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La mort et le Purgatoire pour la Miséricorde Divine

Thème : La mort et le Purgatoire pour la Miséricorde Divine
Le parcours biblique pour le pèlerinage Chartres et Montligeon(31 oct – 2 nov 2015),

organisé par l’Etoile du Berger

Eden J.W. Park, 2015

Nous allons commencer un petit exposé pour la fête des Tous Saints par quelques citations des versets dans la Bible. Comment la mort et le Purgatoire sont-ils décrits dans la Bible? Et cela en particulier dans Qoheleth? Qoheleth(Ecclesiastes) est un des 24 livres du Tanakh, la Bible hébraïque, où il est classé dans le Ketuvim. Il est parmi les livres de la sagesse dans l’ancien testament. Mais nous allons citer d’abord Macabées et Hébreux pour comprendre mieux les phrases du Qoheleth :
Macabées 18. 17-19. « Ces os desséchés revivrons-ils? Et en effet, il n’oubliait pas transmettre le cantique de Moïse qui enseigne ceci : C’est moi qui ferai mourir et qui ferait vivre. Ceci est votre vie et la longueur de vos jours. »
Hébreux 11:35. « Des femmes recouvrèrent leurs morts par la résurrection; d’autres furent livrés aux tourments, et n’acceptèrent point de délivrance, afin d’obtenir une meilleure résurrection. »
2 Macchabées 12:46. « Elle est donc sainte et salutaire la pensée de prier pour les morts, afin qu’ils soient délivrés de leurs péchés. »
Qoheleth 3:20-22. « Tout va dans un même lieu ; tout vient de la poussière, et tout retourne à la poussière. : 21 Qui sait si le souffle des humains s’élève vers les hauteurs, et si le souffle des bêtes descend vers le bas, vers la terre : 22J’ai vu qu’il n’y a rien de mieux pour l’être humain que de se réjouir de ses œuvres : c’est là sa part. En effet, qui le fera revenir pour voir ce qui sera après lui ? »

Qoheleth 3:11. « Tout ce qu’il a fait est beau en son temps ; aussi il a mis la durée dans leur cœur, sans que l’être humain puisse trouver l’œuvre que Dieu a faite depuis le commencement jusqu’à la fin. »
Qoheleth 3:14-15. « Je sais que tout ce que Dieu fait est pour toujours : Il n’y a rien à y ajouter et rien à en retrancher. Dieu fait en sorte qu’on le craigne. 15 Ce qui est a déjà été, et ce qui sera a déjà été, Dieu va à la recherche de ce qui a fui. La mort est la fin de tout. »
Qoheleth 3:1-2. « Il y a un moment pour tout, un temps pour chaque chose sous le ciel :2 un temps pour mettre au monde et un temps pour mourir. »
Quand la mort frappe la porte, nous nous rendons compte concrètement que la mort est dans notre vie. Mais la mort est-elle entrée dans la vie dès le début de la création du monde? Or, la Bible, au début du livre de la Genèse, pose déjà cette question, dans un récit d’une grande force symbolique. Le Pape Jean Paul II le rappelait lors des JMJ de Toronto le 26 juillet 2002 : après la création, dans un monde qui devait être un jardin paradisiaque, l’homme a fait entrer la mort avec le meurtre d’Abel par Caïn dont Dieu avait refusé les offrandes (Gn 4, 3sq).
Comment Dieu réagit-il contre cet entrée de la mort dans ce monde? Il est l’amour éternel et la source du pardon, mais la Bible nous semble enseigner autrement. Dieu voit son œuvre défigurée par le péché des hommes ; il décide de détruire cette humanité qui le déçoit. Comme si Dieu se faisait l’objection : Qu’ai-je fait là ! J’efface tout (Gn 6, 5sq).

Nous allons lire maintenant le texte de « Amour et Miséricorde », Catéchèse du Cardinal Jean-Marie LUSTIGER, et quelques commentaires des frères bénédictins au sujet du purgatoire :

Le Pape Jean Paul II, au début de son pontificat, a écrit au monde sa Lettre « Dieu, riche en miséricorde ». Vingt ans plus tard, le 30 avril 2000, lors de la canonisation de Maria Faustyna, il a décidé, selon la demande de cette sainte polonaise, de faire du dimanche après Pâques, le « dimanche de la divine Miséricorde ». Cette démarche est très signifiante quand nous voyons le mal qui se multiplie dans l’humanité, comme je l’évoquais en commençant ; et que cela nous révolte. Caïn a fait son travail du mal et Dieu avait le plan d’effacer sa création par le grand déluge. Mais qu’est-ce qui s’est passé pour que Dieu abandonne ce plan? Pourquoi a-t-il instauré la misericorde divine au lieu de faire la justice divine dans l’histoire de l’humanité?
Rappelez-vous comment Jean Baptiste annonce la venue de Jésus. Ses paroles peuvent nous surprendre par leur sévérité : « Lui, il baptisera dans l’Esprit-Saint et le feu ; il tient à la main le battoir à battre le blé, pour séparer le bon grain de la bale ; le bon grain, il le prendra dans son grenier, quant à la bale, il la fera brûler au feu qui ne s’éteint pas » ( Mt 3, 11‑-12).
Jean Baptiste se trompe-t -il ? Vous le savez, lorsqu’il est en prison, il a un doute sur Jésus. Il envoie ses disciples lui demander : « Es-tu celui qui doit venir (car tu ne corresponds pas à l’idée que j’en avais) ou devons-nous en attendre un autre ? » (Mt 11, 3). Jésus n’obéit pas, apparemment, au programme que lui assigne Jean Baptiste.
Ce que Jean Baptiste n’attendait pas ou qu’il ne savait pas, c’était le fait que Dieu a envoyé Jésus pour le pardon. Dieu est l’amour qui pardonne et c’est lui seul qui peut donner ce pardon ultime. Jésus a été envoyé pour cela. L’amour représente désormais le pardon et la miséricorde divine. La réciprocité de la miséricorde et du pardon est la loi de ce Règne de Dieu que le Christ instaure et accomplit tout au long de l’histoire. Le pardon est la clé du Règne de Dieu.
A propos de l’injustice du monde et la morte des innocents, Jésus a dit : « Pensez-vous que ces galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres galiléens pour avoir subi un tel sort ? ». Autrement dit, est-ce un châtiment de Dieu ? « Non, je vous le dis ». Ne pensez pas que ce soit un châtiment, ce serait trop simple ! Mais, vous qui me posez cette colle, qui vous scandalisez devant cette catastrophe, « si vous ne retournez pas votre cœur, si vous ne changez pas de vie, alors vous périrez tous de même », (non pas forcément tués par Pilate !).
Et Jésus de rajouter un autre fait divers : « Et ces dix-huit personnes sur lesquelles est tombée la tour à Siloé, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Non, je vous le dis. Mais si vous, vous ne changez pas de vie, vous périrez tous de la même manière ». C’est-à-dire absurdement, pour rien, d’une mort inutile, si tant est qu’il y ait des morts utiles !
Le pardon c’est donc la réponse à la mort et aux conséquences de l’injustice. A la question naturelle de Pierre comme « combien de fois lui pardonnerai-je ? », alors, Jésus a cette formule foudroyante : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante dix sept fois sept fois !(Mt 18, 21) ».
Sans doute vous est-il déjà arrivé d’avoir été blessé par un proche, un ami, quelqu’un de votre famille, d’avoir été traité injustement et de vous dire : « Vais-je pouvoir lui pardonner ? Et comment ? » On se demande : « Combien de fois ? » et on n’arriverait même pas à poser la question comme Pierre, lui qui avance timidement un chiffre : « Jusqu’à sept fois ? »
Jésus a-t-il répondu au hasard avec ce chiffre de soixante dix sept ? Non, allez voir dans le livre de la Genèse (4, 24), il est dit : « Caïn sera vengé sept fois, mais Lamek soixante dix sept fois ». La fatalité de la vengeance commence avec le meurtre d’Abel par son frère Caïn, le premier meurtre de l’histoire de l’humanité.
Ainsi, Jésus propose à Pierre, par le pardon et par l’amour, le renversement de la logique de mort de Caïn. Voilà donc proposé l’excès de l’amour face à l’excès du mal. C’est cela le pardon, c’est cela la miséricorde.
Le pardon renverse la logique humaine de l’amour. Si tu veux que je t’aime, tu commences d’abord par m’aimer et après je vais voir. Tel n’est pas, aux yeux de Dieu, le jeu de l’amour. Il y a au départ une inégalité dans l’amour. Car l’amour donne et il donne gratuitement ; il donne pour donner et il y trouve sa joie. Tel est le pardon que Dieu nous demande. Dieu nous a aimé et pardonné avant que nous l’avons aimé et pardonné. Il nous a donné pour donner.
Alors, voilà ce que Jésus dit de la réciprocité :
« Mais je vous dis, à vous qui m’écoutez (donc les disciples) : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient ».
« A qui te frappe sur une joue, présente encore l’autre. A qui te prend ton manteau, ne refuse pas non plus ta tunique. A quiconque te demande donne et à qui te prend ton bien, ne le réclame pas. »
« Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle reconnaissance vous en aura-t-on ? »
« Les pécheurs aiment aussi ceux qui leur font du bien, ceux qui les aiment. Et si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quelle reconnaissance Dieu vous en aura-t-il ? Les pécheurs en font autant.
Jésus continue :
« Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. Ne jugez pas ».
Ne vous mettez pas à la place de Dieu car seul Dieu juge l’homme et peut le condamner comme Jésus nous a dit. Dites la vérité à vos frères, dites-leur ce que vous savez vrai ; dites ce que Dieu attend de l’homme. Mais ne les jugez pas. Vous n’en avez pas le pouvoir. Car le juge, c’est Dieu, le seul qui « sonde les reins et les cœurs » (Ps 7, 10).
« Ne condamnez pas et Dieu ne vous condamnera pas ; pardonnez et Dieu vous pardonnera. Donnez et Dieu vous donnera. C’est une mesure pleine et débordante dont vous vous servez qui servira aussi de mesure pour vous ».
Ce pardon, il commence donc par nous. Et il est clair que ce combat de la miséricorde nous ne pouvons y tenir notre place qu’avec la grâce du Christ et sa force.
« Pour que vous sachiez que le Fils de l’Homme a sur terre le pouvoir de remettre les péchés, je te l’ordonne, dit-il au paralytique, lève-toi, prends ton grabat, marche et rentre chez toi ». Et il le fait.
Jésus a vu le cœur de cet homme. Dans son silence, il lui donne une guérison qui va beaucoup plus profond que ce que cet homme pouvait espérer : le pardon des péchés dont la restauration de l’intégrité de sa vie est le signe.
Le pardon de Dieu n’est pas seulement une affaire qui touche une maigre comptabilité de nos actes, de nos sentiments et de nos pensées, mais d’abord le point vital de notre existence. Le Christ nous restaure, nous rétablit, nous guérit, nous rend notre dignité première : celle qu’il nous a donnée dans la grâce du baptême.
Le second exemple de la miséricorde divine est le dîner d’apparat chez Simon, un pharisien ami de Jésus (Lc 7, 36sq). Là-bas, on déjeune ou on dîne toutes portes ouvertes. Voilà qu’une femme arrive, une des prostituées de la ville, elle est bien connue. Elle se précipite aux pieds de Jésus qu’elle baigne de ses larmes et essuie avec ses cheveux en répandant du parfum. Simon se dit : « Si cet homme était vraiment le Prophète, il saurait qui est cette femme » et il ne permettrait jamais cela.
Alors, Jésus, lisant dans son cœur, lui confie : « Simon, tu vois cette femme ; c’est parce que ses péchés si nombreux, si grands ont été pardonnés qu’elle témoigne tant d’amour ».
Autrement dit, le pardon, c’est quémander l’amour et le recevoir. Et l’ayant reçu, c’est découvrir les péchés, les si nombreux péchés qui peuvent être les nôtres ; non pas à la mesure du qu’en dira-t-on mais à la mesure de l’amour de Dieu.
2) Le Purgatoire et la Miséricorde Divine
Nous allons maintenant parler du Purgatoire qui ne semble pas un thème évident dans la Bible. Le purgatoire n’apparaît pas comme vocabulaire dans la Bible. Mais il y a tout de même une preuve très révératrice pour le Purgatoire dans la Bible. On la trouve dans 1 Corinthiens chapitre 3, verset 15. On peut examiner cette preuve biblique même dans la version de la Bible Louis-Segond, une célèbre traduction protestante.
1 Corinthiens 3:11-15 – « Car personne ne peut poser un autre fondement que celui qui a été posé, savoir Jésus-Christ. Or, si quelqu’un bâtit sur ce fondement avec de l’or, de l’argent, des pierres précieuses, du bois, du foin, du chaume, l’oeuvre de chacun sera manifestée; car le jour la fera connaître, parce qu’elle se révèlera dans le feu, et le feu éprouvera ce qu’est l’oeuvre de chacun. Si l’oeuvre bâtie par quelqu’un sur le fondement subsiste, il recevra une récompense. Si l’oeuvre de quelqu’un est consumée, il perdra sa récompense ; pour lui, il sera sauvé, mais comme au travers du feu. »
Maintenant, examinons à nouveau la dernière partie de ce passage : ‘Si l’oeuvre de quelqu’un est consumée, il perdra sa récompense; pour lui, il sera sauvé, mais comme au travers du feu’. Que signifie ‘perdra sa récompense’ dans ce passage ?
Le mot grec qui est traduit ici par ‘perdra sa récompense’, c’est zemiothesetai. Ça provient du mot grec zemioo. Les formes de ce même mot grec, zemioo – traduit par ‘perdra sa récompense’ dans 1 Cor. 3:15 – sont trouvées dans d’autres passages dans la Bible. Le mot est utilisé pour signifier punition / peine. Dans Exode 21:22, Proverbes 17:26 Proverbes 19:19 et ailleurs, ce mot de grec zemioo est utilisé pour signifier punition. Ça signifie que zemiothesetai, le mot traduit par ‘perdra sa récompense’ dans 1 Cor. 3 :15, peut signifier punition.
Pourquoi perd-t-il sa récompense ou est-il puni, et sauvé par le feu ? Le contexte de 1 Corinthiens 3 traite avec des membres de l’Eglise du Christ; elle traite de croyants chrétiens de Corinthe. 1 Corinthiens 3:3 nous dit que certains de ces chrétiens corinthiens tombaient dans des imperfections pécheresses et des délits contre Dieu. Certaines de ces mauvaises œuvres ou péchés sont identifiées dans 1 Corinthiens 3:3 comme des querelles, des divisions et la jalousie.
1 Corinthiens 3:3 – « … puisqu’il y a parmi vous de la jalousie et des disputes, n’êtes-vous pas charnels, et ne marchez-vous pas selon l’homme ? »
1 Corinthiens 3:12-13 – « Or, si quelqu’un bâtit sur ce fondement avec de l’or, de l’argent, des pierres précieuses, du bois, du foin, du chaume, l’oeuvre de chacun sera manifestée; car le jour la fera connaître, parce qu’elle se révèlera dans le feu, et le feu éprouvera ce qu’est l’oeuvre de chacun. »
Ces œuvres mauvaises ou inutiles incluent querelles injustifiées, jalousies et divisions . Elles sont décrites comme : du bois, du foin et du chaume. Ce sont les œuvres qui sont brûlés dans 1 Cor. 3 :15, pour lequel l’homme perd sa récompense ou est puni, mais il est sauvé, cependant par le feu.
Le Purgatoire n’est donc pas pour ceux qui sont morts en état de péché grave ou mortel. De telles personnes vont en Enfer, comme le dit très clairement Galates 5 :19-21, 1 Cor.6:9, et Ephésiens 5:5-8. Le Purgatoire c’est pour ceux de la vraie Foi qui ont été pardonnés pour leurs péchés, mais qui doivent malgré ça faire l’entière satisfaction pour les péchés qu’ils ont commis.
Par conséquent, dans 1 Corinthiens 3:12, le bois, le foin et le chaume ( qui sont brûlés ) signifient les œuvres d’un homme qui est mort dans l’état de la justification et qui a été pardonné de tout péché mortel qu’il aurait commis. Il est donc sauvé, mais n’a pas fait satisfaction pour ses péchés commis après le baptême.
Un grand exemple d’un homme pardonné pour ses péchés graves, mais qui n’a pas fait satisfaction pour ceux-ci , se trouve dans le cas de David. Dans 2 Samuel 11 ( 2 Rois 11 dans la Bible catholique Vulgate ), on lit que le roi David a commis l’adultère avec Bethsabée. David a également fait tué son mari . Ce sont des péchés mortels. Si David était mort dans cet état, il serait allé en Enfer. 1 Cor. 6:9 nous montre qu’aucun adultère ou meurtrier n’entrera au Ciel. Mais David s’était repenti de son péché quand il en fut reconnu coupable par Nathan dans 2 Samuel 12.
2 Samuel 12:13 – « David dit à Nathan : J’ai péché contre l’Eternel ! Et Nathan dit à David : L’Eternel pardonne ton péché, tu ne mourras point. »
Le Seigneur avait remis le péché de David, et Nathan disait qu’il ne mourrait pas. Ça signifie qu’il ne sera pas mort éternellement. La faute du péché a été pardonnée parce que David était vraiment repenti et s’en est tourné, mais était-ce la fin pour celui-ci ? Non, la satisfaction complète de ce péché mortel n’avait pas été faite. On lit dans 2 Samuel 12:14-15 que David dut souffrir de la perte de son enfant pour faire satisfaction pour son péché – un péché qui avait déjà été pardonné.
2 Samuel 12:14-15 – « … parce que tu as fait blasphémer les ennemis de l’Eternel, en commettant cette action, le fils qui t’est né mourra. Et Nathan s’en alla dans sa maison. L’Eternel frappa l’enfant que la femme d’Urie avait enfanté à David, et il fut dangereusement malade. »
Ça fournit la preuve indéniable que la faute du péché d’un croyant peut être pardonnée sans que la peine ne soit entièrement retirée. Car il n’entrera chez l’Eternel rien de souillé et la satisfaction, sans laquelle personne ne verra le Seigneur comme Apocalypse 21:27 et Hébreux 12:14 disent :
Apocalypse 21 :27 – « Il n’entrera chez elle rien de souillé, ni personne qui se livre à l’abomination et au mensonge; il n’entrera que ceux qui sont écrits dans le livre de vie de l’agneau. »
Hébreux 12 :14 – « Recherchez la paix avec tous, et la sanctification, sans laquelle personne ne verra le Seigneur. »
Maintenant il faut souligner que le Purgatoire n’est pas pour ceux qui meurent en état de péché mortel ou en dehors de la Vraie Foi. C’ est seulement pour ceux qui meurent en état de grâce : la Justification. C’ est pour ceux qui meurent dans la grâce, mais n’ont pas satisfait pour la peine temporelle due à leurs péchés pardonnés, mortels ou véniels, ayant été commis après le Baptême.
Les péchés véniels (des infractions légères contre Dieu ) affaiblissent l’âme, et la rendent plus vulnérables au péché mortel. Les péchés mortels détruisent l’état de la justification et mettent une personne dans un état de damnation. Voilà pourquoi on lit ça immédiatement après le verset qui prouve le Purgatoire ( 1 Cor 3:15 ) :
1 Corinthiens 3:17 – « Si quelqu’un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira; car le temple de Dieu est saint, et c’est ce que vous êtes »
Si on regarde le nouveau testament, Jésus parle quelque fois directement de la purification de l’âme dans le Purgatoire. Pourquoi Jésus dirait que le péché contre le Saint-Esprit ne sera pas pardonné dans ce siècle ou dans le siècle à venir ? Un père de l’Eglise, comme le pape St Grégoire le Grand, a compris que ces paroles de Jésus indiquent que certains péchés seront pardonnés ou satisfaits dans l’au-delà : au Purgatoire.
Pape St Grégoire le Grand, Dialogues (4, 40) ; 593 après J-C : « Chacun est présenté en jugement tel qu’il est en quittant cette vie. Pour ce qui est de certaines fautes légères, il faut croire qu’il existe avant le jugement un feu purificateur, selon ce qu’affirme Celui qui est la Vérité, en disant que si quelqu’un a prononcé un blasphème contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera pardonné ni dans ce siècle-ci, ni dans le siècle futur [ Matthieu 12 :32 ]. Dans cette sentence nous pouvons comprendre que certaines fautes peuvent être remises dans ce siècle-ci, mais certaines autres dans le siècle futur. Car si on refuse quelque chose à quelqu’un en particulier, l’intellect en déduit logiquement qu’on lui accorde pour d’autres. Mais comme je l’ai dit, il faut y croire comme une disposition possible pour les péchés petits et légers. »
Ce que saint Paul veut dire aussi tout comme Pape St Gregoire le Grand, c’est que de nombreuses souffrances sont encore manquantes et nécessaires aux membres de l’Eglise pour qu’ils oeuvrent leur salut, qui fut rendu possible par le sacrifice du Christ.
Colossiens 1:24 – « JE ME REJOUIS MAINTENANT DANS MES SOUFFRANCES POUR VOUS; ET CE QUI MANQUE AUX SOUFFRANCES DE CHRIST, JE L’ACHEVE EN MA CHAIR, POUR SON CORPS, QUI EST L’EGLISE. »
Ce verset prouve que le sacrifice du Christ ne supprime pas toutes les inquiétudes quant à la possibilité d’une punition future à cause d’un péché. Si c’était vrai, alors Paul n’aurait jamais dit que ses souffrances achèvent ce qui manque au sacrifice du Christ pour les membres de l’Eglise ; Jésus n’aurait pas non plus parlé des punitions pour les péchés, ce qu’ Il a fait à répétitions. Ce verset, Colossiens 1:24, prouve aussi la doctrine catholique de la communion des saints, et l’effet de la prière et sacrifice d’intercession.
Regardons maintenant La Septante, c’est la célèbre traduction grecque de l’Ancien Testament , faite par 70 savants quelques siècles avant la naissance de Jésus-Christ. Cette fameuse traduction de l’Ancien Testament, de l’hébreu au grec , contient les sept livres que rejette la Bible protestante. Près de 350 citations de l’Ancien Testament dans le Nouveau Testament sont parvenus jusqu’à nous. Près de 300 de ces citations sont tirées de la version Septante de l’Ancien Testament dans la Bible protestante. En d’autres termes, le Nouveau Testament – même les protestants l’ont – cite la version de l’Ancien Testament, acceptant les livres catholiques de la Bible. Ça signifie que les écrivains du Nouveau Testament acceptaient la version de la Septante, et donc les sept livres que les protestants rejettent. Mais il y a plus : Dans le Hébreux 11:35 des bibles protestantes et catholiques, on voit une référence à un événement qui n’est enregistré que dans le chapitre 7 du Second Livre des Macchabées.
Hébreux 11:35 – « Des femmes recouvrèrent leurs morts par la résurrection; d’autres furent livrés aux tourments, et n’acceptèrent point de délivrance, afin d’obtenir une meilleure résurrection. »
Cette référence se trouve dans un seul endroit dans la Bible. On le retrouve dans 2 Macchabées 7, qui raconte l’histoire de la mère et de ses sept fils. Cette mère et ses sept fils ont refusé la délivrance face à la torture pour qu’ils puissent recevoir la résurrection des justes. Ainsi, dans Hébreux 11:35, St Paul fait référence au Second livre des Macchabées. Ça démontre que 2 Macchabées, que n’a pas la Bible protestante, fait partie du véritable Ancien Testament. 2 Macchabées chapitre 12 enseigne clairement la prière pour les morts et de ce fait le Purgatoire.
2 Macchabées 12:46 – « Elle est donc sainte et salutaire la pensée de prier pour les morts, afin qu’ils soient délivrés de leurs péchés. »
Ce verset enseigne le Purgatoire. Il dit que c’est une sainte pensée de prier pour les morts, afin qu’ils soient délivrés de leurs péchés. La Bible nous enseigne donc qu’ il y a un lieu après la mort où certains fidèles seront sauvés mais détenus, où ils peuvent être aidés par la prière. Ça correspond à l’enseignement de 1 Corinthiens 3:15 qu’on a déjà vu, disant que certaines personnes sont sauvées tandis qu’elles perdent leur récompense ( sont punies ) par le feu. Ce lieu c’est le Purgatoire, et ce verset le prouve clairement. Voilà pourquoi ce livre fut retiré de la Bible par ceux qui voulaient inventer une nouvelle version du christianisme – qui n’est pas conforme à la tradition ni à l’enseignement de la Bible.
En plus de toutes ces preuves bibliques, le Purgatoire est prouvé par le fait que les pères de l’Eglise chrétienne y croyaient tout autant que les prières pour les morts. St Augustin est un célèbre père de l’Église. Il est considéré avec honneur chez les catholiques, et plus généralement par des non-catholiques qui se disent chrétiens. Il croyait clairement au Purgatoire. Je termine mon exposé donc en citant plusieurs enseignements des pères de l’Eglise, qui nous prouvent la croyance au purgatoire d’après l’enseignement de Jésus.
St Augustin, Traité de la Foi, de l’espérance, et de la charité , chapitre LXIX ; 421 après J-C : « Y a-t-il dans l’autre monde une épreuve analogue ? Il n’y aurait là rien d’extraordinaire, et on peut se poser cette question. Par une loi plus ou moins mystérieuse, il peut y avoir des fidèles qui se purifient, dans les flammes, de leur attachement excessif aux choses d’ici-bas, et qui se sauvent en endurant un supplice dont la longueur est en rapport avec l’intensité de leurs désirs mondains… »
St Augustin, Traité de la Foi, de l’espérance, et de la charité , chapitre CX ; 421 après J-C : « Il est incontestable que les âmes des morts sont soulagées par la piété des vivants, quand on fait offrir pour elles le sacrifice du Médiateur ou qu’on répand des aumônes dans l’Eglise. »
St Grégoire de Nysse, Sermon sur les morts ; 383 après J-C : « [ un homme ] … parce qu’il ne pourra pas prendre part à la vie divine sans être lavé par le feu purificateur de la souillure immiscée en son âme.»
Tertullien, la monogamie, Post 213 ap-JC – « En effet, elle [ l’épouse ] prie pour le repos de son âme [ de son mari ] ; elle demande pour lui le rafraîchissement; elle conjure Dieu de la réunir à lui au jour de la résurrection, et chaque année elle célèbre l’anniversaire de sa mort par l’oblation du sacrifice. »
St Cyrille de Jérusalem, Les Catéchèses ; 350 après J-C : « …nous faisons mémoire de ceux qui sont morts… car nous croyons que c’est un secours souverain pour toutes les âmes pour lesquelles la prière est offerte… »
St Jean Chrysostome, Homélie XLI sur 1 Corinthiens ; 392 après J-C : « Sachons donc leur porter secours, et célébrons leur commémoration. Si les fils de Job ont été purifiés par le sacrifice de leur père, pouvez-vous douter que nos offrandes pour ceux qui ne sont plus, leur apportent quelque consolation ? [ Job 1:5 ] … Empressons-nous de porter notre secours à ceux qui ne sont plus, et. d’offrir pour eux des prières : car le but commun de la terre entière c’est l’expiation. »

Eden J.W. Park, 2015
***
Lecture recommandée in-quarto :
« Amour et Miséricorde », Catéchèse du Cardinal Jean-Marie LUSTIGER, archevêque de Paris, lors des JMJ de Toronto (26 juillet 2002)
« Symboles et définitions de la Foi catholique, Enchiridion Symbolorum », Denzinger, éditions du Cerf, 1996
« The Faith of the Early Fathers », William Jurgens, Collegeville, MN, The Liturgical Press, 1970, Vol 3

 

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