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PRIER POUR LES AUTRES

20160527_071821 Compte rendu du pèlerinage en Italie
Chapelle du Padre Pio / EDB © 2016

SAINT AMBROISE

Nous autres, nous ne pouvons entendre quelqu’un que s’il parle. Pour Dieu, il n’en est pas ainsi : ce ne sont pas les paroles qui parlent, mais les pensées ; et pour que tu en sois persuadé, le Seigneur Jésus disait aux Juifs : « Pourquoi ces mauvais sentiments dans vos cœurs ? ». Ce n’était pas là une interrogation, mais une constatation. L’Évangile te le prouve en disant : « Jésus connaissait leurs pensées ». De même que le Fils les connaissait, le Père les connaissait aussi. Maintenant que tu reconnais que le Fils les connaissait, le Père les connaissait aussi, écoute le Conseiller et le Témoin du Père qui dit : « Votre Père connaît ce dont vous avez besoin, avant même que vous le lui demandiez ».

Le Seigneur Jésus t’a donné un enseignement divin sur la bonté du Père, qui sait donner de bonnes choses, afin que tu demandes ces bonnes choses à celui qui est bon. Il t’a invité à prier attentivement et fréquemment, non pas pour que ta prière se prolonge dans l’ennui, mais pour qu’elle se renouvelle dans l’assiduité. Lorsque la prière est trop longue, elle se répand bien souvent dans le vide, mais, lorsqu’elle devient rare, la négligence nous envahit.
Ensuite il avertit que si tu demandes pardon pour toi-même, tu songes à l’accorder le plus possible aux autres, afin d’appuyer ta demande par l’éloquence de ta conduite. L’Apôtre aussi enseigne à prier sans colère ni dispute afin que ta prière ne connaisse ni trouble ni interruption.

On nous enseigne aussi à prier en tout lieu, puisque le Sauveur dit : « Entre dans ta chambre ». Mais comprends bien qu’il ne s’agit pas de la chambre formée de murs où ton corps va s’enfermer. Il s’agit de la chambre qui est en toi, où sont enfermées tes pensées, où demeurent tes sentiments. Cette chambre de ta prière est partout avec toi, et partout elle est dans un secret qui n’a pas d’autre témoin que Dieu.

Apprends qu’il faut prier avant tout pour le peuple, c’est-à-dire pour tout le corps, pour tous les membres de ta Mère : c’est la marque de la charité mutuelle dans l’Église. Car si tu demandes seulement pour toi, tu ne prieras que pour toi. Et si chacun prie seulement pour soi, sa prière est moins agréable à Dieu que celle de celui qui intercède pour les autres. Au contraire, si chacun prie pour tous, tous alors prient pour chacun.

En conclusion, si tu demandes pour toi seulement, tu seras seul, nous l’avons dit, à demander pour toi. Mais si tu demandes pour tous, tous demanderont pour toi. Et en effet, toi-même tu es en tous. Ainsi, c’est un grand profit que les prières de chacun obtiennent pour chacun les suffrages du peuple entier. Il n’y a en cela aucune prétention, mais une plus grande humilité et un fruit plus abondant.

SAINT AMBROISE, Commentaire sur Caïn et Abel, 37-39.

Amen,

Eden

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