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LE CŒUR DE DIEU DANS LES PAROLES DE DIEU

stgregoirelegrand LE CŒUR DE DIEU DANS LES PAROLES DE DIEU

GRÉGOIRE LE GRAND

Je rends grâces au Dieu Tout-Puissant de ce qu’une séparation locale ne saurait diviser l’âme de ceux qui s’aiment fidèlement les uns les autres, car voici bien longtemps, très doux et glorieux fils, que nous sommes éloigné de vous de corps, mais pourtant bien présent par l’amour. Cela, vos œuvres l’attestent, vos écrits le prouvent ; cela, je l’ai expérimenté lorsque vous étiez présent, je le reconnais lorsque vous êtes absent. Voilà qui vous rend aimable aux hommes et agréable à Dieu pour toujours. Car la charité est la mère des vertus, et c’est pourquoi vous présentez le fruit de vos bonnes œuvres, vous qui avez dans le cœur la racine même qui porte ces fruits.

Mais parce que plus on aime, plus on ose, j’ai quelque sujet de plainte envers l’âme très aimée de mon très glorieux fils, le seigneur Théodose. Car il a reçu de la sainte Trinité le don de l’esprit, le don des biens de la terre, le don de la miséricorde et de la charité ; pourtant, constamment accaparé par les affaires du siècle, il est occupé de continuelles démarches, et néglige de lire chaque jour les paroles de son Rédempteur.

Mais qu’est donc l’Écriture sainte, sinon une lettre du Dieu Tout-Puissant à sa créature ? Assurément, si votre gloire se trouvait en quelque lieu et si elle recevait des écrits de l’empereur de la terre, elle n’aurait de cesse, elle ne prendrait de repos, elle ne permettrait pas le sommeil à ses yeux, avant d’avoir d’abord pris connaissance de ce que lui aurait écrit l’empereur de la terre. Et voici que l’empereur du ciel, le Seigneur des hommes et des anges, vous adresse des messages qui concernent votre vie. Et pourtant mon glorieux fils, vous négligez de mettre toute votre ardeur à lire ces écrits !

Appliquez-vous donc à cela, je vous en prie, et chaque jour méditez les paroles de votre Créateur. Étudiez le cœur de Dieu dans les paroles de Dieu, afin de soupirer plus ardemment vers les biens éternels, afin que votre esprit soit enflammé de plus grands désirs des joies célestes. Car son repos sera alors d’autant plus grand que maintenant il ne donnera aucun repos à l’amour de son Créateur. Pour y parvenir, le Dieu Tout-Puissant a répandu en vous son Esprit Consolateur. Qu’il remplisse votre âme de sa présence, et qu’en la remplissant, il l’élève.

En ce qui me concerne, sachez qu’ici je souffre des amertumes abondantes et innombrables. Mais je rends grâces au Dieu Tout-Puissant de ce que je suis moins affligé que je ne le mérite.

GRÉGOIRE LE GRAND, à Théodose, médecin de l’empereur, P.L. 77, col. 706

Amen,

Eden

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