était de la provocation que de lui demander ce qui n’est pas au pouvoir d’un roi. Mais Élisée fit dire au roi de lui envoyer le Syrien, pour que celui-ci reconnût qu’il y avait un Dieu en Israël. Et quand Naaman fut arrivé, Élisée lui ordonna de se baigner sept fois dans le Jourdain. Alors Naaman se mit à réfléchir : les fleuves de sa patrie avaient une eau meilleure, dans laquelle il s’était souvent baigné sans être jamais purifié de sa lèpre. C’est ce qui le retint d’obéir aux ordres du prophète. Mais il céda aux avis et aux exhortations de ses serviteurs, il se baigna et, purifié aussitôt, comprit que la purification de chacun ne vient pas de l’eau, mais de la grâce. ~

Il a douté avant d’être guéri ; toi, qui es déjà guéri, tu ne dois pas douter.

  • TRAITÉ DE SAINT AMBROISE SUR LES MYSTÈRES

SAMUEL CONFÈRE L’ONCTION ROYALE À DAVID.

Felix-Joseph_Barrias SAMUEL CONFÈRE L’ONCTION ROYALE À DAVID.

01 Le Seigneur dit à Samuel : « Combien de temps encore seras-tu en deuil à cause de Saül ? Je l’ai rejeté pour qu’il ne règne plus sur Israël. Prends une corne que tu rempliras d’huile, et pars ! Je t’envoie auprès de Jessé de Bethléem, car j’ai vu parmi ses fils mon roi. »
02 Samuel répondit : « Comment faire ? Saül va le savoir, et il me tuera. » Le Seigneur reprit : « Emmène avec toi une génisse, et tu diras que tu viens offrir un sacrifice au Seigneur.
03 Tu convoqueras Jessé au sacrifice ; je t’indiquerai moi-même ce que tu dois faire et tu me consacreras par l’onction celui que je te désignerai. »
04 Samuel fit ce qu’avait dit le Seigneur. Quand il parvint à Bethléem, les anciens de la ville allèrent à sa rencontre en tremblant, et demandèrent : « Est-ce pour la paix que tu viens ? »
05 Samuel répondit : « Oui, pour la paix. Je suis venu offrir un sacrifice au Seigneur. Purifiez-vous, et vous viendrez avec moi au sacrifice. » Il purifia Jessé et ses fils, et les convoqua au sacrifice.
06 Lorsqu’ils arrivèrent et que Samuel aperçut Éliab, il se dit : « Sûrement, c’est lui le messie, lui qui recevra l’onction du Seigneur ! »
07 Mais le Seigneur dit à Samuel : « Ne considère pas son apparence ni sa haute taille, car je l’ai écarté. Dieu ne regarde pas comme les hommes : les hommes regardent l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur. »
08 Jessé appela Abinadab et le présenta à Samuel, qui dit : « Ce n’est pas lui non plus que le Seigneur a choisi. »
09 Jessé présenta Shamma, mais Samuel dit : « Ce n’est pas lui non plus que le Seigneur a choisi. »
10 Jessé présenta ainsi à Samuel ses sept fils, et Samuel lui dit : « Le Seigneur n’a choisi aucun de ceux-là. »
11 Alors Samuel dit à Jessé : « N’as-tu pas d’autres garçons ? » Jessé répondit : « Il reste encore le plus jeune, il est en train de garder le troupeau. » Alors Samuel dit à Jessé : « Envoie-le chercher : nous ne nous mettrons pas à table tant qu’il ne sera pas arrivé. »
12 Jessé le fit donc venir : le garçon était roux, il avait de beaux yeux, il était beau. Le Seigneur dit alors : « Lève-toi, donne-lui l’onction : c’est lui ! »
13 Samuel prit la corne pleine d’huile, et lui donna l’onction au milieu de ses frères. L’Esprit du Seigneur s’empara de David à partir de ce jour-là. Quant à Samuel, il se mit en route et s’en revint à Rama.

  • 1S 16, 1-13

En toi est la source de vie.

 arbredevie En toi est la source de vie.

Considère attentivement, toi qui as été racheté, quel est celui qui, pour toi, est suspendu à la Croix, quelle est sa grandeur, quelle est sa sainteté, lui dont la mort rend la vie à ceux qui sont morts, lui dont le trépas met en deuil le ciel et la terre, et fait se briser les pierres les plus dures.

Pour que, du côté du Christ endormi sur la Croix, surgisse l’Église, et pour que soit accomplie la parole de l’Écriture : Ils contempleront celui qu’ils ont transpercé, la sagesse divine a bien voulu que la lance d’un soldat ouvre et transperce ce côté. Il en sortit du sang et de l’eau, et c’était le prix de notre salut qui s’écoulait ainsi. Jailli de sa source, c’est-à-dire du plus profond du cœur du Christ, il donne aux sacrements de l’Église le pouvoir de conférer la vie de la grâce et, à ceux qui ont déjà en eux la vie du Christ, il donne à boire de cette eau vive qui jaillit jusque dans la vie éternelle.

Debout ! toi qui es aimé du Christ, sois donc comme la colombe qui fait son nid sur le bord de l’abîme. Et là, comme l’oiseau qui a trouvé un nid, ne te relâche pas de ta vigilance ; là, comme la tourterelle, viens cacher les enfants de ton amour chaste, et de cette plaie approche tes lèvres pour puiser de l’eau à la source du Sauveur. C’est là qu’on trouve la source qui jaillissait au milieu du Paradis et qui, se partageant en quatre bras puis répandue dans les cœurs aimants, arrose et féconde la terre tout entière.

À cette source de vie et de lumière, accours donc, animé d’un brûlant désir, qui que tu sois, toi qui es donné à Dieu, et de toute ta force, du plus profond de ton cœur, crie vers lui : O beauté ineffable du Dieu très-haut, éclat très pur de l’éternelle lumière, vie qui communique la vie à tous les vivants, lumière qui donne son éclat à toute lumière, toi qui conserves dans leur immuable splendeur et leur diversité les astres qui brillent, depuis la première aurore, devant le trône de ta divinité !

O jaillissement éternel et inaccessible, plein de lumière et de douceur, de cette source cachée à tous les regards humains ! profondeur sans fond, hauteur sans limite, grandeur incommensurable et pureté inviolable !

C’est de toi que coule ce fleuve qui réjouit la cité de Dieu et c’est grâce à toi qu’aux accents des acclamations et des actions de grâce, nous pouvons te chanter le cantique de louange, car nous pouvons témoigner, par expérience, qu’en toi est la source de la vie, et que par ta lumière, nous verrons la lumière.

  • L’ARBRE DE VIE, PAR SAINT BONAVENTURE

La grâce et la consolation constantes du Saint-Esprit.

amour-maternel La grâce et la consolation constantes du Saint-Esprit.

 

J‘implore pour vous, Madame, la grâce et la consolation constantes du Saint-Esprit. Sans doute, lorsqu’on m’a remis votre lettre, j’étais encore dans cette région des morts. Mais maintenant, eh bien, il faut aspirer au ciel, pour que nous puissions louer le Dieu éternel sur la terre des vivants. J’espérais depuis longtemps que j’accomplirais ce voyage plus tôt. Si la charité consiste, comme dit saint Paul, à pleurer avec ceux qui pleurent, à être joyeux avec ceux qui sont dans la joie, il est nécessaire, ma mère, que vous puisiez une immense joie dans le fait que, par bonté et par faveur envers vous, le Seigneur m’annonce la véritable allégresse et la paix, puisque je ne crains plus de jamais le perdre

Je vous l’avouerai, lorsque je médite sur la bonté divine, comparable à la mer qui est sans fond et sans rivage, mon âme tombe dans un abîme ; engloutie dans une telle immensité, elle me paraît s’égarer et ne savoir que répondre : comment ! le Seigneur, après un travail si bref et si mince, m’invite à l’éternel repos ! Du ciel, il m’appelle à la félicite infinie que j’ai recherchée avec tant de négligence, il veut récompenser les larmes que j’ai versées avec tant de parcimonie.

Pensez-y toujours, Madame, et prenez garde d’offenser cette bonté infinie de Dieu : c’est ce qui arriverait si vous pleuriez comme un mort celui qui va vivre en présence de Dieu et qui, par sa prière, vous aidera beaucoup plus dans vos affaires qu’il ne le ferait en cette vie. Notre séparation ne durera pas longtemps ; nous nous reverrons au ciel ; nous serons unis ensemble à l’auteur de notre salut ; de tout l’élan de notre âme, nous le louerons et nous chanterons éternellement ses miséricordes, en jouissant d’un bonheur éternel. Le Seigneur nous reprend ce qu’il nous avait prêté sans autre intention que de nous mettre dans un séjour plus tranquille et plus sûr et de nous combler des biens que nous désirions pour nous-mêmes.

Si je dis tout cela, c’est seulement pour céder à un désir qui me possède : que vous, Madame, et tout le reste de la famille, vous teniez mon départ pour un joyeux bienfait ; et que vous accompagniez de votre bénédiction maternelle celui qui fait cette traversée, jusqu’à ce que vous abordiez vous-même au rivage où résident toutes mes espérances. Je l’ai fait d’autant plus volontiers qu’il ne me restait plus rien à faire que de vous témoigner de la façon la plus évidente l’amour et le respect que je vous dois, comme un fils à sa mère.

  • DERNIÈRE LETTRE DE S. LOUIS DE GONZAGUE À SA MÈRE (10 JUIN 1591)

UN ANGE ANNONCE À GÉDÉON SA MISSION.

gedeon-ange UN ANGE ANNONCE À GÉDÉON SA MISSION.

 

01 Les fils d’Israël firent ce qui est mal aux yeux du Seigneur, et le Seigneur les abandonna à Madiane pendant sept ans.
02 Madiane imposa sa puissance à Israël. À cause de Madiane, les fils d’Israël aménagèrent dans les montagnes des failles, des grottes et des lieux escarpés.
03 Chaque fois qu’Israël avait fait les semailles, Madiane montait avec Amalec et les fils de l’Orient ; ils attaquaient Israël ;
04 ils campaient auprès d’eux et dévastaient les produits du pays jusqu’aux abords de Gaza. Ils ne laissaient à Israël ni vivres, ni moutons, ni bœufs, ni ânes ;
05 ils arrivaient avec leurs troupeaux et leurs tentes, comme une multitude de sauterelles. Eux et leurs chameaux étaient innombrables, et ils envahissaient le pays pour le ravager.
06 À cause de Madiane, Israël fut réduit à une grande misère, et les fils d’Israël crièrent vers le Seigneur.
11 L’ange du Seigneur vint s’asseoir sous le térébinthe d’Ofra, qui appartenait à Joas, de la famille d’Abiézer. Gédéon, son fils, battait le blé dans le pressoir, pour le soustraire au pillage des Madianites.
12 L’ange du Seigneur lui apparut et lui dit : « Le Seigneur est avec toi, vaillant guerrier ! »
13 Gédéon lui répondit : « Pardon, mon Seigneur ! Si le Seigneur est avec nous, pourquoi tout ceci nous est-il arrivé ? Que sont devenus tous ces prodiges que nous ont racontés nos pères ? Ils nous disaient : “Est-ce que le Seigneur ne nous a pas fait monter d’Égypte ?” Mais aujourd’hui le Seigneur nous a abandonnés, en nous livrant au pouvoir de Madiane… »
14 Alors le Seigneur regarda Gédéon et lui dit : « Avec la force qui est en toi, va sauver Israël du pouvoir de Madiane. N’est-ce pas moi qui t’envoie ? »
15 Gédéon reprit : « Pardon, mon Seigneur ! Comment sauverais-je Israël ? Mon clan est le plus faible dans la tribu de Manassé, et moi je suis le plus petit dans la maison de mon père ! »
16 Le Seigneur lui répondit : « Je serai avec toi, et tu battras les Madianites comme s’ils n’étaient qu’un seul homme. »
17 Gédéon lui dit : « Si j’ai trouvé grâce à tes yeux, donne-moi un signe que c’est bien toi qui me parles.
18 Ne t’éloigne pas d’ici avant que je revienne vers toi. Je vais chercher mon offrande et je la placerai devant toi. » Le Seigneur répondit : « Je resterai jusqu’à ton retour. »
19 Gédéon s’en alla, il prépara un chevreau, et avec une mesure de farine il fit des pains sans levain. Il mit la viande dans une corbeille, et le jus dans un pot, puis il apporta tout cela sous le térébinthe et le lui présenta.
20 L’ange de Dieu lui dit : « Prends la viande et les pains sans levain, pose-les sur ce rocher et répands le jus. » Gédéon obéit.
21 Alors l’ange du Seigneur étendit le bâton qu’il tenait à la main, et il toucha la viande et les pains sans levain. Le feu jaillit de la roche, consuma la viande et les pains sans levain, et l’ange du Seigneur disparut.
22 Alors Gédéon comprit que c’était l’ange du Seigneur, et il dit : « Malheur à moi, Seigneur mon Dieu ! Pourquoi donc ai-je vu l’ange du Seigneur face à face ? »
23 Le Seigneur lui répondit : « Que la paix soit avec toi ! Sois sans crainte ; tu ne mourras pas. »
24 À cet endroit, Gédéon bâtit un autel au Seigneur sous le vocable de Seigneur-de-la-paix. Jusqu’à ce jour, cet autel est encore à Ofra d’Abiézer.

  • JG 6, 1-6.11-24

Notre prière est publique et communautaire.

star Notre prière est publique et communautaire.

Avant tout, le Christ, Docteur de la paix et Maître de l’unité, n’a pas voulu que la prière soit individuelle et privée, comme si l’on ne priait que pour soi. Nous ne disons pas : « Mon Père, qui es aux cieux », ni : « Donne-moi aujourd’hui mon pain de ce jour». Chacun ne demande pas pour lui seul, que sa dette lui soit remise, qu’il ne soit pas soumis à la tentation et qu’il soit délivré du Mal. Notre prière est publique et communautaire, et quand nous prions, ce n’est pas pour un seul, mais pour tout le peuple, car nous, le peuple entier, nous ne faisons qu’un.

Le Dieu de la paix et le Maître de la concorde, qui nous a enseigné l’unité, a voulu qu’un seul prie pour tous comme lui-même a porté tous les hommes en lui seul. Les trois jeunes Hébreux, jetés à la fournaise, ont observé cette loi de la prière. Lorsqu’ils priaient, leurs voix n’en faisaient qu’une, leurs esprits étaient accordés, ils n’avaient qu’un seul cœur. Nous pouvons croire ce que déclare l’Écriture en nous enseignant, comment ils priaient, elle donne un exemple que nous pouvons imiter dans nos prières, pour que nous puissions être exaucés comme eux : Alors, dit-elle, tous trois, d’une seule voix, chantaient un hymne et bénissaient Dieu. Ils priaient d’une seule voix, et pourtant le Christ ne leur avait pas encore enseigné à prier. Leur prière méritait d’être exaucée, elle fut efficace parce que la faveur du Seigneur était acquise à une prière pacifique, humble et spirituelle.

Nous voyons les Apôtres prier ainsi avec les disciples, après l’ascension du Seigneur : D’un seul cœur, ils participaient fidèlement à la prière, avec quelques femmes et Marie, la mère de Jésus, et avec ses frères. D’un seul cœur, ils participaient fidèlement à la prière : l’assiduité en même temps que la concorde de leur prière montrait que Dieu, qui fait habiter dans sa maison ceux qui ont un seul cœur, n’admet dans sa demeure éternelle que ceux qui prient d’un seul cœur.

Comme les mystères de la prière du Seigneur, frères bien-aimés, sont nombreux et profonds ! Ils sont contenus dans de brèves paroles, mais avec quelle richesse de vertu spirituelle. Absolument rien n’est omis, parmi tout ce que nous pouvons demander dans la prière ; dans ce condensé de l’enseignement divin : Priez ainsi, dit le Seigneur : Notre Père qui es aux cieux.

L’homme nouveau, régénéré et rendu à son Dieu par la grâce divine, commence par dire Père, parce que désormais il est devenu fils. Le Verbe, dit saint Jean, est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçu. Mais à tous ceux qui l’ont reçu, et qui croient en son nom, il leur a donné le pouvoir de devenir fils de Dieu. Celui qui a cru en son nom et qui est devenu fils de Dieu doit donc commencer à rendre grâce et à professer qu’il est fils de Dieu, en appelant son Père le Dieu qui est aux cieux.

  • COMMENTAIRE DE SAINT CYPRIEN SUR LA PRIÈRE DU SEIGNEUR 

Puissance poétique et prophétique des psaumes.

psaume Puissance poétique et prophétique des psaumes.

Bien que toute la sainte Écriture exhale la grâce, c’est surtout vrai du savoureux livre des psaumes. En effet, Moïse lui-même, qui nous a raconté en prose l’histoire des anciens, lorsqu’il a fait passer la mer Rouge à leur peuple par une merveille mémorable, voyant le roi Pharaon s’engloutir avec ses troupes, dépassa encore son génie (parce qu’il avait réalisé ce qui dépassait les forces humaines) et chanta au Seigneur un cantique triomphal. Sa sœur Marie, prenant à son tour le tambourin, excitait ses compagnes en disant : Chantons le Seigneur, il s’est couvert de gloire ; le cheval et le guerrier, il les a jetés à la mer.

L’histoire éduque, la loi enseigne, la prophétie annonce, la réprimande châtie, la morale persuade : dans le livre des psaumes, on trouve l’avancement de tous et comme un remède pour la santé du genre humain. Il suffit de les lire pour avoir de quoi guérir les blessures de sa souffrance par un remède approprié. Il suffit de vouloir les considérer pour découvrir, comme dans un gymnase ouvert à toutes les âmes et comme dans un stade consacré à l’exercice des vertus, les différents genres de combats qui nous attendent ; et l’on peut y choisir celui auquel on se juge le plus apte et par lequel on remportera plus facilement la couronne.

Si quelqu’un cherche à récapituler l’histoire des anciens et veut en suivre les exemples, il possède, résumé dans un seul psaume, tout l’enchaînement de cette histoire, afin de garder ce trésor dans sa mémoire grâce au résumé fourni par cette lecture. Si quelqu’un veut découvrir la force de la loi, qui réside tout entière dans ce lien qu’est la charité (car celui qui aime son prochain a parfaitement accompli la loi), qu’il lise dans les psaumes avec quel amour du prochain, pour repousser l’injure faite à tout le peuple, un seul homme s’expose à de grands dangers ; il y découvrira que la gloire de l’amour n’est pas inférieure au triomphe de la bravoure.

Quant à la vigueur de la prophétie, que puis-je en dire ? Ce que d’autres ont annoncé de façon énigmatique, ne semble avoir été promis de façon publique et évidente qu’au seul David, à savoir que le Seigneur Jésus naîtrait de sa descendance, car le Seigneur lui a dit : C’est le fruit de tes entrailles que je mettrai sur ton trône. Aussi dans les psaumes ne voyons-nous pas seulement Jésus qui naît pour nous ; en outre, il y endure dans son corps cette passion qui nous sauve, il s’y endort dans la mort, il ressuscite, il monte au ciel, il s’assied à la droite du Père. Ce que personne parmi les hommes n’avait eu l’audace de dire, ce prophète est le seul à l’avoir annoncé ici ; et plus tard, c’est le Seigneur lui-même qui l’a proclamé dans l’Évangile.

  • COMMENTAIRE DE SAINT AMBROISE SUR LE PSAUME

TOUTES LES MERVEILLES DE L’EXODE SE RENOUVELLENT

BIB_MosesSpeech9 TOUTES LES MERVEILLES DE L’EXODE SE RENOUVELLENT

3.01 Josué se leva de bon matin et partit de Shittim avec tous les fils d’Israël. Ils allèrent jusqu’au bord du Jourdain. Ils y passèrent la nuit avant de traverser.
3.02 Au bout de trois jours, les scribes du peuple parcoururent le camp
3.03 pour lui donner cet ordre : « Quand vous verrez l’arche de l’Alliance du Seigneur votre Dieu et les prêtres lévites qui la portent, vous quitterez le lieu où vous êtes et vous la suivrez.
3.04 Mais gardez avec elle une distance d’environ deux mille coudées, ne l’approchez pas. Vous la suivrez pour connaître le chemin à prendre, car vous n’êtes jamais passés par ce chemin ni hier, ni avant-hier. »
3.05 Puis Josué dit au peuple : « Sanctifiez-vous, car demain le Seigneur fera des merveilles au milieu de vous. »
3.06 Et il dit aux prêtres : « Prenez l’arche d’Alliance et passez en tête du peuple. » Ils portèrent l’arche d’Alliance et avancèrent à la tête du peuple.
3.07 Le Seigneur dit à Josué : « Aujourd’hui, je vais commencer à te grandir devant tout Israël, pour qu’il sache que je suis avec toi comme j’ai été avec Moïse.
3.08 Toi, tu donneras cet ordre aux prêtres qui portent l’arche d’Alliance : “Lorsque vous serez arrivés au bord du Jourdain, vous vous arrêterez dans le lit du fleuve.” »
3.09 Josué dit ensuite aux fils d’Israël : « Approchez, écoutez les paroles du Seigneur votre Dieu.
3.10 À ceci, vous reconnaîtrez que le Dieu vivant est au milieu de vous, et qu’il vous mettra en possession du pays des Cananéens, des Hittites, des Hivvites, des Perizzites, des Guirgashites, des Amorites et des Jébuséens :
3.11 voici que l’arche de l’Alliance du Seigneur de toute la terre va passer le Jourdain devant vous.
3.12 Et maintenant, prenez douze hommes parmi les tribus d’Israël, un homme par tribu.
3.13 Aussitôt que les prêtres qui portent l’arche du Seigneur de toute la terre auront posé la plante de leurs pieds dans les eaux du Jourdain, les eaux qui sont en amont seront coupées, et elles s’arrêteront en formant une seule masse. »
3.14 Quand le peuple leva le camp pour passer le Jourdain, les prêtres portaient l’arche d’Alliance en tête du peuple.
3.15 Or, le Jourdain coule à pleins bords pendant toute la saison des moissons. Dès que les prêtres qui portaient l’arche furent arrivés au Jourdain, et que leurs pieds touchèrent l’eau,
3.16 les eaux s’arrêtèrent en amont et se dressèrent comme une seule masse sur une grande distance, à partir d’Adame, ville voisine de Sartane ; et en aval, les eaux achevèrent de s’écouler vers la mer de la Araba, la mer Morte. Le peuple traversa à la hauteur de Jéricho.
3.17 Les prêtres qui portaient l’arche de l’Alliance du Seigneur restèrent immobiles, sur la terre sèche, au milieu du Jourdain. Alors tout Israël traversa à pied sec, jusqu’à ce que toute la nation eût fini de passer le Jourdain.
4.14 En ce jour-là, le Seigneur grandit Josué aux yeux de tout Israël, et on le craignit comme on avait craint Moïse, tous les jours de sa vie.
4.15 Le Seigneur dit à Josué :
4.16 « Ordonne aux prêtres qui portent l’arche du Témoignage de remonter du Jourdain. »
4.17 Et Josué ordonna aux prêtres : « Remontez du Jourdain. »
4.18 Or, dès que les prêtres qui portaient l’arche de l’Alliance du Seigneur remontèrent du milieu du Jourdain – dès qu’ils en détachèrent la plante de leurs pieds pour gagner la terre sèche –, les eaux du Jourdain reprirent leur place et coulèrent, comme auparavant, tout au long de ses rives.
4.19 Le peuple remonta du Jourdain le dix du premier mois. Ils campèrent à Guilgal, à l’extrémité orientale de Jéricho.
5.10 Les fils d’Israël campèrent à Guilgal et célébrèrent la Pâque le quatorzième jour du mois, vers le soir, dans la plaine de Jéricho.
5.11 Le lendemain de la Pâque, en ce jour même, ils mangèrent les produits de cette terre : des pains sans levain et des épis grillés.
5.12 À partir de ce jour, la manne cessa de tomber, puisqu’ils mangeaient des produits de la terre. Il n’y avait plus de manne pour les fils d’Israël, qui mangèrent cette année-là ce qu’ils récoltèrent sur la terre de Canaan.

  • JOS 3, 1-17 ; 4, 14-19 ; 5, 10-12

Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi.

christ Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi.

Vous n’avez jamais jalousé personne et vous avez enseigné les autres. Moi, je veux que les prescriptions de votre enseignement gardent leur vigueur. Demandez seulement pour moi la force intérieure et extérieure, afin que je n’aie pas seulement la parole, mais la volonté ; afin que je n’aie pas seulement la réputation d’être chrétien, mais la réalité. Si j’en ai la réalité, alors je pourrai en avoir la réputation et être un vrai croyant, quand je ne serai plus visible pour le monde. Rien de ce qui se fait voir n’est bon. Ainsi notre Dieu Jésus Christ se manifeste davantage maintenant qu’il est retourné au Père. Et quand le christianisme est haï par le monde, on voit bien qu’il n’est pas une œuvre de persuation humaine, mais de puissance divine.

Quand à moi, j’écris à toutes les Églises et je dis à tout le monde que je mourrai volontiers pour Dieu, si du moins vous-mêmes ne m’en empêchez pas. Je vous en supplie, n’ayez pas envers moi une bienveillance malencontreuse. Laissez-moi devenir la pâture des bêtes, grâce auxquelles on peut rejoindre Dieu. Je suis le froment de Dieu et je serai moulu par la dent des bêtes pour qu’on reconnaisse en moi le pain très pur du Christ.

Flattez plutôt les bêtes pour qu’elles deviennent mon tombeau, qu’elles ne laissent rien de mon corps et qu’après ma mort je ne sois une charge pour personne. C’est alors que je serai vraiment disciple de Jésus Christ, lorsque le monde ne verra même plus mon corps.

Implorez le Christ pour moi, afin que par l’action des bêtes je sois une victime offerte à Dieu. Je ne vous donne pas des ordres, comme Pierre et Paul. Ils étaient des Apôtres, et je suis un condamné ; ils étaient libres, et je suis un esclave jusqu’à présent. Mais si je souffre, je deviendrai un affranchi de Jésus Christ et je ressusciterai libre en lui. Enchaîné pour le moment, j’apprends à ne rien désirer.

Depuis la Syrie jusqu’à Rome, je combats contre les bêtes, sur terre et sur mer, nuit et jour, enchaîné à dix léopards, c’est-à-dire à un détachement de soldats. Quand on leur fait du bien, ils deviennent pires. Par leurs mauvais traitements je deviens davantage un disciple, mais ce n’est pas pour cela que je suis juste. Je voudrais profiter des bêtes qui sont préparées pour moi et je souhaite qu’elles m’expédient rapidement. Et je les flatterai pour qu’elles me dévorent sans tarder, contrairement à certains qu’elles n’ont pas osé toucher. Et si elles montrent de la mauvaise volonté, moi je les forcerai. Pardonnez-moi : je sais ce qu’il me faut. C’est maintenant que je commence à être un disciple. Que rien, parmi les êtres visibles ou invisibles, ne m’empêche par jalousie de rejoindre le Christ. Supplice du feu, croix, combats de bêtes, lacérations, écartèlement, dislocation des os, mutilation des membres, broiement de tout le corps, que tous les supplices du diable viennent sur moi, pourvu seulement que j’atteigne Jésus Christ.

  • LETTRE DE SAINT IGNACE D’ANTIOCHE AUX ROMAINS