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Mort d’un sans-abri pendant la conférence du père Zanotti-Sorkine sur la miséricorde divine

larmes Mort d’un sans abris par la miséricorde divine

 

Bonjour Mes frères et sœurs,

Comment allez-vous tous ? Je me suis promené avec mes ami(e)s dans le parc de Saint-Cloud hier dimanche après-midi. Les cerisiers en fleurs étaient beaux en m’évoquant le printemps de mon pays d’origine. La nostalgie m’a enfermé un moment dans une contrée sombre de la solitude sans fin comme dans un poème minimaliste mais plein de mots absents. J’ai raconté une petite histoire à un ami pendant cette promenade dominicale paisible.

Le fameux père Zanotti-Sorkine était venu à l’église Saint-Sulpice à Paris mercredi dernier pour donner une prédication sur le thème de la miséricorde divine. Il y avait plus de quatre milles personnes dans l’assemblée, qui ont rempli l’église y compris toutes les chapelles de l’église, les couloirs collatéraux, les chœurs, l’abside, les déambulatoires. Ils se sont installés même sur le sol de la nef centrale partout et encore deux cents autres personnes étaient dehors en train de faire la queue pour entrer dans l’église. De toute ma vie, je n’ai jamais vu une telle popularité d’un prêtre d’une ville de Provence à Paris. Même la moitié de Notre-Dame de Paris était vide à cause de sa présence à l’église Saint-Sulpice.

Il a donné généreusement sa prédication pendant plus de trois heures. Le silence total dans l’assemblée était comme un vacarme renversé, évanoui par un choc intellectuel. C’était un pur plaisir de l’écouter par son côté oral et théâtral qui évoquait beaucoup le salon littéraire des années 1910-1940 avant l’hégémonie de la culture capitaliste américaine en Europe, une crème délicieuse de la culture française de qualité inimitable de cette belle époque.

Le père Zanotti-Sorkine est un prêtre chaleureux, passionné et certainement miséricordieux en tenant compte de sa popularité charismatique rare. J’aime beaucoup ses prédications très pertinentes. Il s’est passé pourtant une chose inattendue mais totalement providentielle ce soir-là. Un monsieur sans-abri a été découvert mort dans l’église lors de son discours sur la miséricorde divine ce soir-là. Personne dans l’assemblée n’a remarqué sa mort malgré l’apparence misérable d’un sans-abri ayant perdu la conscience. Personne n’informa de sa mort à la police (NDLR : La police a bien été avertie, d’après la personne en charge de l’évènement). Sa mort a été négligée ainsi tout au long de la messe et de la conférence. Sa mort a été en fait aperçue juste avant la messe dans laquelle le père Zanotti-Sorkine a aussi participé mais elle a été négligée pour ne pas déranger le programme et l’importance de l’assemblée de la soirée. Une gestion de la sagesse sacerdotale impeccable tout comme le niveau de la délicatesse de l’assemblée. Cela s’appelle « la pudeur française », mais aussi le christianisme civilisé.

Aucun journal n’en a parlé le lendemain de sa mort comme d’habitude. Cela n’intéresserait personne bien sûr. Personne n’a été au courant de sa mort jusqu’à ce qu’un journal des sans-abris du métro parisien le révèle, dans un article presque invisible de quatre lignes comme une petite annonce de recherche d’emploi. C’est le prêtre marseillais qui était sous le feu des projecteurs, mais pas le monsieur sans-abri, bien qu’ils étaient tous les deux dans la même église au même moment. Le thème de la soirée était bel et bien « La miséricorde divine ». La valeur d’un être humain est ainsi une pièce de théâtre mais jamais la réalité. Que cette réalité est surréelle !

Seul Dieu embrassa ce monsieur sans-abri dans sa miséricorde divine cachée. Dieu l’a amené dans son abri invisible loin de cet assemblée de plus de quatre milles personnes.

J’ai raconté cette histoire brièvement à mon cher ami très gentil. Sa réaction : « C’est une mort bénie ! Il aurait pu mourir dans la rue mais heureusement il est mort parmi quatre milles personnes et dans l’église fêtant la soirée de la miséricorde divine. C’est une mort heureuse. Certainement Dieu était là. Donc sa mort est bénie. De toute façon il était mort et on ne peut y faire rien d’autre. C’était mieux de ne pas déranger l’assemblée par sa mort. C’était plutôt sage. Où est le problème ? »

C’est ainsi la valeur de la mort d’un être humain dans notre société. Mais surtout celle de la miséricorde dans notre société actuelle glaçante. La joie est vraiment partout dans le monde chrétien s’il ne s’agit pas de sa propre mort ou de sa propre misère. Les associations humanitaires disent souvent qu’il faut absolument éviter la charité affective. Elles nous enseignent à travers une formation très académique que l’affection n’est pas efficace parce que c’est un piège ou même un danger pour les actions humanitaires. Mais la miséricorde sans cœur est la misère tout court dans les deux sens.

La grande différence entre la miséricorde humaine et celle de Dieu est l’amour. La miséricorde humaine est humaniste car il n’y a pas d’amour, ni cœur ni affection. Cela devient matérialiste, froid et avec sourire mécanique. C’est efficace mais sans amour. La popularité par l’éloquence est certainement efficace pour la promotion de la miséricorde divine mais c’est justement pour la même raison qu’elles sont sans amour. L’amour n’est pas efficace dès sa motivation initiale car il n’est pas pour le retour. L’amour de Dieu n’apparaît pas dans la récompense mais dans la justice de son processus.

L’efficacité n’est jamais la justice. La justice est lente et inefficace comme l’amour. La miséricorde divine n’est pas dans l’éloquence devant une foule mais dans la mort d’un sans-abri comme celle de Jésus ou celle de milliers des martyres inconnus et des moines dans les monastères ermites car Dieu abandonne la foule pour une brebis perdue. La vraie charité commence par cette brebis perdue, une pierre rejetée. Si nous sommes à la recherche de la foule, de la popularité, nous ne comprendrons jamais la charité. Nous n’écouterons jamais la miséricorde divine dans les cris de l’assemblée mais nous la trouverons dans le silence souffrant d’une brebis perdue, oubliée, négligée, invisible, sans abri parmi la foule heureuse, respectée, très visible, ayant leur foyer et leur milieu.

Le mot « charité » vient de « caritas » en latin, c’est-à-dire, l’amour en français. Deus caritas. Dieu est amour. D’où vient le mot « caritative » pour les associations humanitaires. Nous comprenons très mal la miséricorde divine et sa charité en fin de compte. Mais la vérité est très simple. Elle n’a pas besoin de quatre milles personnes et de beau spectacle d’oralité éloquente raffinée avec beaucoup de citations intellectuelles. Juste une phrase de trois mots courts suffit.

« Dieu est amour. » (1 Jean 4:8)

Amen,

Eden

 

16 commentaires sur “Mort d’un sans-abri pendant la conférence du père Zanotti-Sorkine sur la miséricorde divine

  1. Je pense que cela aurait été super que le père Michel-Marie Zanotti-Sorkine propose à l’assemblée de faire une dizaine de je vous salue Marie, ou un chapelet de la Miséricorde divine en hommage à cet homme sans-abri et pour son accueil dans le ciel. L’occasion a été manquée c’est dommage, mais ceci dit je ne sais pas si le père Zanotti était au courant de ce décès.

  2. Il est certain que le père Zanotti n’était pas au courant, mais le curé, oui il était au courant d’après l’article du journal. Cela aurait été merveilleux et même divin si le père et l’assemblé ont pu faire ensemble le chapelet de la Miséricorde divine pour le monsieur mort et tous les autres sans-abris mort dans la rue. C’est la limite de l’être humain, désireux de la popularité, mais sans savoir se donner la limite du respect. Dommage mais Dieu nous aime infiniment malgré tout.

  3. « Car Dieu abandonne la foule pour une brebis perdue » remarque très pertinente au milieu de ce « show » médiatique parisien!
    La vraie Miséricorde divine aurait été de suspendre cette conférence qualifiée de « spectacle », de « discours séduisant  » pour entrer de plein pied dans le coeur de ceux qui étaient présents et »vivre » l’amour du Christ.
    Mettre à la première place cet être rejeté et ignoré aurait permis de « vivre » ensemble, dans la communion de l’Esprit Saint , le coeur de la Miséricorde divine ». Le prêtre responsable de l’église n’a pas voulu « déranger » le programme au profit d’un discours policé et émaillé de belles citations!
    L’homme , pâle figure de la Miséricorde , éloigné de l’amour du Christ se veut au-dessus de Dieu qui lui est « le chemin, la Vérité et la Vie ».

  4. Bonsoir,

    Je suis Paula Corbulon du blog Le Salon Beige. J’ai eu vent de cet évènement par une lectrice suite à la note que j’avais faite relayant la video de la prédication du Père MMZS.
    J’aimerais savoir si vous êtes directement témoin de cet évènement, et de l’attitude du curé de la paroisse, ou si ce sont des propos rapportés. Je pense qu’il serait plus pertinent de répondre à mon adresse courriel plutôt que sur votre blog, mais c’est vous qui voyez.
    Dans l’attente de votre réponse je me permets tout de même d’attirer votre attention sur le fait que votre note, dans la façon dont elle est rédigée, peut donner l’impression que le père MMZS a une certaine responsabilité dans le manque de charité à l’égard de notre frère clochard, ce qui me semble prêter à confusion, et potentiellement à un manque de charité à l’égard du père MMZS, en le soupçonnant d’être à la recherche de la popularité… Si sa prédication ne convertit qu’une seule personne, ce sera déjà une grande grâce, …
    En union de prière pour notre propre conversion et celle de tous nos frères.
    PC

  5. Bonsoir Paula, Merci pour votre commentaire attentif. Il y avait le Samu qui étaient venu chercher son corps après la conférence. J’étais dans l’assemblé mais loin du monsieur sans abri et j’ai appris la nouvelle seulement quelques jours après par une autre dame qui a assisté le traitement du Samu jusqu’à la fin. Elle m’a montré l’article dans le petit journal. J’ai cité l’accident en tant que tel comme il a été écrit dans l’article. Je ne suis pas sûr si le père Zanntti-Sorkine était au courant ou pas. Il a réagit certainement s’il l’a su. C’est une épisode intéressant concernant la Miséricorde divine. Je prie pour le monsieur sans abri et aussi pour le curé de la paroisse ainsi que le père Zanotti-Sorkine.

  6. Merci Éden Park
    vous êtes le seul à avoir donné les vraies raisons de ce triste événement .
    « Le Samu est venu chercher le corps après la conférence  » ce détail sordide montre encore plus l’indifférence des personnes face à la mort d’un être humain .

    Le curé de l’église Saint Sulpice a manqué à son devoir de prêtre . Le dire à la foule qui se pressait pour écouter des paroles de la Misericorde aurait fait preuve que le Christ était parmi eux et que la Misericorde était dans la reconnaissance de cette mort et non dans le discours.
    Même si le père ZS n’avait pas eu connaissance de cet événement au moment où il allait donner sa conférence, le mieux que l’on aurait pu souhaiter c’est qu’il célèbre lui-même une messe plus tard pour ce sans abri . cet homme a trouvé la mort précisément dans cette église. Etait- ce un signe de Dieu pour montrer le comportement de l’homme face à cet événement qui n’a pas mis la Misericorde en premier…..et aucun communiqué de la part des « amis du père ZS.

    A méditer……
    « Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux »
    Matthieu 18-20

    « Et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit .
    Et moi, je suis avec vous tous les jours,jusqu’à la fin du monde »
    Matthieu 28

  7. @Jean Baptiste

    merci pour toutes ces communications dans les journaux parisiens , mais cela ne change rien au problème. Un homme est mort dans l’indifférence au milieu de la foule soit disant chrétienne et miséricordieuse!
    Ce qui est encore plus déplorable c’est qu’il n’y a eu aucune communication de la part des amis du père ZS si prompt à nous donner les dernières nouvelles….
    La prière pour cet homme est ce qu’il reste à faire pour cette triste histoire!

  8. Pardon de vous contredire, mais j’étais aux premières loges de cet événement, et nous avons immédiatement appelé la police qui est venue et qui a fait son travail en toute discrétion.
    Nous ne souhaitions pas informer le public pour des questions de sécurité, n’oubliez pas que nous étions en état d’urgence. J’ai pris la décision de gérer cet événement sans remettre en cause le programme car il n’y avait pas de raison de tout annuler et nous ne souhaitions pas paniquer le public.
    Le curé, le Père Zanooti-Sorkine et moi même avons spécialement prié pour cette personne avant la messe et pendant la messe c’était une intention spéciale.

  9. @Jérôme

    Merci pour votre réponse peu convaincante….
    « La police à fait son travail en toute discrétion  »
    Annoncer la mort d’un sans abri dans ce contexte aurait renforcée cette « miséricorde  » et aurait été pleinement acceptée par les fidèles. Les prières auraient été encore plus magnifiées pour cet homme mais aussi pour les prêtres qui auraient fait leur devoir de prêtre. ..
    Même dans ce contexte texte d’état d’urgence je pense qu’il y a la manière et l’art d’annoncer ce genre d’événement et c’est le travail humain ,la vie la mort qui se trouve sous la responsabilité d’un prêtre.

    Vous écrivez « nous avons priés avant la messe » pour cet homme cela veut dire que vous en aviez connaissance avant la conférence. ..c’est encore plus désolant et regrettable et vous aviez pleinement le temps de l’annoncer.
    La fin de cette conférence était consacrée à la dédicace des livres du pere ZS….Il y a la librairie « La Procure « pour faire ce genre de démonstration c’est aussi indécent de le faire à l’intérieur de l’église. .
    « Chassez les marchands du temple  »
    Jean 2:13-25
    et non pas les sans abri qui meurent sous ses voûtes

    Le père ZS aurait pu annoncer une mese pour ce sans abri dans cette même église. ..moins événementiel. ..

  10. Toutes ces informations que je viens de lire sont choquantes….surtout si le père ZANOTTI SORKINE , le curé de st sulpice et toute l’équipe etaient informés de ce décès. J’etais présente à la conférence et je regrette qu’on n’ait pas prié pour cet homme.
    A quoi servent tous ces beaux sermons si on ne met rien en application.
    Que vient faire l’etat d’urgence comme justificatif à la décision de passer sous silence la mort dans l’église, au milieu de la foule, d’un pauvre.
    quelle tristesse! !!!!

  11. @Janvier

    Merci pour votre réaction…je me sentais un peu seule, choquée dans mon commentaire!
    Le père ZS a créé une médiatisation telle que la cible de la conférence et les feux de la rampe étaient dirigées sur lui et non sur la mort de ce sans abri.
    Il ne souhaitait sans doute que rien ne vienne troubler l’organisation de sa conférence, théâtrale et médiatique!

    Incompréhension …..lui qui a fait des conférences sur la mort , il n’aurait pas du craindre cet évènement dans l’église qui est le lieu de « Miséricorde », de charité ,de bonté…..
    On aurait aimé l’entendre ainsi que le père responsable de l’église Saint Sulpice à ce sujet en communiquant avec les journaux qui ont commentés cette mort tout à fait fortuite ou éventuellement écrire sur ce blog….

    C’est triste et inhumain , alors prions pour tous!

  12. @Jerome

    Qui êtes-vous ? « J’AI pris la décision de gérer cet évènement sans remettre en cause le programme il n’y avait pas de raison de tout annuler »et
    vous vous montrez dans une grande puissance par rapport aux prêtres présents.
    L’impresario de Smyrne pour prendre une telle décision devant la mort?
    Vous prétextez » l’état d’urgence  » pour ne pas faire face à l’évènement de la mort d’un sans abri, inconvenant et peu humain malgré l’assurance de vos prières!

    Je rejoins les commentaires miséricordieux et chrétiens d’Elisabeth et Janvier

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