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VOICI LE JOUR

voici-le-jour VOICI LE JOUR

 

 

SAINT AUGUSTIN

« Voici le jour que le Seigneur a fait ». Par ces mots, l’Écriture, assurément prophétique, a voulu nous faire comprendre un certain jour, ni ordinaire, ni visible aux yeux de chair, non pas ce jour qui se lève et qui se couche, mais un jour qui a pu connaître un lever sans connaître de couchant !

Rappelez-vous l’état premier du monde : « Les ténèbres étaient sur l’abîme, et l’Esprit de Dieu planait sur l’eau. Et Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut. Et Dieu sépara la lumière des ténèbres, et il appela la lumière : Jour, mais les ténèbres : Nuit ». Pensez aux ténèbres qu’étaient les nouveaux baptisés que vous voyez ici, avant qu’ils ne viennent à la rémission des péchés. Les ténèbres étaient donc sur l’abîme avant que leurs péchés leur aient été remis. Mais l’Esprit de Dieu planait sur les eaux. Ceux-ci sont descendus dans l’eau, sur les eaux planait l’Esprit de Dieu : les ténèbres des péchés ont été chassées. « Voici le jour que le Seigneur a fait ». Ceux-ci ont pu être ténèbres par eux-mêmes ; devenir lumière, ils ne l’ont pu à moins que le Seigneur le fasse. Voilà le Jour qu’a fait le Seigneur. Le jour ne s’est pas fait lui-même, c’est le Seigneur qui l’a fait.

Thomas n’était-il pas un homme, l’un des disciples, un homme de la foule ? Les autres disciples lui disent : « Nous avons vu le Seigneur ! ». Et lui de répondre : « Si je ne le touche pas, si je ne mets pas mon doigt dans son côté, je ne croirai pas ». Les Évangélistes te l’annoncent et tu ne crois pas ! Le monde a cru en eux, et tu ne crois pas ! Tous l’annoncent à un seul, et il ne croit pas. C’est qu’il n’était pas encore ce jour que le Seigneur a fait. Les ténèbres étaient encore sur l’abîme, dans la profondeur du cœur humain : là c’étaient les ténèbres. Qu’il vienne, celui-là, qu’il vienne ce début du jour, et qu’il dise avec patience, douceur, sans colère, car il est médecin : « Viens, viens, touche et crois. Tu as dit : si je ne touche pas, et si je ne mets pas mon doigt, je ne croirai pas. Eh bien, viens, touche, mets ton doigt et ne sois plus incrédule, mais fidèle. Viens, mets ton doigt. Je connaissais tes blessures : j’ai gardé pour toi mes cicatrices ».

En mettant sa main, Thomas donne à sa foi sa plénitude. Quelle est en effet la plénitude de la foi ? C’est de ne pas croire le Christ seulement homme et de ne pas le croire seulement Dieu, mais de le croire homme et Dieu. Telle est la plénitude de la foi, car « Le Verbe s’est fait chair et il a demeuré parmi nous ». Donc, dès que ce disciple a touché les cicatrices et les membres du Sauveur qui lui sont offerts, il s’écrie : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Il a touché l’homme et reconnu Dieu. Il a touché la chair et s’est tourné vers le Verbe, car « Le Verbe s’est fait chair et il a demeuré parmi nous ».

Le Verbe a souffert que sa chair soit suspendue au bois, le Verbe a souffert que les clous soient plantés dans sa chair, le Verbe a souffert que sa chair soit mise au tombeau ; le Verbe a ressuscité sa chair, il l’a présentée aux regards des disciples pour qu’ils la voient, il l’a offerte à leurs mains pour qu’ils la palpent. Ils touchent et s’écrient : « Mon Seigneur et mon Dieu ! ».

« Voici le jour que le Seigneur a fait ! »

– Sermon 258, Saint Augustin
Amen,

Eden

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