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JONAS ANNONÇAIT LE CHRIST

risenchrist-1 JONAS ANNONÇAIT LE CHRIST

CYRILLE D’ALEXANDRIE

L’événement saillant de l’histoire de Jonas est sa prédication aux Ninivites et la souffrance qui en résulta. Il y est tracé comme en ombre le mystère du plan de salut de notre Sauveur, comme le Christ lui-même l’affirme aux Juifs. Par ce qui est arrivé à ce merveilleux Jonas, est donc représenté et façonné le mystère du Christ dans son rapport avec nous.

Toute la terre était en danger, le genre humain était secoué par la tempête, peu s’en fallait que les flots du péché le fracassent. Dans un tel péril, le Créateur eut pitié de nous : du ciel, Dieu le Père envoya son Fils qui venu dans la chair, arriva sur une terre pleine de périls et battue par la tempête ; il se livra lui-même à la mort pour apaiser les flots, calmer la mer, soumettre les vagues, arrêter leur agitation. Car la mort du Christ nous a sauvés : la tempête a cessé, la pluie a pris fin, les flots se tiennent en repos, la violence des vents est tombée. Un grand calme s’étend à présent sur toutes choses, un temps serein règne dans notre cœur : le Christ a souffert pour nous.
Tu trouves quelque chose de semblable dans les écrits évangéliques. La barque des apôtres traversait la mer de Tibériade, et les flots battus par un vent violent, les apôtres commençaient à être ballottés de façon insupportable. Acculés à un si grand péril, ils interpellent le Christ qui était là, dormant. Ils lui crient en termes bien clairs : « Maître, sauve-nous, nous périssons » ! Celui-ci, réveillé, menace la mer avec force : « Silence, calme-toi ! », et sauve ainsi les disciples. C’est bien l’image de ce qui arrive à notre humanité. Par le Christ, comme je l’ai dit, nous sommes libérés de la mort, de la corruption, du péché, du châtiment, et, l’antique tempête chassée, règne pour nous un calme serein.

La prédication de Jonas aux Ninivites n’est pas non plus sans rapport avec le Christ. Avant qu’il ait souffert sur la croix précieuse, nous voyons que celui-ci ne voulut pas communiquer aux païens les paroles merveilleuses des Évangiles. Il le dit très nettement : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la Maison d’Israël ». Et à ses saints disciples eux-mêmes, il donna cet ordre : « Ne prenez pas le chemin des païens ». Par la suite, il fut « au cœur de la terre trois jours et trois nuits ». Et il vint jusqu’aux « sources de la mer, marcha au fond de l’abîme ». Puis, ayant dépouillé les enfers, s’y manifestant aux esprits et ouvrant les portes verrouillées, il revint à la vie. Car sa vie échappa à la corruption, et ainsi le virent avant les autres les femmes qui le cherchaient dans le jardin. Là, il les salua, leur ordonna d’annoncer à ses saints disciples qu’il les précéderait en Galilée. C’est alors seulement que les bienheureux apôtres annoncèrent sa parole aux païens.

CYRILLE D’ALEXANDRIE, Sur Jonas, P.G. 71, col 600A, 617B, 624D-625A

Amen,

Eden

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