OBÉISSANCE, HUMILITÉ CHARITÉ

cathdesienne OBÉISSANCE, HUMILITÉ CHARITÉ

SAINTE CATHERINE DE SIENNE

Dieu n’aime pas l’orgueil, il aime l’humilité. Il apprécia tellement l’humilité de Marie qu’il fut contraint par sa bonté, à lui donner le Verbe, son Fils unique. Et c’est elle, cette douce Marie, qui nous le donna. Remarquez que tant que Marie ne confirma pas son humilité et sa volonté par ses paroles en disant : « Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole », le Fils de Dieu ne s’incarna pas en elle. Mais ces paroles dites, elle conçut en elle ce doux Agneau sans tache.

La suprême vérité nous montra ainsi combien est excellente cette modeste vertu et de quel prix est récompensée l’âme qui offre et donne humblement sa volonté à son Créateur. C’est quand l’âme parfaite dit avec humilité : « Seigneur, voici votre servante, qu’il me soit fait selon votre volonté et non selon ce que je veux sensuellement », qu’elle parfume de patience son Créateur, son prochain et elle-même. Elle porte dans le sein de son esprit le Christ crucifié, elle se plaît dans les blessures du Christ crucifié, elle ne veut connaître que le Christ crucifié, son lit est la croix du Christ crucifié. C’est là qu’elle noie sa volonté et devient humble.

Car il n’est pas d’obéissance sans humilité, et point d’humilité sans charité. L’âme les trouve dans le Verbe : avec l’obéissance envers son Père, avec humilité, il court à l’ignominieuse mort de la croix. Il s’y rive, il s’y attache avec les clous et les liens de la charité, il endure avec une si grande patience qu’on n’entend ni un cri ni une récrimination. Certes les clous auraient été insuffisants pour soutenir Dieu et homme cloué et rivé sur la croix, si l’amour ne l’y eût maintenu. Voilà ce que l’âme désire goûter.

C’est pourquoi elle ne veut se réjouir que du Christ crucifié. S’il lui était donné d’acquérir la vertu, de fuir l’enfer et d’avoir la vie éternelle sans épreuves, dans les consolations spirituelles et temporelles, elle s’y refuserait. Elle préfère les peines, être accablée jusqu’à la mort, plutôt que mériter la vie éternelle différemment, pourvu qu’elle puisse se conformer au Christ crucifié et se vêtir de ses outrages et de ses douleurs.

Elle a trouvé la table de l’Agneau immaculé !

SAINTE CATHERINE DE SIENNE, Lettre 38.

Amen,

Eden

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